Les résultats définitifs de ces cantonales ne nous ont rien appris de bien nouveau. Les électeurs obéissent aux sondages. La gauche conforte son avantage, le Front National poursuit sa « percée » (une « percée » qui commence à ressembler à une chevauchée) et l’UMP continue sa descente aux enfers. Tout cela était prévisible, logique et d’ailleurs prévu.
Seul petit plaisir de la soirée : la défaite d’Isabelle Balkany dans les Hauts-de-Seine. Cette intime du président de la République représentait à elle seule, par sa touche, sa dégaine, son vocabulaire, sa vulgarité, son arrogance, la quintessence de tout ce qu’on peut reprocher au sarkozisme dans ce qu’il a de pire.
Pour le reste, le plus intéressant a été le sondage Ipsos publié hier soir et affinant les résultats (virtuels) d’un premier tour des présidentielles : Strauss-Kahn : 34%, Marine Le Pen : 21, Nicolas Sarkozy : 17%. C’est le quatrième sondage qui élimine Sarkozy dès le premier tour.
Même si les sondages ne veulent rien dire à un an d’une élection, comme on le répète inlassablement à l’Elysée depuis que Sarkozy s’est mis à dégringoler vertigineusement, cela veut tout de même dire, excusez du peu, que les Français ne supportent plus Sarkozy et qu’ils n’en veulent plus.
Naturellement, on peut toujours imaginer « quelque chose » qui bouleverserait totalement l’état actuel de l’opinion. Mais pour l’instant il faut bien dire qu’on ne voit pas ce que pourrait bien être ce « quelque chose ». Sarkozy a même été jusqu’à déclarer une guerre et envoyer ses Rafales contre Khadafy et ça n’a servi strictement à rien alors que d’habitude « une bonne petite guerre » provoque « l’union sacrée » autour du chef de l’Etat.
Sarkozy a bien fait de menacer, ce matin, des pires châtiments ceux qui, à l’UMP, seraient tentés de remettre en question l’union de la majorité. En clair, ceux qui commenceraient à se demander sérieusement si le président de la République est vraiment le meilleur candidat possible pour gagner les présidentielles. Il parait que certains élus de l’UMP se préoccupent aujourd’hui non seulement, bien sûr, de l’avenir de la France mais aussi et surtout de leur propre réélection lors des législatives qui suivront dans la foulée les présidentielles.
Le problème de ces rats qui s’apprêtent à quitter le navire en perdition c’est évidemment de savoir vers quelle embarcation de sauvetage ils ont intérêt à se diriger à la nage.
Si l’on fait l’addition de ces voix -34%+21%+17%- on s’aperçoit qu’il reste un bel espace pour les autres, les petits, les sans-grades. A droite comme à gauche.
A gauche, devant un DSK à 34%, personne ne peut se faire la moindre illusion même si on pourra toujours reprocher au directeur du FMI de n’être qu’un social-démocrate avec vue sur la place des Vosges.
Mais à droite, un Sarkozy éliminé avec 17% des voix pourrait bien susciter quelques ambitions légitimes. Des hommes comme Borloo ou Villepin ont déjà flirté avec les 10% d’intentions de vote dans certains sondages. Quand on peut espérer avoir 10% aujourd’hui et qu’on s’imagine qu’on incarne l’anti-Sarkozy parfait, on peut parfaitement rêver gagner une dizaine de points supplémentaires en quelques mois avec une campagne énergique.
Ce qui est sûr c’est que le député UMP de base est prêt à rallier n’importe quel homme providentiel pour sauver la France et son siège.

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