Cela fait des années que nos dirigeants politiques, de droite comme de gauche, se ferment les yeux, se bouchent les oreilles, nous présentent des chiffres bidons et nous bassinent avec des théories plus fumeuses les unes que les autres. Aucun d’entre eux n’a jamais eu le courage d’aborder lucidement le problème de l’immigration et plus spécialement celui de l’Islam en France. Tous ont préféré très bêtement laisser ce dossier (il est vrai délicat si ce n’est explosif) à la seule extrême-droite qui en a fait ses choux gras et son fonds de commerce. Ce qui a permis à Jean-Marie Le Pen d’être présent au second tour des présidentielles de 2002. Il ne faut jamais l’oublier.
Or, qu’on le veuille ou non, la présence parmi nous –vieille nation républicaine, laïque mais de culture chrétienne- de dix millions d’immigrés (ou fils d’immigrés) et d’au moins cinq ou six millions de musulmans pose, évidemment, un immense problème à la fois politique, économique, social et culturel.
Avant de l’aborder, il faut poser trois préalables : 1) Ne nous faisons aucune illusion. Nous ne pourrons jamais arrêter ni même freiner cette immigration. Quels que soient nos lois, nos barbelés et nos miradors, nous ne pourrons jamais empêcher ces millions d’affamés du Sud de venir, à la nage s’il le faut, tenter leur chance chez nous. 2) Qu’ils soient clandestins ou pas, « choisis » ou pas, musulmans, animistes ou pas, nous ne devons jamais oublier qu’il s’agit d’« êtres humains » et qu’il nous appartient donc de les traiter avec dignité, sauf à prendre le risque de « perdre notre âme ». 3) Il faut, bien sûr, que nos responsables politiques tiennent compte, ici comme ailleurs, de l’opinion publique, nous sommes en démocratie.
Or, justement à ce propos, Le Monde d’hier publie une enquête de l’IFOP passionnante sur l’Islam et les Français. On y découvre –mais est-ce vraiment une découverte ?- que, pour 68% de nos compatriotes, les Musulmans « ne se sont pas intégrés en France » et que, pour 42% d’entre eux, ces Musulmans « constituent une menace ».
Ces chiffres devraient faire réfléchir tout notre personnel politique. Ils sont, bien sûr, plus importants que le débat sur les 35 heures, leur « dé-verrouillage » ou leur « dé-tricotage ».
Ils prouvent en tous les cas que les Français ne sont pas dupes des discours qu’on leur tient depuis des années sur « les succès » de notre politique d’intégration, les bienfaits du « respect des différences », le bienfondé de la « discrimination positive », l’émergence d’« un Islam à la Française », « l’enrichissement culturel », dont bénéficierait la France grâce à l’apport des immigrés et autres balivernes.
Non, les Musulmans « ne se sont pas intégrés » et oui, ils constituent bien « une menace ».
Cette « défiance » à l’égard de l’Islam ayant considérablement augmenté au cours des vingt dernières années, on pourra toujours accuser les Français d’être de plus en plus xénophobes, racistes et islamophobes. Certains ne s’en priveront pas. Mais il serait sans doute plus judicieux de se demander si ce n’est pas l’Islam qui, au cours de ces mêmes années, est devenu de plus en plus envahissant et donc de plus en plus inquiétant.
Il ne fait aucun doute que les Musulmans sont de plus en plus nombreux sur notre sol en raison des nouvelles vagues d’immigration et peut-être plus encore d’une renaissance de l’Islam au sein de notre population immigrée. Certaines villes, comme Roubaix, sont maintenant « à majorité musulmane ». Mais, ce qui est plus grave encore, il est évident que les Musulmans de France –immigrés de fraîche date ou de la deuxième, voire troisième génération- se sont considérablement radicalisés.
Au fil de ces dernières années, on les a vus de plus en plus nombreux dans leurs mosquées mais surtout on les a vus exiger, dans les piscines publiques, des jours d’ouverture réservés aux femmes, dans les écoles et les collèges publics, de la nourriture hallal pour leurs enfants, dans les hôpitaux, des médecins femmes pour soigner leurs femmes, dans les entreprises, que les fêtes musulmanes soient décrétées jours fériés, etc.
On les a vus bruler le drapeau français et siffler La Marseillaise. On a entendu leurs prédicateurs prononcer des discours de plus en plus violents contre notre société, notre civilisation, notre pays. Sans parler, bien sûr, des quelques attentats meurtriers provoqués par des « fous d’Allah ».
Maintenant, non seulement il leur arrive (encore rarement, il faut le dire) d’envahir nos rues pour y faire leurs prières mais ils exigent aussi qu’on leur construise des mosquées. Et ils ont des magasins qui leur sont réservés. Certains quartiers de nos banlieues sont devenus des « terres d’Islam » où, un Coran d’une main, une kalachnikov de l’autre et les poches pleines de drogue, les « grands frères » font régner leur loi et donc, bien sûr, la terreur.
Les pouvoirs publics ont pratiquement toujours capitulé devant toutes leurs exigences. Au nom du respect des « différences » (et de la peur des incidents), ils ont oublié les règles les plus élémentaires de la laïcité et admis cette monstruosité qui s’appelle « le communautarisme » et qui constitue des ghettos au sein de la République pourtant « indivisible, laïque, démocratique et sociale », selon l’article 1 de la Constitution.
Notre grande erreur a été d’abandonner, sous l’influence de quelques idéologues particulièrement pervers, notre bonne vieille tradition de « l’assimilation » qui faisait de nos immigrés des « Français à part entière » au profit de « l’intégration » qui fabrique des « Français à part ».
Or, au moment même où nous abandonnions nos grands principes, l’Islam renaissait et redevenait conquérant. Tout a commencé, en fait, en 1979, quand Khomeiny a renversé le Chah d’Iran et triomphé à Téhéran. Pour les Musulmans du monde entier, la victoire (inattendue) de l’ayatollah fut la preuve que l’Islam pouvait l’emporter pour peu qu’il se radicale à outrance.
Khomeiny réveilla l’Islam. Du Maghhreb (où le FIS remporta les élections en Algérie avant de se lancer dans une interminable guerre civile) à l’Indonésie, en passant par l’Egypte (où les Islamistes assassinèrent Sadate), la Turquie (où leurs « amis » gagnèrent les élections) et l’Afghanistan (où les Talibans prirent le pouvoir), partout les partis islamistes triomphèrent et les femmes mirent le voile. Il est évident que les communautés musulmanes des banlieues de nos métropoles occidentales se réjouirent, elles aussi, de cette renaissance de l’Islam qui prenait, enfin, sa revanche sur l’Occident.
Très curieusement, personne ne tenta de comprendre ce réveil de l’Islam. On se contenta de dire, à juste titre, que le marxisme ayant sombré dans les poubelles de l’Histoire, il fallait bien qu’une autre idéologie le remplace pour faire contrepoids à la domination occidentale.
Personne ne voulut remarquer que cet Islam radical s’était réveillé dans les bidonvilles sordides de Téhéran, du Caire, d’Alger ou d’Istanbul. Ce n’est la foi qui réveilla l’Islam mais une misère, une pauvreté, un désespoir de plus en plus insupportables avec lesquels, les rêves d’une révolution marxiste ayant disparu, « les barbus enturbannés » de tous poils purent jouer pour manipuler des foules abandonnées.
Tout est là. Si les Musulmans de France sont devenus « une menace » c’est parce qu’on n’a pas su ou pas voulu non pas les « intégrer » mais les « assimiler ». On les a laissés végéter dans leurs ghettos communautaires, sans formation, sans travail, sans espoir, ignorés par l’Etat, souvent méprisés par la population. Du coup, alors qu’ils étaient venus pour bénéficier de tous les avantages de notre civilisation, ils se sont mis à nous prendre en haine, ils se sont retournés vers leur foi d’antan et ont écouté tous ceux qui voulaient les manipuler.
Il est, bien sûr, trop tard pour faire marche arrière. On ne remettra pas sur le droit chemin de la République ces jeunes et ces moins jeunes qui ont basculé dans l’islamisme et rêvent désormais à la Guerre sainte contre l’Occident.
Arrêtons de croire en un « Islam à la française », maintenant que cet Islam s’est radicalisé et qu’il refuse donc la laïcité, la démocratie, la parité hommes-femmes, le respect des Droits de l’Homme. Arrêtons d’organiser et de financer des organisations musulmanes qui permettent aux extrémistes d’avoir pignon sur rue (le Conseil Français du Culte Musulman est totalement dominé par l’UOIF, l’Union des Organisations Islamiques de France, une redoutable filiale des Frères musulmans égyptiens).
Tentons encore d’intégrer (puisqu’on ne veut pas les assimiler) les jeunes des banlieues, par l’école, par le travail. Mais acceptons de reconnaître que l’Islam aujourd’hui est bel et bien une « menace » pour la France. Et soyons sur nos gardes.
Nous évoquions, au lendemain de l’attentat d’Alexandrie contre les Coptes, la Guerre sainte que l’Islam avait déclarée à travers la planète. Nous ne serons pas épargnés.
Mais attention à ne pas faire le jeu des Islamistes en oubliant nos grands principes de liberté, de laïcité, d’accueil et de tolérance. Redevenons plus républicains et plus laïcs que jamais. Restons donc tolérants… sauf, bien sûr, avec les ennemis de la tolérance.

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