Même si on ne se passionne pas pour le ballon rond, l’ampleur que prend « l’affaire de la Fédération Française de Football » oblige à s’y attarder de nouveau, un instant.
On nous raconte maintenant qu’il s’agit du problème de la double nationalité et qu’il n’est pas normal que nous formions de jeunes joueurs qui, demain, se retrouveront dans des équipes opposées à l’équipe de France.
Ne soyons pas trop naïfs. Le vrai problème est ailleurs et il faut avoir la lucidité de le reconnaître. Les dirigeants de la FFF trouvent qu’il y a trop de noirs dans l’équipe de France. Et ils ne sont pas les seuls. Jean-Marie Le Pen et Georges Frèche (un socialiste) l’avaient déjà fait remarquer. Si tout le monde s’était réjoui du triomphe de l’équipe « black, blanc, beur » en 1998, personne n’a apprécié l’attitude de l’équipe « black, black, black » (à peu de choses près) en Afrique du sud. On se souvient d’ailleurs que quand Noah gagnait il était français alors que quand il perdait il devenait camerounais.
Est-ce faire preuve de racisme que de regretter qu’il n’y ait pas « quelques blancs » dans notre équipe nationale ? Oui, bien sûr. Mais que dirait-on si, par exemple, tous les ministres du gouvernement de la République étaient aussi des noirs ? Qu’on le veuille ou non, nos compatriotes sont encore convaincus, inconsciemment, que les Français « normaux » (aurait dit Coluche) sont blancs, chrétiens et que « leurs ancêtres étaient tous des Gaulois ». Il faudra sans doute encore quelques générations avant qu’un Barack Hussein Obama puisse être élu à l’Elysée, même si –on l’a oublié- pendant des années le deuxième personnage de la République a été un noir, Gaston Monnerville, président du Conseil de la République.
Nos organisations antiracistes peuvent raconter ce qu’elles veulent, il est étonnant, choquant, diront certains, voire scandaleux, que tous les joueurs de notre équipe soient noirs. On peut d’ailleurs demander à ces donneurs de leçons ce qu’ils diraient si tous les joueurs de l’équipe du Sénégal ou de la Côte d’Ivoire étaient blancs ? Ils parleraient sans doute de « néocolonialisme ».
Mais tout est bien compliqué. Car, d’une part, évoquer cette question peut conduire devant les tribunaux et, d’autre part, il serait évidemment absurde de se priver des meilleurs joueurs pour respecter on ne sait trop quels quotas. Répétons-le, les quotas qui prétendent permettre de valoriser notre « diversité nationale » sont une monstruosité aussi bien quand il s’agit d’avoir des préfets de couleur ou musulmans que quand on veut avoir des footballeurs blancs de peau. La méritocratie de jadis était autrement plus républicaine que ce pseudo respect de la diversité.
L’alibi de la double nationalité que nous sortent aujourd’hui les « accusés » (mais qui n’est pas le fond du problème) est intéressant. Il faudra sûrement un jour qu’on débatte de cette question. Il est d’ailleurs curieux que, quand Nicolas Sarkozy a voulu ouvrir le débat sur l’identité nationale, personne n’ait soulevé cette question. Peut-on vraiment avoir deux nationalités ? Etre français et sénégalais ? Français et algérien ? Français et autre chose ? Sûrement pas. Il faudra bien finir par le reconnaître. Mais après avoir été accusé de racisme pour avoir osé remarquer que les noirs n’étaient pas de la même couleur que les blancs, on sera sans doute accusé de xénophobie.

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