Mais quel est l’imbécile qui a donné ordre à un commando franco-nigérien d’attaquer, en plein désert du Niger, la bande de terroristes qui venait de s’emparer, à Niamey, de deux otages français et qui fuyait vers le Mali ? C’était évidemment condamner à mort nos deux compatriotes.
Autant il est souhaitable que les troupes françaises aident les armées locales à pourchasser les hommes d’« Al Qaïda Maghreb Islamique » à travers l’immensité des dunes du Niger, du Mali ou de la Mauritanie, autant, dès l’instant où ils ont réussi à s’emparer d’otages français, il n’y a plus rien d’autre à faire que de tenter de négocier pour obtenir, à coups de millions et de concessions, la libération de nos ressortissants.
On ne sait pas encore –et on ne le saura jamais avec certitude- si ce sont, comme l’affirme l’état-major français, les terroristes qui ont assassiné leurs deux otages à l’approche du commando ou si les deux malheureux ont été tués au cours du combat.
Il serait totalement absurde d’essayer de nous faire croire que l’assaut du commando n’a été déclenché que quand Paris a eu la certitude de la mort de nos deux otages. Des preneurs d’otages n’assassinent jamais leurs prisonniers avant d’avoir essayé d’obtenir quelque chose. Mais il est évident que, quand ils se voient cernés, ils commencent par exécuter leurs prisonniers.
Il est stupéfiant que Paris ait déjà oublié la mort, en juillet dernier, de Michel Germaneau, cet otage français détenu par ces mêmes terroristes islamistes et qu’ils ont exécuté au lendemain (si ce n’est le jour même) d’une opération commando franco-mauritanienne ratée.
On pourrait d’ailleurs s’étonner que Paris n’ait pas hésité, avant-hier, à prendre des risques fous pour tenter de libérer ces deux jeunes otages alors qu’aucun risque ne semble, heureusement, avoir jamais été pris pour tenter de libérer par la force les cinq otages français qu’avait capturés l’AQMI voici trois mois sur le site d’uranium d’Arlit.
A croire que celui qui prend les décisions n’hésite jamais devant les plus grands risques quand il s’agit de Français lambda mais qu’il sait rester prudent dès lors qu’il s’agit de salariés d’Areva.
L’ordre de lancer cette opération vendredi ne peut avoir été donné, d’après tous les règlements, que par le président de la République en personne. Pourquoi a-t-il fait ça alors qu’il n’avait encore aucune information précise sur ces terroristes, leur nombre, leur armement et leurs éventuelles revendications ?
A l’évidence, pour « faire un coup » et redorer, aux yeux de l’électorat, son blason, bien fané depuis longtemps, de « libérateur d’otages ». C’était totalement irresponsable.
Comment ne sait-il pas que, depuis des mois, tout a changé en Afrique et qu’Al Qaïda au Maghreb ne se limite plus à quelques bandes de pillards de caravanes plus ou moins ralliées au fanatisme religieux de Ben Laden.
L’AQMI règne en maître maintenant dans tout le Sahel et jusque dans les capitales que ce soit Niamey, Bamako ou Nouakchott. Mais cela va bien au-delà et qu’on arrête de nous raconter des balivernes.
Les insurrections de Tunisie sont évidemment provoquées par le chômage, la misère et la dictature de plus en plus insupportable de Ben Ali. Mais derrière ces gosses désespérés qui jettent des pierres sur les forces de l’ordre et se font tirer dessus, il y a, bien sûr, les Islamistes pour lesquels c’est du pain béni.
Les émeutes algériennes ont, évidemment, pour première cause, elles aussi, le chômage, le désespoir des jeunes et leur dégoût devant un régime aussi incompétent que corrompu jusqu’à la moelle. Mais, derrière ces foules, on voit réapparaître, les anciens du FIS qui avaient –on l’a oublié- gagné les élections législatives de 1991, auxquels le FLN avait volé cette victoire, qui ont mené pendant des années une guerre civile et qui ont aujourd’hui encore, plus qu’hier, tous les arguments nécessaires pour entraîner derrière eux tous les damnés de l’Algérie vers une révolution islamique.
Contrairement à ce qu’on a voulu nous faire croire, la dictature, qu’elle soit policière en Tunisie ou militaire en Algérie, n’est pas « un rempart contre l’islamisme ». Elle est, au contraire, le meilleur « allié » des « Fous de Dieu » qui peuvent alors faire croire aux foules qu’Allah seul pourra les libérer et leur apporter le bonheur.
On nous raconte aussi qu’en Côte d’Ivoire, voisin du Mali, le pays est coupé en deux à cause de la haine personnelle que se portent Gbagbo et Ouattara. On oublie de nous préciser qu’au Sud, chez Gbagbo, ce sont des Chrétiens (ou des animistes) alors qu’au Nord, chez Ouattara, ce sont des Musulmans qui en ont assez de la domination chrétienne et qui, en effet, ont de plus en plus de contacts avec leurs coreligionnaires du Nord, du Mali ou du Burkina Faso.
Bref, les « pillards de caravanes » sont en train d’étendre leur souveraineté sur toute l’Afrique du nord et l’Afrique de l’Ouest.
Sarkozy avait cru pouvoir déclarer à Dakar que l’homme africain n’avait pas su entrer dans l’histoire. Les Africains doivent se dire aujourd’hui que Sarkozy ne sait même pas lire les journaux.

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