Ma mère aurait dit qu’il se comporte comme un « gougnafier », mon père aurait dit un « palefrenier », ma grand-mère un « garçon de bains ». Chacun avait ses mots. Toujours est-il que Nicolas Sarkozy ne se comporte pas comme un chef d’Etat.
On le savait depuis quelque temps, en fait, depuis son élection et la soirée du Fouquet’s. Mais çà s’est encore aggravé au fil de mois et cela devient maintenant très ennuyeux.
La plupart des Français l’avait catalogué dans la catégorie des gens qu’on n’invite pas à dîner chez soi après le « casse-toi pauv’con » du salon de l’agriculture.
Tous les chefs d’Etats étrangers le considéraient comme infréquentable depuis ses débuts sur la scène internationale quand ils avaient découvert ce gnome (selon le mot d’Angela Merkel) voulant leur taper sur le ventre et se haussant du col pour les photos officielles de groupe.
Mais voilà qu’il a dépassé les limites.
Pour des (mauvaises) raisons purement électoralistes et comme toujours à la recherche de boucs émissaires pour faire oublier ses échecs, il s’en est pris aux Roms en voulant faire croire qu’ils étaient les responsables de la recrudescence de l’insécurité.
Autant on peut s’en prendre, à juste titre, aux racailles, aux voyous, à la pègre, aux loubards ou aux sauvageons et les menacer du karcher (et non pas de la déchéance nationale) autant il est invraisemblable et totalement inadmissible de s’en prendre à une ethnie, à une race, à un peuple et de vouloir les faire disparaître collectivement du sol national.
Même si la comparaison est évidemment et heureusement excessive, désigner à la vindicte populaire les Roms, casser leurs campements et les chasser du pays, c’est rappeler les méthodes de ceux qui pourchassèrent les Juifs ou les Arméniens ou, plus récemment, en Afrique, telle ou telle ethnie minoritaire.
Il était évident que la communauté internationale ne pouvait que condamner cette chasse aux Roms. Comment se fait-il qu’aucun diplomate, qu’aucun conseiller n’ait fait savoir au président qu’il allait droit dans le mur et qu’en tentant ainsi de regagner quelques voix de l’extrême-droite, il allait non seulement en perdre encore des pans entiers à droite et au centre mais aussi se retrouver dans une situation impossible au ban de la société des nations.
N’importe quel chef d’Etat digne de ce nom, embringué dans une telle affaire, aurait immédiatement fait machine arrière, juré ses grands dieux qu’on l’avait mal compris et viré son ministre de l’Intérieur en le rendant seul responsable de cette erreur impardonnable.
Mais Sarkozy est inconscient et teigneux. Il est convaincu qu’il a toujours raison et que ceux qui se permettent la moindre réserve quant à sa politique sont à la fois des incapables et des salauds.
La commissaire européenne chargé de veiller à l’application des textes européens contre toutes les discriminations ethniques, ayant, comme c’était son devoir, protesté contre les mesures pour le moins discriminatoires décidées par Paris contre les Roms, Sarkozy a totalement perdu ses nerfs, « pété un câble », diraient les jeunes, et a voulu lui « rentrer dans le chou » en déclarant, devant des parlementaires, que « cette Luxembourgeoise n’avait qu’à demander au Luxembourg d’accueillir tous les Roms ».
Après son ami Minc qui trouve que, le pape étant allemand, il n’a pas le droit de parler des Roms, le président trouve que la commissaire européenne étant luxembourgeoise elle n’a qu’à s’occuper du Grand Duché. On a envie de lui demander de retourner à Neuilly et de ne plus en sortir.
Il va sans dire que ce genre de déclarations de bistrot est inadmissible dans la bouche d’un chef d’Etat. Il déshonore la France.
Sarkozy espérait se requinquer un peu et redorer son image de président avant les présidentielles de 2012 en présidant le G8 et le G20. Il va maintenant apparaître aux yeux de ses pairs comme un voyou qui méprise la morale la plus élémentaire et qui, en plus, ignore les usages les plus rudimentaires de la diplomatie.
Quelle image pour notre pays !

Mots-clefs : , ,