Aujourd’hui, à New York, devant l’assemblée des Nations Unies, Nicolas Sarkozy nous a offert une répétition générale de ce que va être son spectacle de président du G8 et du G20 et le moins qu’on puisse dire c’est que çà promet !
Ca commence par un numéro de boy-scout qui découvrirait, horrifié, tous les malheurs du monde. On a tout de suite envie de lui dire : « Eh oui, Monsieur le Président, il y a plus d’un milliard d’êtres humains qui ne mangent pas à leur faim sur notre planète et un gosse qui meurt de faim toutes les trois secondes, il y a un quart de la population du globe qui n’a pas accès direct à l’eau courante, les déserts s’avancent, la tuberculose, la lèpre, le choléra font toujours des ravages, avec maintenant, en plus, le sida… Vous n’allez tout de même pas nous dire que vous ne le saviez pas… Cela fait des années que les braves gens le répètent, tirent des sonnettes d’alarme et poussent des appels au secours ».
Mais après avoir énoncé ces lieux communs et enfilé quelques perles, Sarkozy hausse le ton. On le croirait en campagne électorale. Sans se rendre compte qu’il s’adresse aux chefs d’Etat et de gouvernement de tous les pays de la planète, il retrouve ses intonations de 2007. Il prône la rupture ! Il annonce qu’il va tout changer, qu’il a les solutions, que tous ses prédécesseurs étaient des incapables et ses rivaux des jean-foutre.
La foule, médusée, regarde alors ce chef d’Etat, totalement « à la ramasse » dans son propre pays, qui a des déficits et une dette abyssaux, une balance commerciale dans le rouge depuis des mois, un taux de chômage de 10%, une croissance inexistante, 8% de la population qui survit au dessous de la ligne de pauvreté… et qui, lui, sait et qui va donner des leçons, voire des ordres à la planète toute entière.
Il vire les Roms chez lui mais il promet de s’attaquer à la misère dans le monde entier ! Il ne sait pas comment boucler son budget (en déficit), il en est réduit à « raboter des niches », mais il va trouver les moyens de nourrir un milliard d’affamés en Afrique, en Asie, en Amérique latine.
Et le boy-scout aux ambitions de Mère Térésa se transforme alors en révolutionnaire à la Guevara.
Sa solution, son truc, son idée (dont ne voudrait pas le Concours Lépine car elle a déjà été maintes fois brevetée) est simple : faire payer les riches. Et, cette fois, pas de pitié, pas bouclier fiscal, pas de « premier cercle », pas de combines avec les petits copains.
Sarkozy veut, va trouver l’argent nécessaire pour éradiquer la misère du monde (et les famines, et les épidémie, et l’illettrisme) en imposant une… Taxe universelle sur toutes les transactions financières.
Il suffisait d’y penser ! Il aurait pu proposer d’augmenter le prix de cigarettes (mais çà a déjà été fait et çà va l’être encore) ou de taxer les billets d’avion (mais Chirac l’a déjà proposé) ou les fenêtres (comme autrefois) mais autant s’attaquer aux banques, c’est là qu’est le magot.
Naturellement, le Brésilien Lulla l’a applaudi. On imagine que le Vénézuélien Chavez en a fait autant, comme Castro, Kim il Jung et peut-être même Khadafy qui est fâché avec les Suisses.
Mais qu’en ont pensé les Américains de Wall street, les Britanniques de la City, les Allemands de Francfort, les Arabes du Golfe qui passent leur temps à faire des transactions et les Chinois de Shanghai qui deviennent les maîtres de la planète financière, bref tous ceux qui comptent (en milliards) et qui, du coup, pèsent sur le destin du monde ?
Ils ont écouté stupéfaits ce président français aux idées aussi fumeuses que farfelues, ont souri d’une telle inconscience et sont repartis convaincus que la présidence française du G20 allait être du temps perdu pour tout le monde, avec un tel président devenu la risée de la planète.
Le hasard du protocole leur avait fait écouter, avant Sarkozy, le directeur général du FMI, un certain Dominique Strauss-Kahn. Il leur avait paru autrement plus sérieux.

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