Contrairement à ce que Nicolas Sarkozy avait voulu nous faire croire en le recevant royalement à Paris, Khadafy n’a pas changé. On peut même dire qu’il n’a fait aucun progrès et qu’il n’est toujours pas un interlocuteur respectable pouvant s’asseoir sur le banc de la société des nations. Il reste, bel et bien, au ban des pays civilisés.
Hier, à Rome, capitale de la chrétienté, le Guide suprême de la révolution libyenne a affirmé, froidement et sans un sourire, qu’il voulait que l’Islam devienne « la religion de toute l’Europe ». En clair, le Libyen nous déclare de nouveau la guerre sainte, et cette fois, car il a un sens prononcé de la provocation, à l’ombre même du Vatican.
C’était devant un parterre de cinq cents jeunes femmes italiennes qui avaient reçu, chacune, 80 € pour faire de la figuration et auxquelles le dictateur de Tripoli allait faire remettre, à chacune, un exemplaire du Coran.
Khadafy est en voyage officiel à Rome à l’occasion du deuxième anniversaire de la signature, le 30 août 2008, à Benghazi, du Traité d’amitié italo-libyen, texte basé sur la repentance et censé mettre un terme au contentieux qui opposait l’ancienne Tripolitaine à son ancienne puissance coloniale.
Toute honte bue, Rome s’engageait à offrir à la Libye des routes et des installations importantes pour se faire pardonner du passé et en échange de facilités commerciales.
A Paris, Khadafy était venu avec ses « amazones ». Cette fois, à Rome, il est venu avec ses chevaux. Trente pur-sang qui participeront à une grande fantasia en présence de Silvio Berlusconi.
Il nous est, bien sûr, difficile d’ironiser sur la naïve cupidité de Berlusconi qui s’imagine qu’en dînant ainsi avec le diable il va pouvoir rafler des contrats mirifiques. Sarkozy s’était tout autant compromis et nous avait, lui aussi, annoncé que la Libye allait nous acheter des Airbus, des TGV et des centrales nucléaires.
Toutes ces belles promesses se sont, bien évidemment, perdues dans les sables du désert. On n’en parle plus. Comme on ne parle plus des Rafales que nous devions vendre à l’Inde ou au Brésil ou des porte-hélicoptères que devait nous acheter la Russie.
Mais ce qui est grave c’est que, pas plus de Berlusconi, Sarkozy n’avait compris à qui il avait affaire et qu’il s’était imaginé, avec une présomption stupéfiante, pouvoir remettre ce fou furieux sur le droit chemin.
On veut croire que les dangereuses bouffonneries de Rome vont faire comprendre à Sarkozy son erreur. Mais il est un peu tard.

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