Le sondage publié hier par Le Parisien et laissant imaginer que Marine Le Pen pourrait arriver en tête au premier tour des présidentielles de 2012 n’a pas fini de faire jaser dans les chaumières de notre Landerneau politique. (Marine Le Pen : 23%, Martine Aubry et Nicolas Sarkozy à égalité à 21%)
On veut espérer qu’il réveillera la droite et la gauche et fera enfin comprendre à nos apparatchiks de tout poil le désespoir du « peuple » devant leur incompétence à régler les vrais problèmes du pays et, pire encore, devant leur inconscience, aussi arrogante que méprisante, en face des angoisses des Français.
Dominique Strauss-Kahn, le grandissime favori de la gauche, n’ayant pas été « testé » dans ce sondage, ce qui est en effet étonnant, certains nous disent qu’il s’agit-là d’une « opération de manipulation » dont le seul but serait d’éliminer Martine Aubry lors des primaires de la gauche, en démontrant qu’elle pourrait bien connaître, à son tour, les malheurs de Jospin en 2002 et ne pas être présente au second tour.
On attend donc avec impatience le sondage promis pour demain avec, cette fois, DSK en face de Marine Le Pen et de Sarkozy.
Le directeur général du FMI fera-t-il mieux que Martine Aubry ? C’est vraisemblable. Il séduit, davantage que la première secrétaire du PS, certains électeurs plus ou moins centristes. Mais son rigorisme économique lui fait perdre quelques voix à gauche.
Fera-t-il perdre des intentions de vote à Marine Le Pen ? Ce serait étonnant. Les 23% de Français qui rejoignent la candidate du Front National rejettent, avec un même dégoût rageur, la droite et la gauche. S’il y a parmi eux un grand nombre de déçus du sarkozisme, il y a aussi, parmi ces désespérés, beaucoup d’électeurs de nos banlieues pourries qui, jadis, votaient à gauche et qui sont aujourd’hui –et depuis des années- les premières victimes du chômage, de l’insécurité, de l’immigration mal contrôlée et qui en ont assez d’attendre tous les plans Marshall pour les banlieues que leur ont promis tous nos gouvernements successifs, de droite comme de gauche.
DSK va-t-il faire encore baisser Sarkozy dans ce sondage et le faire passer sous la barre des 20% ? On va voir. Mais, alors, on pourra dire que cette opération « sondagère » est aussi une « manipulation » visant si ce n’est à décourager Sarkozy pour qu’il renonce à se représenter (on n’en est pas encore là) du moins à inciter la droite à se demander s’il ne lui faudrait pas se chercher un autre candidat.
En acceptant de monter à bord d’une galère faisant eau de toutes parts, Alain Juppé s’est-il sacrifié pour tenter de sauver une cause perdue ou cherchait-il à ressusciter de ses cendres pour apparaître soudain en sauveur ? Au lendemain de l’avant-dernier remaniement, on nous avait dit que Fillon serait désormais un « hyper premier ministre » Il est surtout devenu hyper-discret pour ne pas dire hyper-inexistant. Songe-t-il, en ne sortant plus des coulisses, à se présenter soudain en homme recours de la droite ?
Va-t-on assister, au cours des treize mois qui nous séparent encore du scrutin, à une mutinerie sur la passerelle du rafiot démâté et ballotté dans la tempête ? Aujourd’hui, la droite a le choix entre la mutinerie ou le naufrage.
Notre vie politique ne vit plus maintenant qu’au rythme des parutions du Canard enchaîné et de la sortie des sondages. Le premier nous révèle, de mercredi en mercredi, toutes les turpitudes du régime, les seconds nous en racontent la descente aux enfers.

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