C’est encore un sondage. Mais celui-ci (CSA pour BFM) est particulièrement intéressant. Non pas parce qu’il nous redit que 72% des Français ne croient pas en une réélection possible de Nicolas Sarkozy l’année prochaine (ce que nous savions) et que 76% des électeurs de droite sont hostiles à toute alliance entre l’UMP et le Front National (ce dont on pouvait se douter) mais parce qu’il nous révèle les préoccupations des Français et les grands dossiers auxquels ils souhaiteraient que le prochain président s’attaque.
D’abord et avant tout, la lutte contre le chômage, loin de devant, ensuite, la défense du pouvoir d’achat, puis, la maîtrise des dépenses de l’Etat, puis, l’aide aux catégories les plus défavorisées, puis, la maîtrise des dépenses de l’assurance maladie, puis, enfin et loin derrière, la lutte contre l’insécurité et la maîtrise de l’immigration.
On peut s’étonner que l’insécurité et l’immigration ne fassent plus partie des premières préoccupations de nos compatriotes. L’insécurité s’aggrave d’année en année -et plus seulement dans les quartiers dits de non-droit- et les vagues d’étrangers déferlant sur notre pays sont de plus en plus importantes et vont l’être plus encore à la suite de ce qu’on a appelé « le printemps arabe ».
Mais les Français se sont, sans doute, habitués à la délinquance quotidienne et résignés au « métissage » de leur population. Une chose est sûre, la menace du chômage, avec tout ce que cela comporte de dramatique, les concerne davantage personnellement.
Sarkozy avait fait sa campagne de 2007 et gagné l’élection sur la sécurité, l’immigration et son fameux slogan : « travailler plus pour gagner plus ». Il a lamentablement échoué sur les trois sujets et ne peut guère accuser la fameuse crise économique et financière d’être à l’origine de la recrudescence de la délinquance et des nouvelles arrivées massives des immigrés.
Depuis qu’il est reparti en campagne, c’est-à-dire depuis son discours de Grenoble, l’été dernier, il semble, plus ancien « premier flic de France » que jamais, n’avoir repris comme chevaux de bataille que l’insécurité et l’immigration avec une fâcheuse propension d’ailleurs à mélanger les deux problèmes. Il a, pudiquement, oublié le chômage et le pouvoir d’achat, paraissant capituler totalement sur ce deux dossiers.
Si l’on en juge par ce sondage, il est donc totalement « à côté de la plaque » pour ne pas dire « de ses pompes ». Comment ne comprend-il pas que parler de la laïcité et de la loi de 1905 quand il y a quatre millions de chômeurs et sept millions de Français qui vivent sous la ligne de pauvreté est totalement ridicule ? Indécent même.

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