Brice Hortefeux a décidé que la police ne publierait plus le nombre des voitures incendiées au lendemain des week-ends un peu « chauds ». Officiellement, c’est pour éviter qu’il y ait une sorte de compétition entre les bandes rivales des loubards de banlieue.

On peut, naturellement, se demander si ce n’est pas surtout pour dissimuler l’augmentation de la délinquance dans les cités de non-droit et, par là même, l’inefficacité de la politique que mène le ministre de l’Intérieur.
La prochaine étape sera sans doute de ne plus publier le nombre des braquages de banque et de bijouterie afin de ne pas inciter les truands à vouloir faire aussi bien si ce n’est mieux que leurs « confrères ».

Cette décision est absurde et scandaleuse.
Absurde, parce que cette censure va, évidemment, pousser l’opinion à s’imaginer que ces incendies de voitures augmentent dans des proportions considérables. Scandaleuse, parce que les Français ont le droit de savoir ce qui se passe dans leur propre pays.

La protection des personnes et des biens fait partie des droits (et des devoirs) régaliens de l’Etat. De plus, la sécurité a toujours été le thème de prédilection (et de campagne) de l’actuel président de la République et est, bien sûr, l’une des toutes premières préoccupations des Français.
En même temps, les banlieues « difficiles » sont l’une des plaies de notre pays. Ces « ghettos de misère » sont le résultat de toutes les erreurs des gouvernements successifs, depuis des décennies, aussi bien en ce qui concerne la politique de l’immigration que celles de la formation, de l’emploi, de l’urbanisation ou des transports.

Le candidat Nicolas Sarkozy nous avait promis la « tolérance zéro » en matière de délinquance. Il s’était même, maladroitement, engagé à « nettoyer au Karcher la racaille » qui pourrit la vie des habitants de ces quartiers.
Mieux, il avait promis de lancer un vaste « Plan Marshall » pour réhabiliter ces zones et donner un espoir –c’est-à-dire un avenir- à ces centaines de milliers de jeunes généralement issus de l’immigration et qui n’ont, pour l’instant, devant eux que l’assistanat ou la délinquance. Fadela Amara était chargée de mettre en place ce vaste plan. On ne parle plus d’elle que pour évoquer l’appartement de fonction qu’elle prête à ses amis.

Bref, là encore, les promesses de 2007 n’ont pas été tenues. Pas plus de Karcher ou de Plan Marshall que de travail pour « gagner plus ».
Les voitures qui brûlent tous les week-end dans ces « îlots de la honte » sont le symptôme d’une catastrophe annoncée. Il est dérisoire et irresponsable de vouloir « casser le thermomètre ».

Alors que s’ouvre déjà la campagne des présidentielles de 2012, « le meilleur ami de Sarkozy » veut cacher aux Français les échecs de la politique sécuritaire. Le ministre du Travail (qui a bien des problèmes personnels en ce moment) va-t-il interdire la publication des chiffres du chômage ?

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