Les nouvelles du jour ont de quoi nous gâcher cette belle journée de vacances.
Certes, on nous a appris que Nicolas Sarkozy avait enfourché sa bicyclette et qu’entouré de ses gardes du corps il avait escaladé quelques petites cotes des environs de la villa de sa belle-famille au Cap Nègre. Mais on nous a, aussi et surtout, appris :
que la France avait perdu, l’année dernière, 250.000 emplois salariés, record absolu depuis la guerre,
que notre déficit commercial dépassait les 24 milliards, autre record,
que le prix de l’électricité allait augmenter,
que ceux des assurances allaient en faire autant,
que les quatre suspects arrêtés à Grenoble après les incidents que l’on sait avaient tous été relâchés, faute de preuve,
et que, d’après un rapport du Sénat, la gestion de la fameuse grippe H1N1 avait été encore plus catastrophique qu’on ne l’avait cru.
Cela fait tout de même beaucoup de très mauvaises nouvelles, coup sur coup, au réveil !
Et si l’on veut bien récapituler, cela prouve que Sarkozy a été totalement incapable de gérer la crise, que ses plans de pseudo « relance » n’ont servi à rien, que notre compétitivité continue à s’effondrer, que la pseudo « rigueur » (qui ne veut pas dire son nom) va coûter très cher aux Français, que le grand spectacle qu’on nous offre à propos de la sécurité n’est qu’une farce pour gogos et, accessoirement, qu’un des ministres « phares » du gouvernement, Roselyne Bachelot, est totalement inapte et soumise aux volontés des grands laboratoires.
Bien sûr, il n’y a rien de très nouveau dans tout cela. Quoi qu’on puisse leur raconter, les Français savent parfaitement que le chômage augmente, que la dette s’accroît, que leur pouvoir d’achat diminue et que nos ministres sont ridicules en s’imaginant que leur autosatisfaction, leurs déclarations tonitruantes et leurs communiqués de victoire, aussi bien à propos de la reprise qu’à propos de la dette, de la lutte contre la délinquance ou de la grippe, suffiront à redresser la situation et à nous rassurer.
Sarkozy a visiblement décidé de ne plus nous parler « que » de la sécurité. Plus un mot sur le chômage, les déficits, la dette, le niveau de vie. On comprend d’ailleurs qu’il aime autant désormais éviter ces sujets. Le chef de l’Etat est redevenu « le premier flic de France » et pense qu’en ayant endossé sa plus belle tenue de CRS, il va pouvoir se faire réélire. La libération des quatre petits loubards de Grenoble (qui fait rigoler la France entière et notamment dans les quartiers « difficiles ») démontre qu’il fait fausse route en croyant que des opérations policières menées à grands renforts de publicité, sous l’œil de toutes les caméras convoquées, serviront à quelque chose.
Cela dit, sur sa petite bicyclette, il parait qu’il était content de lui, ce matin. Un sondage –il est vrai publié par Le Figaro- révèle, en effet, que 80% des Français approuvent son idée, idiote et contraire à la Constitution, de déchoir de leur nationalité les Français naturalisés ayant commis de graves délits et que 55% de ces mêmes Français sont favorables à ce qu’on envoie en prison les parents des délinquants mineurs en fuite. Tout en pédalant, Sarkozy s’imaginait donc qu’il avait misé sur le bon cheval, même s’il s’agissait d’un vieux cheval de retour.
Seulement voilà… si les Français souhaitent qu’on déclare « la guerre » à la délinquance c’est précisément parce qu’ils trouvent que, depuis quelques années, « le pouvoir » n’a pas su prendre les mesures qui s’imposaient pour faire face à l’aggravation de l’insécurité. Or, depuis quelques années, le pouvoir en question chargé de la sécurité c’est Sarkozy lui même.
Ce que Sarkozy semble ne pas comprendre c’est qu’il ne peut plus nous faire des promesses sur des lendemains enchanteurs, nous annoncer des plans sur ceci ou cela, nous dire qu’il a des idées pour tout changer, qu’avec lui çà va être « la rupture ». Il nous l’a déjà dit et nous avons déjà donné.
Il ne peut plus jouer les bateleurs sur l’estrade avec des programmes mirifiques. En 2012, il ne va pas être jugé sur son programme mais sur son… bilan. Et si jamais il a écouté les nouvelles, ce matin, il aurait du comprendre pourquoi il descendait aussi vite en roue libre la pente (des sondages).

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