Pendant quelques mois, nous nous étions habitués, de gré ou de force, à avoir Dominique Strauss-Kahn comme prochain président de la République. On nous répétait qu’après dix-sept ans de présidence de droite et un quinquennat particulièrement raté, la gauche ne pouvait que s’emparer de l’Elysée. DSK dont nous ne connaissions pas tous les penchants semblait acceptable. On le disait modéré, grand économiste et son séjour à la tête du FMI lui avait donné une envergure que personne ne paraissait contester.
Il lui avait surtout offert un avantage considérable. Il n’était plus un simple politicien magouillant des alliances, fomentant des opérations contre ses rivaux, baignant dans le marécage des tripatouillages politiques. On va le regretter.
Aujourd’hui, le PS nous présente trois énarques, Hollande, Martine Aubry et Ségolène Royal qui sont, tous les trois, des caricatures d’apparatchiks. Deux d’entre eux, les favoris du jour, ont même passé des années à la tête du PS, c’est-à-dire à gérer tant bien que mal des égos, des clans, des haines, dans l’atmosphère feutrée de la rue Solferino.
Est-ce vraiment de cela dont la France a besoin pour se débattre au milieu de la mondialisation et faire face à tous les défis de ce début de siècle ?
Les Français ont pris les énarques « en grippe » et méprisent les partis politiques qui continuent à élaborer des programmes fumeux et démagogiques dont tout le monde sait qu’ils ne seront jamais appliqués.
Depuis des années, on nous parle du fossé qui sépare nos professionnels de la politique et « le peuple », fossé qui va en s’élargissant comme le démontrent, d’élection en élection, un abstentionnisme et un vote pour les extrêmes de plus en plus importants.
Comment les Français pourraient-ils s’enthousiasmer pour des candidats qu’ils voient depuis des décennies tourner en rond et nager entre deux eaux dans l’aquarium de la faune politique ?
Certes, tous nos anciens présidents étaient issus de leur famille politique. Mais ils avaient su acquérir une envergure, une expérience en dehors de l’atmosphère plus ou moins fétide des secrétariats généraux, des conventions, des congrès, des réunions de cellules de leur parti.
Les Français ont aujourd’hui besoin d’air frais, d’un grand changement et de responsables sachant d’expérience se coltiner avec les réalités du monde qui n’ont rien à voir avec les querelles internes des partis politiques. Ils ne veulent plus avoir affaire ni aux technocrates qui se sont toujours trompés ni aux apparatchiks qui les ont toujours trompés.
Mais avons-nous en réserve un tel candidat ?

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