Sous le titre évocateur « Le haras qui rit de Florence Woerth », l’Express.fr publie aujourd’hui une épouvantable enquête sur l’écurie de course de Florence Woerth.

A la lire, on se dit qu’il est plus la peine de chercher des preuves, des témoignages, des détails pour prouver la culpabilité du ministre du Travail. Tout y est. Les magouilles, les combines, les lois de complaisance, les petits services rendus aux grosses fortunes, les liens incestueux entre le pouvoir politique et les milliardaires.

C’est, en effet, au « Karcher » qu’il faut nous débarrasser de ces « racailles ». On sait maintenant que les Ecuries d’Augias sont à Chantilly.
Florence Woerth a donc créé en 2008 une société « Ecurie Dam’s » dont les actionnaires, exclusivement des femmes, achètent des parts de chevaux de course. Jusqu’à là, rien à dire.

« Ecurie Dam’s » compte une trentaine d’actionnaires et ces dames sont plutôt élégantes. On reconnaît parmi elles Caroline Guerrand-Hermès, héritière d’Hermès (Florence Woerth vient d’entrer au conseil de surveillance de la maison), Réjane Lacoste, femme du « crocodile », Emmanuelle Bour-Poitrinal, sœur du leader européen de l’immobilier de bureau, Marie-Caroline Giral, fille de l’un des grands patrons du BTP, Françoise Kron, femme du PDG d’Alstom, etc Beaucoup de gens qu’on avait entraperçus à la fameuse soirée du Fouquet’s. Là encore, rien à dire.

Mais les choses franchissent vite la ligne jaune.
On sait que la fameuse loi TEPA, présentée, en partie, par un ministre du Budget qui s’appelait Eric Woerth, a non seulement abaissé le bouclier fiscal à 50% des revenus mais aussi accordé aux redevables de l’ISF la possibilité d’investir dans des PME en réduisant d’autant (en fait de 75%) leur ISF. Excellente idée qui aurait dû permettre aux PME (gisement essentiel pour l’emploi) de trouver les fonds qui leur manquent pour se développer. Hélas, l’idée n’a guère en de succès.

Or, grâce à une entourloupe signée Eric Woerth, les écuries de course (de groupe) sont considérées comme des… PME ! On peut donc s’offrir un morceau de cheval et réduire son ISF.

La première banque à avoir vu, dès 2007, le filon fut la Banque privée 1818 qui gère un certain nombre de très grosses fortunes et… où travaillait alors Florence Woerth. Merci, Chéri ! Un an plus tard, l’épouse du ministre du Budget était embauchée chez Clymène, le gestionnaire de Liliane Bettencourt et elle créait « Ecurie Dam’s ».
Et ce n’est pas tout.

Eric Woerth a aussi fait adopter une « Loi sur les jeux et les paris sportifs en ligne ». Il s’agissait de faire face au développement de l’Internet et à la concurrence des sites de paris étrangers. Très bien.

Mais cette loi avantage considérablement « France Galop » (présidé par Edouard de Rothschild) et sa filiale le PMU. Le PMU garde son monopole sur les paris « papier » et la taxe sur ces paris papier a été abaissée de 11,5% à 7,5% (100 millions perdus pour l’Etat), les opérateurs en ligne devront verser à « France Galop » une redevance de 9% du montant des paris, le PMU pourra proposer toutes sortes de paris sportifs en ligne, etc.

Or, Florence Woerth faisait partie… du conseil d’administration de « France Galop », dont le nouveau directeur général n’est autre qu’Hubert Monzat, ancien membre du cabinet de Woerth à Bercy. A « France Galop » il vient de succéder à Emmanuelle Bour-Poitrinal, actionnaire de l’« Ecurie Dam’s ».
L’Express rappelle alors que Bertrand Bélinguier, ancien PDG du PMU et époux d’une actionnaire de « Ecurie Dam’s », vient, lui, de prendre la direction de la « Fédération française des entreprises de jeux en ligne » laquelle regroupe le PMU (donc filiale de « France Galop »), « EurosportBet » (du groupe… Bouygues), les « Casinos Barrière » (présidés par Dominique Desseigne, patron du… Fouquet’s). Et que vont bientôt en faire partie « Betlic » (qui appartient à… Stéphane Courbi et dont l’actionnaire de référence est… Alain Minc) et PokerStars (dont le patron n’est autre… qu’Alexandre Balkany, fils de…).

Tout cela rappelle à la fois Ubu Roi et Arturo Ui. Ca finira mal.

En dévoilant toutes ces turpitudes, L’Express de Christophe Barbier (pourtant un proche de Sarkozy et de Carla) va-t-il être accusé à son tour de faire le jeu du Front National avec des méthodes fascisto-trotskistes ?

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