Nicolas Hulot serait prêt, éventuellement, même s’il est déjà revenu sur sa déclaration, à faire alliance avec Jean-Louis Borloo lequel ne serait pas contre l’idée d’en faire autant avec Villepin lequel se dit prêt à travailler avec tout le monde pourvu que ce soit contre Sarkozy. Voilà qui est nouveau et diablement intéressant.
Il est évident qu’à eux trois, Hulot, Borloo et Villepin, ces candidats virtuels pourraient faire des dégâts. Si on additionne les scores de chacun d’entre eux dans les sondages actuels, on s’aperçoit que ce trio ainsi réuni pourrait largement dépasser les 20% des voix au premier tour des présidentielles et donc se retrouver au second tour. On aurait un 22 avril 2012 pour le moins inattendu. Mais il faudrait, bien sûr, qu’au préalable ils se soient mis d’accord sur une candidature unique, c’est-à-dire que deux d’entre eux aient accepté de s’effacer en faveur du troisième.
Naturellement, il s’agit d’un scénario un brin farfelu. Leurs partisans respectifs n’ont d’ailleurs pas l’air emballés à l’idée de voir leurs grands hommes « travailler ensemble » puisque pour l’instant, officiellement, il ne s’agit, au mieux, de rien d’autre.
Par facilité, on les dit tous les trois « centristes ». Mais Borloo est radical, Hulot écologiste et Villepin gaulliste. C’est le lapin, la carpe et le moineau.
S’ils sont, bien sûr, prêts, comme tout le monde, à tout mettre en œuvre pour protéger la nature et sauver la planète, pour lutter contre le chômage et la précarité, pour donner leur place aux jeunes et pour réformer la France et la politique, leur grand point commun aujourd’hui reste l’antisarkozisme.
Il est d’ailleurs évident que tous les candidats à ces présidentielles de 2012 vont se servir abondamment de cet argument. Le fameux TSS, tout sauf Sarkozy, va être le slogan le plus payant de tous ceux, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, qui affronteront le président-sortant-candidat.
Les amis de Sarkozy répètent que s’en prendre à Sarkozy n’est pas un programme. Ils oublient que l’élection présidentielle n’est rien d’autre que le choix d’un homme et que toutes les élections, même les élections municipales, se sont faites le plus souvent davantage sur le rejet d’un candidat que sur l’adhésion à un autre.
Les centristes ou du moins ceux qu’on place au centre, ont toujours représenté un électorat important. De Lecanuet à Bayrou, en passant par Poher, Barre ou Balladur, ils ont, à tous les coups, remporté au premier tour entre 15 et 18% des suffrages.
Or aujourd’hui leur « espace » s’est considérablement agrandi.
A la recherche des voix qui se sont égarées à l’extrême-droite, Sarkozy a « droitisé » sans pudeur ni modération l’UMP. Il a donc fait fuir de sa majorité tous ceux qui se sentent plus ou moins radicaux, démocrates chrétiens ou gaullistes.
Pendant quelque temps, ces braves gens, un peu orphelins, s’étaient laissé séduire par Strauss-Kahn. C’étaient eux, d’ailleurs, qui permettaient au directeur du FMI de réaliser ses scores époustouflants.
Les voilà de nouveau sans candidat. Les sondages prouvent que « le coup de théâtre de New-York » ne les a pas incités à rejoindre l’actuelle majorité présidentielle et il y a bien peu de chances qu’ils soient tentés de voter pour Martine Aubry ou pour François Hollande comme ils l’avaient été pour DSK.
La place est libre donc comme elle ne l’a jamais été pour un candidat du fameux ni-ni, ni Sarkozy, ni le PS.
Au-delà des arrangements de programmes qu’on peut toujours bricoler, le tout est de savoir si ces trois hommes (auxquels on pourrait presque ajouter Bayrou) vont pouvoir s’entendre sur la répartition des rôles. Moi président, toi premier ministre et lui ministre de l’écologie ! Et pourquoi pas moi président ?
Ce trio qui pourrait devenir infernal a tout l’été pour se mettre d’accord car, à la rentrée, il faudra que tout le monde soit sur la ligne de départ. L’idée de ce « troisième larron » qui mettrait tout le monde d’accord est évidemment séduisante mais personne n’y croit vraiment.

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