Mitterrand -qui était beaucoup plus malin que Sarkozy- savait que, pour faire perdre la droite aux élections, il lui suffisait de faire ressortir par quelques-uns de ses complices l’idée du vote des étrangers. Immédiatement, le Front National gagnait des points et, du coup, la droite perdait les élections.
Sarkozy qui fait tout pour prendre une claque gigantesque en 2012 reprend le principe à son compte et à l’envers. Il a réussi à requinquer le Front National en lançant son débat absurde sur « l’identité nationale » et maintenant il veut permettre à Marine Le Pen d’atteindre les 20%, voire de les dépasser, en faisant organiser par l’UMP une « convention » sur « la laïcité et la place de l’Islam ».
Ce matador n’a toujours pas compris qu’en agitant le chiffon rouge on rendait furieux le taureau et qu’on finissait immanquablement par se faire encorner.
Les choses seraient évidemment beaucoup plus simples si tout le monde était blond –vieux rêve du IIIème Reich- éventuellement châtain clair, de religion catholique, à la rigueur protestante.
Il se trouve que ce n’est pas le cas aujourd’hui en France. Nous avons quelques millions d’Arabes, de Noirs, de Jaunes (et de plus en plus) auxquels il faut ajouter les métis de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et on estime, généralement, qu’il y a entre cinq et sept millions de Musulmans.
Pour les uns, ces vagues successives qui ont déferlé sur la France sont « une chance ». Elles permettent à notre démographie de tenir le coup, elles nous offrent une main d’œuvre abondante et même, disent-ils, elles enrichissent notre patrimoine culturel.
Pour les autres, ces invasions ruinent le pays et, pire encore, sapent de l’intérieur ce que fut la France judéo-chrétienne, blanche et héritière à la fois des Gaulois, de Louis XIV, de la Révolution, de Napoléon et de tous les grands principes des Droits de l’Homme.
Le débat sans fin entre les uns et les autres est inutile. Nous savons parfaitement que ce XXIème siècle commençant sera celui de tous les grands transferts de populations, que le Sud affamé va envahir le Nord opulent et que, dans quelques décennies, nous ne serons plus qu’une petite province européenne, peuplée de métis, baragouinant un patois de banlieue et pratiquant le « multi-culturalisme » manioc-couscous et riz à la cantonaise.
Ce n’est peut-être pas très réjouissant mais il ne faut pas être… rétrograde. Nous ancêtres les Gaulois ont dû « tirer la gueule » quand, après l’épisode romain, ils ont vu arriver les Visigoths et les Burgondes.
Aujourd’hui, c’est évidemment l’Islam qui nous préoccupe. Depuis 732 et la bataille de Poitiers, nous n’avions jamais vu autant de Musulmans chez nous. En principe, dans un pays dont l’article 1 de la Constitution affirme : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances » il ne devrait pas y avoir de problème. Chacun devrait pouvoir être agnostique, athée, chrétien, juif, mahométan, bouddhiste, hindouiste, shintoïste, confucianiste ou zoroastrien, en toute liberté, sans que cela ne gêne personne.
Oui mais… même s’il est interdit de le dire, l’Islam n’est pas une religion tout à fait comme les autres qu’on peut pratiquer tranquillement chez soi en faisant ses petites prières et en respectant quelques règles.
Qu’on le veuille ou non, l’Islam renaissant d’aujourd’hui a retrouvé les ambitions de ses origines et ressemble donc à ce qu’était, aussi, le Christianisme d’antan c’est-à-dire qu’il se considère comme une force politique et qu’il veut conquérir le monde. Et personne ne peut reprocher à des croyants d’avoir de telles prétentions. Mais il faut savoir que nous sommes des « infidèles » et qu’ils sont partis « en croisade ».
La laïcité est une excellente idée. Elle permet à chacun d’exercer les croyances qu’il veut mais elle interdit à ces croyances de sortir du domaine strictement privé. L’ennui c’est que l’Islam a des velléités politiques et qu’un « bon » musulman souhaite évidemment remplacer la Constitution par le Coran et le Code civil par la Charia. Tant que les non-musulmans seront majoritaires dans ce pays, ils pourront s’y opposer.
Mais il est évidemment absurde que l’Etat ouvre un débat sur ce sujet. Il n’y a pas à débattre de la place de l’Islam (ou de toute autre religion) dans un Etat laïc puisque, par définition, un Etat laïc ne reconnaît aucune religion dans l’espace public.
A quoi pourrait conduire un tel débat ? A reconnaître que l’Etat doit construire des mosquées ? Doit ajouter le vendredi et les fêtes musulmanes à la liste des jours fériés ? Doit tolérer la polygamie et pourquoi pas l’excision ? Doit instaurer un statut inférieur pour les femmes et la séparation hommes-femmes dans les lieux publics ? etc.
On nous dit que la convention de l’UMP du 5 avril doit aboutir à des « propositions concrètes » avec « le vote solennel d’une résolution réaffirmant les principes de la République et de la laïcité ». Une République laïque n’a pas à faire de « propositions concrètes » à propos d’une religion qu’elle se doit d’ignorer.
Déjà un « sous-ministre », Benoît Apparu, nous dit qu’il faut que l’Etat finance la construction de mosquées. Apparu est secrétaire d’Etat au Logement. Sept millions de Français vivent dans des logements insalubres et le secrétaire d’Etat au Logement veut construire des mosquées aux frais de la République !
Sarkozy n’a toujours pas compris que l’Islam en France n’était pas seulement un sujet tabou mais qu’il était d’abord, et comme toutes les religions, un domaine interdit à l’Etat.
Pour tenter de récupérer les banlieues (qu’il avait voulu nettoyer au Karcher), il a pataugé avec son idée débile de « discrimination positive », avec son Conseil Français du Culte Musulman qui a permis aux extrémistes islamistes d’avoir pignon sur rue, avec la nomination à des postes de la haute administration de quelques musulmans « de service » avant de faire marche arrière en faisant interdire la burqa (qui ne concernait que 2.000 femmes à travers tout le territoire et ce qui était une atteinte évidente à la liberté) et en emboitant le pas sur Marine Le Pen à propos des prières dans la rue.
Maintenant, pour tenter de récupérer les voix de l’extrême-droite, il veut un grand débat. Au mieux, ce débat se terminera comme celui sur l’identité nationale ou comme le Grenelle de l’environnement… en eau de boudin. Mais il y a fort à craindre qu’en ouvrant cette boite de Pandore, l’UMP ne permette aux extrémistes des deux bords de se déchaîner.
C’est totalement irresponsable.

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