Finalement, Nicolas Sarkozy a eu tout à fait tort de virer Rachida Dati. Elle incarnait à la perfection le sarkozisme. Beaucoup mieux que les austères Fillon, Juppé ou Alliot-Marie dont on se demande, toutes ambitions personnelles mises à part, ce qu’ils peuvent bien faire dans l’entourage de ce président amateur de la dolce vita.
Quand elle avait été nommée Garde des Sceaux (ce qui était tout de même stupéfiant), on nous avait raconté qu’elle représentait, avec quelques autres, Rama Yade ou Fadela Amara, « la diversité ». Elle était l’une des beurettes du « black, blanc, beurre », version Sarkozy. C’était une blague.
En fait, à force d’avoir été « si proche », comme on dit pudiquement, de Nicolas Sarkozy, elle en était devenue, par flagornerie et par mimétisme, une sorte de réplique caricaturale au féminin. Même fascination pour l’argent facile, même admiration pour les parvenus, même goût du tape-à-l’œil, même attirance envieuse pour la « jet set » et la « une » des magazines « people », même vulgarité, même mépris et même volonté d’écraser les autres. C’était, évidemment, ce qui avait séduit le nouveau président.
On aurait pu croire qu’elle finirait par être virée pour incompétence notoire après avoir réussi, en quelques mois, à faire descendre dans la rue les magistrats, les avocats, les greffiers et un certain nombre d’élus locaux qui ne comprenaient pas qu’on puisse, en même temps, prôner la proximité et la concertation et fermer autoritairement des tribunaux de province.
Mais non. Elle a été virée parce qu’espérant sans doute remplacer l’épouse infidèle qui s’en était allée, elle a cru pouvoir vomir sur la nouvelle élue du jour sans se rendre compte qu’« avec Carla c’était du sérieux », pour reprendre l’élégante déclaration du souverain. Erreur « politique » impardonnable dans cette cour ubuesque et que n’auraient commise ni la Montespan, ni la Pompadour.
Chassée de la Cour et exilé dans la mairie de VIIème, élégant quartier d’aristocrates tout aussi élégants, et à Strasbourg où elle s’ennuie à mourir, la petite beurette aurait pu, voire du se faire oublier. Mais pas du tout.
Et voici que l’ancienne Garde des Sceaux emplit cette semaine l’actualité judiciaire comme elle ne l’a jamais fait du temps où elle régnait place Vendôme.
Elle poursuit en diffamation le chanteur Benjamin Biolay qui, dans le Nouvel Observateur, l’a accusée d’être à l’origine des rumeurs qui, voici quelques mois, circulaient dans tout Paris et affirmaient qu’il avait une liaison avec Carla Bruni.
Elle fait poursuivre en justice un quidam qui, voici quelques semaines, l’aurait persécutée en lui demandant à maintes reprises de le faire bénéficier de son fameux lapsus, quand elle avait malencontreusement confondu fellation et inflation.
Son frère, Jamal Dati, vient de comparaître, une nouvelle fois, devant la justice, et cette fois devant la justice belge, pour détention et trafic de drogue.
Son beau-frère vient d’être condamné pour atteinte sexuelle contre une mineure.
Naturellement, elle a parfaitement le droit de plaider son innocence dans l’affaire des rumeurs (même si cela va lui être difficile), d’en avoir assez d’être submergée par des correspondances graveleuses et elle n’est en rien responsable ni de son frère ni même de son beau-frère.
Mais tout de même, çà fait beaucoup… La quintessence du régime

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