C’était prévisible. Chaque fois qu’on aborde le problème de l’immigration, on est submergé de réactions. Les unes amicales, les autres d’une violence parfois stupéfiante.
Que les choses soient claires.

Comme beaucoup, je suis convaincu que l’immigration est un danger pour notre civilisation, notre Nation, notre Etat. La présence de quelques millions d’étrangers sur notre sol va, évidemment, tout changer, nous imposer de nouveaux comportements, modifier l’équilibre du pays, coûter cher. Nous ne serons plus des « descendants des Gaulois », si tant est que nous le soyons encore, et la France ne sera plus « la fille aînée de l’Eglise », si tant est qu’elle le soit toujours.

Comme certains, je suis persuadé qu’aucune volonté politique, qu’aucune loi, qu’aucune mesure policière ne pourra arrêter ni même freiner cette « invasion ». Depuis des décennies, tous les gouvernements, de droite comme de gauche, ont fait des déclarations tonitruantes, adopté des textes, organisé des « charters » (la gauche plus que la droite) pour lancer « des signaux clairs et fermes ». Tout cela en vain.

Rocard avait déclaré : « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Mais personne ne pourra empêcher que la misère du monde veuille se précipiter vers ce qu’elle considère comme le paradis, c’est-à-dire l’Occident où l’on peut encore manger à sa faim.
Il est donc irresponsable de dire que nous allons fermer nos frontières. D’ailleurs, l’Europe a supprimé nos frontières. Mais il est du devoir de nos responsables politiques de définir quelle place nous allons accorder à ces « envahisseurs ». L’immigration ne peut plus se nier ni se refuser. Elle doit se gérer. En imaginant un statut pour ces « résidants étrangers » avec des droits mais surtout avec des obligations.

En mélangeant immigration et délinquance, Sarkozy commet une faute impardonnable. Certes, il caresse dans le sens du poil l’électorat xénophobe, certes, il trouve une excuse facile aux échecs de sa politique de sécurité, mais il est totalement à coté de la plaque, même si une grande partie des délinquants est, en effet, « issue de l’immigration ».

Ce n’est pas l’immigration qui est à l’origine de la recrudescence de la délinquance. C’est le chômage.
Pourquoi y a-t-il davantage de délinquants parmi les immigrés analphabètes, sans formation, sans avenir, vivant dans les cités sordides de non-droit du fameux 9.3 que parmi les grands bourgeois surdiplômés vivant dans le 7ème ou le 16ème arrondissement de Paris ? Parce qu’ils n’ont pas la même couleur de peau, les mêmes souvenirs d’enfance, la même religion ? Non. Parce que les gosses du 9.3 n’ont pas de « boulot », guère de chance d’en trouver et donc pas d’avenir ni de place dans notre société.

Sarkozy semble ignorer que parmi les délinquants « blancs » on ne trouve aussi pratiquement que des chômeurs. Personne n’a jamais, pour eux, eu l’idée d’évoquer une lointaine origine provinciale.

Répétons, une fois de plus, la fameuse phrase de Victor Hugo : « Ouvrez une école et vous fermerez une prison ». On ne combat pas la délinquance en stigmatisant une partie de la population, ou alors il faudrait stigmatiser les… pauvres et les chômeurs.

Mais il est évidemment plus facile de dire que la délinquance prend des proportions catastrophiques à cause des Arabes et des Noirs que de reconnaître que nous avons maintenant 4 millions de chômeurs.

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