Nicolas Sarkozy continue à dégringoler dans tous les sondages. Les uns nous disent qu’il est désormais sous la barre des 30% de (plus ou moins) « satisfaits », les autres qu’il a franchi la barre des 70% de (plus ou moins) « mécontents ». Ce qui revient, il faut le reconnaître, à peu près au même. En tous les cas, le verre est vide à plus des deux tiers. A ce rythme-là, les « satisfaits » devraient se compter sur les doigts d’une seule main à la veille des élections présidentielles…
On va finir par s’attendrir sur son sort car on ne peut pas lui reprocher de ménager ses efforts pour tenter de remonter sur son cheval. Mais l’animal semble se cabrer. Le tout est de savoir si c’est lui qui est un piètre cavalier ou si c’est le fier destrier qui n’est une sale rosse.
A terre au milieu du manège depuis longtemps, il a d’abord commencé en maniant sa cravache. Ce fut le discours de Grenoble. Haro sur les racailles pour peu qu’elles fussent d’origine étrangère ! Sus aux Roms !
Ca n’a pas marché. La clientèle, bien particulière, qu’il visait ne veut plus de sa camelote depuis qu’elle s’est aperçue qu’il leur avait refilé des produits faisandés. Ceux-là, on ne les y reprendra plus jamais et Sarkozy peut leur faire toutes les danses du ventre qu’il pourra imaginer, ils ne lui pardonneront jamais ce qu’ils appellent « la trahison de l’ouverture ».
Alors, abandonnant ces « supplétifs » qui lui avaient été si utiles en 2007 mais auxquels il avait oublié de servir la pitance à laquelle ils estimaient avoir droit, il est redevenu plus classique.
Il s’est grimé en dirigeant responsable et ferme, veillant à l’équilibre des comptes, à l’avenir de nos enfants quand ils seront de petits vieux et en faisant savoir à chacun qu’il était inutile d’essayer de le détourner de son droit chemin. Ce fut l’épisode de la réforme des retraites qui s’achève aujourd’hui par une nouvelle chute dans les sondages.
Le bateleur de foire racoleur des voix de l’extrême droite voulait se transformer en Churchill, promettant du sang et des larmes mais la victoire. Cà, c’était pour le public de la droite « de bon ton », des gens qui l’avaient acclamé avant qu’il ne monte vraiment sur scène, mais qui ne remplissaient plus ses salles depuis longtemps.
En principe, le spectacle aurait dû leur plaire. Certes, la représentation aurait été meilleure si elle avait pu être vraiment perturbée par quelques mauvais coucheurs. Ils se sont contentés de siffler le numéro.
Mais l’artiste avait joué son rôle, impassible, sans entendre les sifflets ni changer son texte.
Or, le public est resté de marbre. Il pensait faire « un tabac » avec cette réforme et la fermeté dont il avait su faire preuve. Il a fait « un flop » et encore perdu trois points. Même la fermeté ne paie plus.
Le public d’extrême–droite le boude ostensiblement, le public de la droite « de bon ton » l’ignore superbement, où va-t-il trouver quelques chalands pour l’applaudir et quel rôle va-t-il leur jouer ?
Dans les coulisses, on dit qu’il prépare un nouveau numéro avec un vieux clown triste du nom de Borloo. Du trapèze volant ou de la prestidigitation ? On ne sait pas ;
Jadis, il était le roi du bonneteau.

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