Jusqu’à présent nous étions tous d’accord pour dire qu’il n’y avait pas assez de femmes en politique. « Un homme sur deux étant une femme », selon la fameuse formule, il n’y avait, en effet, aucune raison pour que le sexe dit « faible » ne soit pas mieux représenté parmi nos dirigeants.
Les femmes ont souvent une sensibilité et une expérience de la vie différentes de celles des hommes, a fortiori quand la gente masculine est essentiellement composée de technocrates ambitieux ne s’étant jamais confrontés avec les difficultés de l’existence.
On a donc pris un certain nombre de dispositions en faveur de la « parité » afin d’inciter les partis politiques à promouvoir la femme. Même si ces « quotas » avaient quelque chose de choquant (on comparait les femmes à des handicapés) et même si les partis ont pour le moins trainé des pieds, il ne fait aucun doute que les choses ont un peu évolué et plutôt dans le bon sens.
Mais, si nous savions, depuis que Mitterrand avait imposé sa bonne amie Edith Cresson à Matignon, qu’une femme pouvait être aussi nulle qu’un homme, nous nous apercevons aujourd’hui que les femmes peuvent être bien pires.
Rachida Dati veut la mairie de Paris, Chantal Jouanno aussi, Anne Hidalgo aussi, Eva Joly, Ségolène Royal, Marine Le Pen veulent l’Elysée. C’est fou !
La nomination de Rachida Dati comme garde des Sceaux avait été présentée comme « un gadget de la diversité ». C’était, en fait, « un gag ». La malheureuse s’est totalement ridiculisée place Vendôme, par son ignorance des dossiers, ses maladresses, ses déclarations à l’emporte-pièce, ses robes du soir et ses bijoux qui n’étaient même pas de pacotille. Exilée au parlement de Strasbourg avec, comme lot de consolation, la mairie du VIIème arrondissement de Paris, elle a continué à accumuler les bourdes et les gaffes avec une arrogance dépassant l’entendement qui l’a rendue odieuse même aux lecteurs de la presse people.
Et aujourd’hui, voilà qu’elle revendique non seulement un siège de député (lors des législatives de 2012), mais aussi carrément la mairie de Paris (lors des municipales de 2014) et qu’elle affirme à qui veut l’entendre qu’elle a la bénédiction du président de la République pour tenter de succéder à Bertrand Delanoë qui a juré de ne pas se représenter pour un troisième mandat.
Il n’est pas nécessaire d’être « machiste » pour savoir : 1) qu’il sera difficile à la droite de reprendre la mairie de Paris puisque, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, une grande majorité de la population de la capitale a apprécié le règne de Delanoë avec Paris-Plage, les Vélo-lib’, la Nuit blanche, ses amis militants homosexuels, les embouteillages et la flambée des prix de l’immobilier. 2) que la candidature de Rachida Dati permettrait à Anne Hidalgo, héritière désignée de Delanoë, d’avoir une élection triomphale.
Chantal Jouanno, la sous-ministre judoka qui se sent, elle aussi, pousser des ailes, rêve, elle, d’un siège de sénateur de Paris dès l’année prochaine et de la mairie en 2014. Plus prudente que l’autre, elle évoque, pour l’instant, un « ticket » qu’elle formerait avec François Fillon. Mais personne ne peut croire que le sage premier ministre abandonnera la proie sarthoise pour l’ombre parisienne (il n’a oublié ni Seguin abandonnant Epinal, ni Lang abandonnant Blois) et il est donc évident que « le coup du ticket » n’est qu’un leurre.
Quand on interroge les entourages de ces deux candidates virtuelles sur leur programme, les idées qu’elles pourraient avoir sur l’avenir de la capitale, la réponse est la même : « C’est une femme ! » C’est tout de même un peu court.
La candidature d’Eva Joly est, elle aussi, stupéfiante. Qui peut imaginer un seul instant que cette ancienne pétroleuse de la magistrature à l’accent scandinave à couper au couteau ait, même sous les couleurs de l’écologie, la moindre chance de faire un score honorable aux présidentielles de 2012 ? « Oui, mais c’est une femme », nous disent ses amis.
Les « ségolénistes » pour ne pas dire les « royalistes » évoquent eux aussi la… « féminitude » pour expliquer (si ce n’est excuser) la nouvelle poussée d’ambition de leur héroïne. « C’est une femme » révèlent-ils, ajoutant perfidement : « Et en plus elle est jolie » ce qui ne peut être qu’une amabilité à l’égard de Martine Aubry.
Ségolène Royal, Martine Aubry, Eva Joly, Marine Le Pen candidates pour l’Elysée, Rachida Dati, Chantal Jouanno, Anne Hidalgo, candidates pour la mairie de Paris, ce n’est plus de la parité. C’est de la discrimination positive, comme dirait Sarkozy.
Les Français votaient déjà « à la gueule du client », vont-ils voter maintenant selon le sexe des candidats ? En tous les cas, on peut être sûr qu’elles vont savoir se crêper le chignon beaucoup mieux encore que les hommes.

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