Le syndicat CGT des journalistes de France Télévision vient de demander au patron du groupe, Rémy Pflimlin, de virer Eric Zemmour sous prétexte qu’il a été condamné par le tribunal correctionnel pour incitation à la haine raciale.
A coté de ce qui se passe dans le monde arabe ou de la situation générale de la France, la nouvelle ne va pas bouleverser la planète. Mais elle donne tout de même envie de vomir.
Ainsi, en France, au XXIème siècle, nous avons non seulement une justice aux ordres de quelques groupuscules qui se sont autoproclamés arbitres de la morale et des magistrats qui n’hésitent pas à violer l’un de nos droits les plus sacrés, la liberté d’expression, mais nous avons, en plus, des « journalistes » (les guillemets s’imposent) qui en rajoutent dans la chasse aux sorcières.
On appréciera, d’abord, le sens de la confraternité de ces syndiqués de la CGT qui demandent le licenciement d’un de leurs confrères. Il y a des salauds dans tous les métiers.
Mais il y a plus grave. En principe, la raison d’être des syndicats est de défendre les salariés dans l’exercice de leur profession et celle d’un syndicat de journalistes est donc, bien sûr, de défendre bec et ongles la liberté d’expression des journalistes.
Certes, on ne peut pas dire que la CGT, ultime survivance du Parti communiste français, soit un exemple les plus brillants de la démocratie et qu’elle ait toujours défendu les grands principes qui font (faisaient ?) notre civilisation. On est encore volontiers stalinien à la centrale de Montreuil où l’on reste nostalgique de la lutte des classes, du Grand soir, des procès truqués et du goulag.
Mais comment peut-on aujourd’hui demander que Zemmour soit si ce n’est envoyé au goulag du moins jeté à la rue ? Alors que le monde arabe se libère de toutes les dictatures, va-t-il devoir regretter que ses parents aient quitté le Maghreb pour s’installer dans le pays de Voltaire ?
Rappelons que Zemmour a été condamné pour avoir énoncé une évidence que personne ne peut nier: la surreprésentation des Arabes et des Noirs dans nos prisons. Or, cette constatation n’a rien de raciste. Elle révèle simplement que nos immigrés vivent dans des conditions telles (logement, chômage, formation, etc.) que la délinquance est, pour eux, « plus tentante » que pour les autres. En pointant du doigt ce fait incontestable (et incontesté) Zemmour ne stigmatisait pas des races qui seraient maudites et vouées à la délinquance mais il dénonçait les errements d’une politique d’immigration incohérente depuis des décennies. Contrairement à Nicolas Sarkozy qui n’avait pas hésité, lui, à désigner les Roms comme des délinquants « présumés ».
Il va être intéressant de voir la réponse de Pflimlin à la CGT. Nommé par Sarkozy en personne à la tête de l’audiovisuel public, il a déjà viré les humoristes qui déplaisaient et Arlette Chabot qui agaçait. Autant dire qu’il est aux ordres. Qu’a-t-il reçu comme instructions à propos de Zemmour ?
Il est vrai qu’à l’Elysée on aimait bien Ben Ali, Moubarak et Khadafy. Alors la liberté d’expression n’est pas « la tasse de thé » préférée du pouvoir d’aujourd’hui.

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