Bernard Girard auquel rien n’échappe a déniché, ce matin, un article de « La Tribune de Genève » qui vaut son pesant de moutarde.

Ce quotidien suisse à la réputation de grand sérieux affirme, en effet, que Florence Woerth, qui a longtemps cumulé les fonctions d’épouse du ministre du Budget et de gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, était une « cliente assidue de l’Hôtel d’Angleterre », un des meilleurs palaces des bords du lac, et que le couple Woerth doit s’attendre à connaître la tempête d’un… « Genèvegate ». Et ce n’est pas tout, le journal ajoute qu’il y a deux ans « on » a procédé à un transfert de 280 millions au bénéfice de Liliane Bettencourt chez UBS Genève.

Naturellement, tout le monde a parfaitement le droit d’apprécier la douceur, le confort et le calme du lac de Genève qui doit sembler bien reposant après l’ambiance fétide des coulisses de notre vie politique.

Florence Woerth aime, peut-être, d’ailleurs, les chocolats. Ce serait parfaitement son droit. Elle allait, peut-être aussi, acheter des cigares chez Davidoff pour un collègue de son mari. Ou de belles montres pour les offrir à Julien Dray. On ne sait pas.

Ce qu’on sait, en revanche, maintenant c’est qu’elle était totalement inconsciente. Il y a beaucoup de lacs où se prélasser, le lac d’Annecy, le lac du Bourget, le lac des Settons, le lac du Bois de Boulogne et même le lac Titicaca. Mais la femme d’un ministre du Budget ne va pas « assidûment » sur les bords du lac de Genève, un lac qui pue le fric, les comptes numérotés et le blanchiment d’argent.
Cette inconscience est, en fait, terriblement révélatrice de l’impunité dont « ces gens » se croyaient assurés.

Et les 280 millions de Liliane Bettencourt, qui les a virés chez USB ? Sûrement quelqu’un qui s’occupait de la gestion de la fortune de Liliane.
On pourra toujours nous dire que c’est à la demande de son mari que Florence Woerth allait si souvent à l’Hôtel d’Angleterre pour essayer de repérer des Français ayant des comptes en Suisse. Car c’était justement l’époque où le mari tentait de monnayer avec les autorités helvétiques des listes de Français pratiquant l’odieuse évasion fiscale. Mais çà, on ne le croira pas.

On espère simplement que Bernard Girard va maintenant se mettre à la lecture quotidienne du « Journal du Luxembourg », de « La Gazette du Lichtenstein » et de « L’Echo ses îles Vierges ».

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