Décidément, le problème israélo-palestinien reste un sujet tabou. Dès qu’on l’aborde, les uns et les autres sortent les pires contre-vérités sans hésiter une seule seconde à falsifier et l’histoire et les réalités d’aujourd’hui. C’est désespérant car, bien sûr, tant que les uns et les autres se refuseront à regarder en face la vérité rien ne pourra avancer et ce conflit qui dure maintenant depuis plus de soixante ans continuera à empoisonner la vie des Israéliens, celle des Palestiniens, tout le Proche-Orient et sans doute la planète entière puisqu’il sert, bien souvent de prétexte au terrorisme islamiste.
Hier, je l’évoquais d’un mot en m’insurgeant contre la censure dont était victime Stéphane Hessel. Je me contentais d’énoncer une évidence : Jamais Israël ne pourra vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues tant qu’on n’aura pas trouvé une solution pour les Palestiniens.
Il n’en a pas fallu plus pour que certains amis de ce blog s’indignent, m’accablent de reproches et me conseillent vertement d’apprendre l’histoire de cette région. A les entendre, « le peuple palestinien est une invention très, très récente », « le terme palestinien une création d’Arafat dans les années 80 », « cette terre n’était habitée que par des bédouins nomades » voire « des Jordaniens ou des Ottomans ».
Doit-on rappeler à ces lecteurs qu’en 1947 l’ONU a voté la résolution 181 sur « le plan de partage » de… « la Palestine », qu’en 1922, la SDN avait donné mandat à la Grande-Bretagne sur… « la Palestine », que si, en effet, jusqu’à la fin de l’empire ottoman, la Palestine n’était qu’une province de cet empire il en était de même de la Syrie, du Liban, de l’Irak, de la Jordanie ce qui ne signifie pas que tous ces pays n’étaient que des déserts peuplés de bédouins nomades. Jérusalem, Saint Jean d’Acre et Jaffa étaient des villes « palestiniennes » prospères où Chrétiens, Musulmans et Juifs (qui s’étaient souvent réfugiés ici en fuyant les persécutions européennes, notamment d’Espagne) vivaient dans une relative harmonie.
L’histoire ne permet donc pas de dire que les Palestiniens, descendants vraisemblables des Philistins de la haute antiquité, n’ont rien à faire dans cette région du monde. Ils semblent être arrivés dans ce coin du monde avant même les Hébreux.
Mais au-delà du débat historique, il y a la réalité d’aujourd’hui. Il y a 4 millions de réfugiés palestiniens dont 1,3 millions habitent, survivent depuis des décennies, c’est-à-dire deux ou trois générations, dans des « camps ». 59 camps plus ou moins gérés par l’ONU. Ces camps sont, évidemment, une honte pour la communauté internationale qui tolère cette misère, mais ce sont aussi des barils de poudre qui peuvent exploser à tout moment.
Le problème n’est pas de savoir si ces 4 millions de réfugiés sont des descendants de bédouins ou d’Ottomans (ce qui est faux) sans aucun droit sur cette région alors que les Juifs, venus de Russie, de Pologne ou des quatre coins de la planète, y auraient tous les droits. Le problème est de trouver une solution pour que ces 4 millions de pauvres gens auxquels on a tout pris puissent vivre autrement que dans des camps, grâce à la charité internationale.
Si on refuse à cette population le droit de vivre décemment, il ne faut pas s’étonner que les fanatiques du Hamas l’aient emporté aux élections de Gaza, que les fanatiques du Hezbollah prennent le pouvoir à Beyrouth et que le terrorisme islamiste recrute massivement.
Il y va de la survie d’Israël et de notre sécurité. Pour lutter contre le terrorisme islamiste, il serait sûrement plus utile de trouver une solution au conflit israélo-palestinien que d’aller guerroyer au fin fond des montagnes d’Afghanistan.
Encore faudrait-il connaître et reconnaître ce problème, accepter d’ouvrir les yeux et ne plus répéter toutes les contre-vérités assénées depuis des années par la pire des propagandes.

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