On peut être à la fois un démagogue, un salaud et un con.
Claude Goasguen, député-maire du 16ème arrondissement, vient d’en faire une époustouflante démonstration.
Son dernier « dada » est de s’attaquer à l’Aide Médicale d’Etat. On sait que cette AME permet notamment aux immigrés clandestins (sans ressources) de bénéficier de la gratuité totale de tous les soins, en vertu du principe (qu’il semble vouloir remettre en cause) qu’en France on ne laisse pas crever sans soins un être humain quel qu’il soit.
Il est évidemment démagogique (et donc sans doute payant) de faire remarquer que ces immigrés clandestins sont couverts à 100% alors que les Français moyens et « de souche » ne sont couverts qu’à 70%.
Cependant, contrairement à ce qu’a l’air de dire Goasguen, ce n’est pas parce qu’ils sont clandestins que ces immigrés bénéficient de l’AME mais parce qu’ils sont sans ressources. Il est évident que tous les Français « de souche » et tous les immigrés « en règle », s’ils sont, eux aussi, sans ressources, sont, bien sûr, pris totalement en charge par l’AME pour tous leurs frais de santé.
Goasguen affirme que, l’année dernière, 210.000 immigrés clandestins ont bénéficié de l’AME et coûté 800 millions. Comme, par définition, il est impossible de connaître le nombre exact des clandestins actuellement sur le territoire français, on voit mal comment Goasguen a pu faire ses calculs. Mais démagogie et arithmétiques font rarement bon ménage.
En s’attaquant aux problèmes de santé des clandestins, Goasguen commet une double faute assez ignoble. D’abord, alors qu’il est pourtant professeur de droit, il oublie que le préambule de la Constitution est formel : « La Nation garantit à tous la protection de la santé ». C’est écrit noir sur blanc. Et la Constitution ne fait aucune allusion à l’origine de ceux auxquels la Nation doit garantir cette protection de la santé. Elle dit « tous » ce qui sous-entend même ceux qui ne sont pas en règle.
Ensuite, si l’immigration pose bien des problèmes et si nombre de Français sont scandalisés, à juste titre, par les errements de notre politique d’immigration, pas un Français digne de ce nom n’accepterait qu’on ferme la porte de nos hôpitaux à un malade sous prétexte qu’il serait un clandestin.
Il y a –heureusement- dans notre pays une tradition qui veut qu’on soigne les malades quels que soient leurs origines, leurs races, leur état civil. En France, on soigne les délinquants, les criminels, les terroristes, quitte à les remettre, une fois soignés, à la justice.
Enfin, supprimer l’AME aux clandestins serait totalement irresponsable. Population particulièrement vulnérable, les clandestins sont évidemment, beaucoup plus souvent que le reste de la population, victimes de toutes les pathologies. Si la tuberculose qui avait disparu a réapparu en France c’est à cause de notre population d’immigrés. L’AME n’est donc pas seulement un devoir moral c’est, aussi et presque surtout, un impératif de salubrité publique.
Ajoutons, petit détail qui rend les propositions de Goasguen encore plus absurdes, que le médecin qui refuserait de soigner un clandestin serait immédiatement rayé de l’ordre des médecins.
Le député-maire du 16ème ne semble connaître ni les problèmes de l’immigration, ni les traditions humanistes françaises, ni même le serment d’Hippocrate.
Ce n’est sûrement pas sur ce thème-là qu’il faut s’attaquer aux problèmes de l’immigration.

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