Drazig, fidèle lecteur de ce modeste blog, n’est pas d’accord avec mon commentaire d’hier sur les événements de Grenoble et du Loir-et-Cher.

Je remarquais que ces déchaînements de violences (totalement inadmissibles) faisaient suite à la mort de deux hommes. Certes, l’un était un voyou qui avait, depuis longtemps déjà, basculé dans la grande criminalité et venait de braquer un casino et l’autre avait refusé de s’arrêter à un barrage de gendarmerie sur la route. Et je me demandais si la police, dans un cas, la gendarmerie, dans l’autre, n’avaient pas un peu rapidement dégainé et ouvert le feu. Et si ces deux « incidents » ne correspondaient pas à de nouvelles instructions données par Brice Hortefeux.

Visiblement furieux, Drazig me suggère d’aller « border chaque soir ces individus ». Il m’a mal compris ou, plutôt, j’ai du mal m’expliquer.
A mon sens, braquer un casino ou forcer un barrage routier ne devrait pas mériter la peine de mort. Les policiers et les gendarmes ont appris à immobiliser un délinquant fuyard en tirant dans les pneus de sa voiture ou dans ses jambes quand il court. Un membre des forces de l’ordre ne tire pas une balle dans la tête d’un homme, même d’un criminel, quelles que soient les circonstances. C’est ce qu’on appelle pudiquement « une bavure ». Et c’est inadmissible dans un Etat de droit. Là, nous avons eu droit à deux « bavures », coup sur coup.

Mais il y a plus grave.
Il serait grand temps d’ouvrir les yeux et d’admettre qu’il y a, depuis des années, une cassure très profonde entre les forces de l’ordre et les populations dites « défavorisées » qui vivent dans les cités de non-droit et qui cumulent tous les handicaps. Ils sont issus de l’immigration, chômeurs, sans aucune formation, etc.

Ils reconnaissent eux même avoir « la haine » pour tout ce qui représente une société et un Etat qui les auraient rejetés dans leurs ghettos de misère. Et les policiers, de leur coté, n’hésitent plus à parler « de guerre » entre eux et les jeunes de ces communautés.

Dès lors, la moindre « bavure » provoque, évidemment, un réflexe communautaire qui entraîne un début d’insurrection. A leurs yeux, leur « frère » a été « assassiné » parce qu’il était un immigré (ou un gitan). Et il est vrai que la police et la gendarmerie abattent rarement des braqueurs ou des forceurs de barrage… « blancs de souche ».

Ces deux incidents révèlent, d’abord, l’inexpérience de nos forces de l’ordre. En ouvrant le feu, les deux tireurs se sont, sans doute, affolés. Ce n’est pas excusable.

Mais, beaucoup plus grave, ce qui s’est passé à Grenoble et dans le Loir-et-Cher révèle aussi (une fois de plus) que nous avons, au sein de notre pays, des pans entiers de notre population qui se considèrent (et sont, il faut bien le reconnaître) victimes du système, des autres, de l’Etat. Quel que soit le crime ou le délit commis par leur congénère –qu’il ait braqué un casino ou forcé un barrage- ils se sentiront toujours solidaires avec lui, frères dans le malheur et prêts à le venger.

Dans quelques jours, tout le monde aura oublié ces incidents de Grenoble et du Loir-et-Cher et, dans trois ou quatre ans, nous aurons sans doute les résultats des enquêtes qui nous diront si les policiers et les gendarmes étaient, ou non, en état de légitime défense.
Mais ce qu’il faudrait surtout c’est que nos politiciens prennent enfin conscience du danger que représentent ces communautés d’exclus. Il faut combattre « la peste communautariste ».

Contrairement à ce que pense l’ami Drazig, je n’ai pas envie d’aller « border chaque soir ces individus ». Mais j’ai encore moins envie que, dans mon pays, chaque fois que la police interpelle un délinquant Arabe tous les Arabes de France soient convaincus qu’il s’agit d’une injustice raciste et se sentent solidaires avec lui.

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