Les derniers sondages semblent formels. L’élimination de Dominique Strauss-Kahn ne change rien à la course à l’Elysée. Malgré ce coup de tonnerre, malgré ce scandale « glauquissime », ce serait toujours le candidat du Parti socialiste qui arriverait en tête au premier tour des présidentielles et qui l’emporterait haut la main au second tour. Que ce soit François Hollande ou Martine Aubry.
Nos « experts » semblent s’en étonner. Ils n’avaient rien compris.
Quand DSK obtenait des chiffres mirifiques dans les enquêtes d’opinion, ces experts nous disaient que les Français appréciaient les qualités de sérieux du directeur général du FMI, sa connaissance des dossiers, son honnêteté, sa probité et plus encore le virage vers la social-démocratie qu’il savait donner au socialisme français.
En fait, les Français ignoraient tout de DSK. Ils avaient totalement oublié le ministre des Finances de Lionel Jospin qui avait dû démissionner ayant été mis en examen, ils ne se souvenaient pas du candidat malheureux aux primaires socialistes de 2007. DSK n’était plus pour eux qu’un très haut fonctionnaire international bien lointain. Et cette image d’expert austère et incontesté des finances planétaires qui imposait des plans de rigueur sans pitié aux pays en difficulté n’avait rien pour plaire aux Français.
Si Strauss-Kahn triomphait ainsi c’était tout simplement parce que nos compatriotes ne voulaient plus de Sarkozy. La France n’était pas devenue strauss-kahnophile, elle était sarkophobe. C’était le fameux « TSS », Tout Sauf Sarkozy, n’importe qui plutôt que Sarkozy.
Il est donc parfaitement normal que DSK ayant été éliminé, son (ou sa) remplaçant(e) fasse aussi bien que lui, environ 60% au second tour. Car, en fait, ce n’était pas DSK qui faisait ces 60%, c’était Sarkozy qui ne parvenait pas à dépasser les 40%. Et on ne voit pas pourquoi les malheurs (mérités) de DSK à New-York pourraient inciter les Français à souhaiter soudain que Sarkozy fasse un second mandat.
Certes, le forfait (à tous les sens du terme) de Strauss-Kahn change un peu la donne pour le premier tour. Les candidats plus ou moins centristes –Bayrou, Borloo, Villepin- retrouvent un peu de couleurs et du terrain qu’envahissait DSK avec sa social-démocratie. Mais, là encore, les sondages sont formels : dans leur très grande majorité, ceux qui se disent prêts à voter pour Bayrou, pour Borloo ou pour Villepin affirment qu’au second tour ils voteront pour le candidat du PS, quel qu’il soit. Même sans DSK, Sarkozy ne récupère pas l’électorat centriste qu’il a perdu sans doute à tout jamais en voulant séduire l’extrême-droite.
On a l’impression que, même confronté à un âne, une mule ou un mulet, Sarkozy serait battu.

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