1. Alain Minc est un mélange d’Attali, de Jean-Marie Messier et de Régis Debray. Autant dire ce qu’il y a de plus détestable dans le Tout Paris « bobo » de la gauche caviar mitterrando-sarkoziste. Il représente à merveille, avec ses trois compères et quelques autres, une bien curieuse exception française. Celle de considérer comme des gourous de la pensée, des phares de l’intelligence des types qui se sont toujours trompés et qui ont tout raté dès qu’ils ont essayé de faire autre chose que de lâcher des lieux communs, des contre vérités ou des jugements pontifiants à l’emporte pièce.
    Voulant se goinfrer à tous les râteliers, il a, maintes fois, retourné sa veste. Depuis quelque temps, il est sarkoziste et se présente comme « le » conseiller du prince. C’est son droit puisque c’est aussi son gagne-pain (de la brioche dorée).
    Mais, cette fois, il a dérapé plus que de coutume. Il est vrai que le dérapage non contrôlé est devenu une figure imposée en Sarkozie.
    Voulant courir au secours de son maître qui venait d’être égratigné par le Pape à propos de l’expulsion massive des Roms, le petit fou du roi s’en est pris à l’origine allemande du Saint Père en déclarant textuellement sur France Inter : « On peut discuter de ce qu’on veut sur l’affaire des Roms mais pas un pape allemand ». Et d’affirmer que le pape en question était un « héritier de l’histoire allemande », en clair que Benoît XVI était un nazi et qu’il ne pouvait donc pas se permettre de critiquer la politique xénophobe de Sarkozy.
    La chose est particulièrement absurde. Benoît XVI est allemand, comme Jean-Paul II était polonais. Mais, Benoît XVI, comme Jean-Paul II, est devenu le chef de l’Eglise catholique et, par là même, ce qu’on appelle « une haute autorité morale » dont la mission est de rappeler sans cesse ce qu’il considère, à tort ou à raison, comme les lois imprescriptibles de la vie humaine.
    On peut, naturellement, contester ses prises de position. Et, depuis la déclaration de Castel Gandolfo, certains courtisans de Sarkozy ne s’en sont pas privés.
    Ne se rendant pas compte de l’idiotie de leurs arguments, ils nous ont répété que le Pape, n’ayant guère d’autres responsabilités matérielles que d’assurer la sécurité dans les jardins du Vatican, pouvait s’offrir le luxe de faire de « la morale » alors que Sarkozy, lui, confronté à toutes les réalités, devait faire de « la politique ».
    Ces avocats du président de la République n’ont donc pas compris que ce que les Français reprochent le plus à Sarkozy c’est, précisément, d’opposer morale et politique. De vouloir faire de la politique et d’ignorer, de mépriser la morale. Or, il n’y a pas de bonne politique sans un minimum de morale. Le cynisme absolu, le mépris de toute morale, le dédain des droits les plus fondamentaux sont l’apanage des pires dictatures.
    Mais Minc a voulu aller plus loin. Le Pape a osé critiquer Sarkozy, le Pape est un allemand, un boche, un fritz, un nazi. Il n’a pas droit à la parole.
    Notre petit intellectuel de pacotille et de salons, s’est-il rendu compte qu’en voulant ainsi défendre le président de la République, il a ouvert toute grande la porte aux pires réflexes de la populace xénophobe ?
    Le Pape « un boche » ? Oui. Mais Sarkozy n’est alors qu’« un hongrois des Carpates », marié à « une ritale ». Et ce n’est tout de même pas « ce juif polonais » de Minc qui va nous donner des leçons.
    Voilà où on en arrive, bien vite, dès qu’on dérape avec de tels arguments, M. Minc !
    Il est vrai que Sarkozy expulse des Roms (roumains) parce que des Gens du voyage (français) ont saccagé quelques villages du Loir-et-Cher…

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