La presse new-yorkaise qui avait trainé dans la boue Dominique Strauss-Kahn (et la France par la même occasion) s’en prend maintenant à la femme de ménage guinéenne qu’elle considère désormais comme une prostituée en cheville avec des trafiquants de drogue et au Sofitel qu’elle compare à un bordel de luxe. Or ce n’est pas incompatible.
Mme Diallo peut très bien avoir menti lors de sa demande de visa, avoir des revenus supérieurs à ses salaires, avoir un « petit ami » trafiquant, faire partie d’un réseau de prostitution, avoir menti lors de son récit du « viol », avoir été faire le ménage dans une autre chambre de l’hôtel avant de prévenir sa direction de « l’incident » et avoir tout de même été violée par DSK. Mais, évidemment, sa parole devient sujette à caution, c’est même le moins qu’on puisse dire.
Elle avait dit qu’elle ne savait pas qui était DSK. Or, en, téléphonant à son « ami » (en prison) elle lui a déclaré qu’elle savait ce qu’elle faisait et que son « violeur » était très riche. D’ailleurs, les photos des VIP étaient affichées dans la salle du personnel de l’hôtel et elle avait demandé à remplacer une femme de ménage souffrante pour pouvoir faire le ménage dans cet étage réservé aux personnalités.
On peut donc parfaitement imaginer qu’elle voulait tendre un piège à une personnalité importante en l’aguichant, puis, « le pigeon » étant tombé dans le piège, en tirer quelques centaines de milliers de dollars. Ce scénario apparait aujourd’hui plausible. DSK ne serait plus un violeur mais un obsédé sexuel qui n’hésiterait pas à voir des rapports sexuels à la sauvette monnayés avec la première femme de ménage venue. C’est moins grave mais ce n’est pas très glorieux pour autant et c’est peu compatible avec l’image qu’on se fait d’un futur chef d’Etat.
Seulement qui dit « piège » tendu à un candidat favori à la course à la présidence pense évidemment à… « complot ». Et nous y sommes. Le New-York Post (qui n’est pas le journal le plus sérieux de la presse mondiale) l’évoque et un député (socialiste) français, François Loncle, a prononcé le mot.
Tout le monde sait qu’à l’Elysée, un petit groupe de proches du président de la République cherche depuis des semaines tous les moyens de « démolir » l’image de DSK. C’est de bonne guerre. Tous les candidats ont leur « cabinet noir » qui fouille le passé, les archives et les mauvaises habitudes qui pourraient compromettre les concurrents.
On peut penser que l’entourage de Sarkozy allait faire sortir discrètement les goûts pour l’argent, le luxe, la bonne chair et les femmes de ce socialiste qui paraissait être le concurrent le plus redoutable.
Mais de-là à imaginer qu’à l’Elysée on ait réussi à prendre contact avec une guinéenne femme de ménage-prostituée de l’hôtel Sofitel de New-York pour que, le jour-dit, à l’heure-dite, elle puisse tendre un piège à DSK, il y a tout de même un (grand) pas qu’il semble difficile de franchir. Ou alors nos services secrets seraient encore plus performants qu’on ne le dit.
A moins que Mme Diallo puisse prouver qu’elle a reçu une enveloppe de l’ambassade de France. Nous n’en sommes pas encore là. Mais une nouvelle rumeur commence à se répandre et chacun sait que, plus elles sont farfelues, plus les rumeurs ont du succès.

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