Encore un sondage de plus mais celui-ci est particulièrement intéressant. BVA a demandé, pour Les Echos, aux Français ce qu’ils pensaient de « l’impact de la politique du gouvernement sur le chômage ».
42% pensent que cet impact est « nul », 34% qu’il est « négatif », 17% qu’il est « positif » (7% ne se prononcent pas). 76% des Français pensent donc que la politique de lutte contre le chômage menée par Sarkozy-Fillon est inefficace, voire néfaste.
Quand on connaît les chiffres du chômage, on comprend ces résultats. Les Français ne sont plus dupes –si tant est qu’ils l’aient jamais été- des déclarations optimistes de nos dirigeants qui nous annoncent depuis des mois la sortie de la crise, la sortie du tunnel et la reprise économique. Ils savent parfaitement que nous en sommes toujours à 10% de chômeurs « officiels » et que si l’on tient compte de toutes les catégories des « demandeurs d’emploi » il y a plus de quatre millions de Français qui sont touchés par ce qu’on appelle pudiquement « la crise de l’emploi » Et toutes les promesses de Sarkozy, de Fillon, de Lagarde, de Wauquiez, de Bertrand et des autres n’y ont rien changé.
Selon ce même sondage, 68% des Français estiment d’ailleurs que, globalement, la politique économique actuelle est « mauvaise ». 25% la trouvent « bonne ». On peut s’étonner que certains de nos compatriotes semblent trouver « bonne » une politique qui pourtant à leurs yeux ne sert à rien pour lutter contre le chômage.
Or, et toujours selon ce sondage, la lutte contre le chômage reste la préoccupation majeure des Français. Avec 64% des réponses, elle arrive loin devant l’amélioration du pouvoir d’achat, 50%, et la réduction des inégalités, 31%. Plusieurs réponses étant possibles. La lutte contre l’insécurité n’arrive qu’à la 4ème place avec 31% des réponses.
S’il veut tenter de l’emporter en 2012, Nicolas Sarkozy ne pourra donc pas recommencer sa campagne de 2007. L’insécurité de fait plus partie des préoccupations essentielles des Français (qui ne sont pas pour autant satisfaits de la politique sécuritaire menée par le gouvernement) et ils ne rêvent plus de « travailler plus pour gagner plus » mais simplement d’avoir un travail.
Il ne fait aucun doute que cette condamnation sans appel de la politique économique du sarkozisme est une chance pour Dominique Strauss-Kahn.
Le directeur du FMI est auréolé d’une réputation de grand économiste. Tout le monde a oublié ses incartades, ses erreurs, ses 35 heures. A gauche, où on se mord encore les doigts d’avoir choisi Ségolène Royal en 2007, on ne se souvient que du brillant (mais éphémère) ministre des Finances de Jospin, à droite, où on regrette souvent d’avoir voté Sarkozy (mais on n’avait guère le choix) on apprécie sa rigueur et on commence à faire de lui un nouveau Delors, voire un nouveau Mendès-France.
La droite française a toujours été fascinée par certains personnages de la gauche auxquels elle attribuait toutes les qualités ne serait-ce que parce que la gauche elle-même les rejetait.
Toujours est-il que si, comme tout le laisse supposer, c’est bien l’économie qui sera au coeur de la campagne présidentielle, DSK aura un avantage considérable sur son adversaire dont les compétences en la matière (et le bilan) sont pour le moins contestables. Reste à savoir si, au préalable, l’économie aura été aussi au cœur des primaires de gauche.

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