Ce matin, les députés UMP, réunis salle Colbert à l’Assemblée, ont « applaudi » Michèle Alliot-Marie et François Fillon lui a apporté son « soutien total ». C’est stupéfiant.
Tout le monde –et elle-même maintenant- reconnait que ses vacances en Tunisie aux frais d’un oligarque local et alors que « la Révolution de jasmin » avait déjà éclaté ont été –c’est selon- une maladresse, une gaffe, une erreur, voire une faute politique impardonnable de la part du ministre des Affaires Etrangères. Et les élus de la majorité l’applaudissent !
Certes, il y a ce qu’on appelle « la solidarité majoritaire ». Ces mêmes députés UMP avaient applaudi à tout rompre Eric Woerth quand il était pris au cœur de la tourmente et qu’ils le présentaient comme « une victime des méthodes fascistes d’une presse de caniveau » (sic !).
Aujourd’hui, maintenant qu’il a enfin été viré du gouvernement, ces mêmes « amis » lui tournent ostensiblement le dos quand ils le croisent dans les couloirs de l’Assemblée. L’« ami » d’hier est devenu le « mouton noir », celui dont les dérives ont coûté cher au président, au gouvernement et à la majorité.
Que les membres de la majorité n’accablent pas Alliot-Marie, on le comprend. Sa faute correspond trop à « la tâche originelle » du sarkozisme. Son réveillon aux frais du milliardaire « ben aliste » rappelle à s’y méprendre la soirée du Fouquet’s, son vol dans le jet privé rappelle la croisière sur le yacht de Bolloré. Il est donc difficile pour les sarkozistes purs et durs de jouer les moralistes et de s’indigner des relations entre un membre du gouvernement et un milliardaire véreux.
Mais de là à l’acclamer ! Comment se fait-il qu’aucun de ces élus –qui ne sont tout de même pas tous pourris- n’ait osé faire savoir à Sarkozy que ce scandale était sans doute le scandale de trop, à 16 mois des présidentielles.
Mis à part la réforme des retraites et les gigantesques manifestations populaires qu’elle a provoquées, quels vont être les souvenirs des Français de ce quinquennat au moment où ils vont entrer dans l’isoloir en 2012 ? La soirée du Fouquet’s, la Rolex et les Ray Ban, sans aucun doute, le mariage avec un ancien top-modèle, peut-être, mais aussi : l’affaire Woerth Bettencourt, l’affaire des sous-marins pakistanais, l’affaire de l’EPAD, les trahisons de Besson, les dérapages d’Hortefeux, Dati et ses robes de Dior, Christian Blanc et ses cigares, Estrosi et ses voyages, Fadela Amara et son appartement de fonction, les soupçons sur le couple Kouchner-Ockrent et la liste n’est pas exhaustive.
Tous les présidents ont eu leurs « casseroles ». Mais Sarkozy, lui, c’est une immense batterie de casseroles et toujours sur le même thème : le fric, le fric, le fric. Là, Alliot-Marie ne déroge pas à la tradition.
Sarkozy devrait comprendre qu’il faut savoir couper les branches pourries. Alliot-Marie est désormais une branche pourrie. Elle va à son tour « plomber » la sarkozie. Mais si c’était l’arbre qui était pourri ?
En tous les cas, en entendant les députés UMP applaudir Alliot-Marie, ce matin, on avait l’impression d’assister à un suicide collectif. Bravo, bravo, nous coulons tous ensemble !

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