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Sarkozy: une erreur impardonnable et une vérité d’évidence

Hier, à Grenoble, Sarkozy a fait une erreur impardonnable et énoncé une vérité d’évidence.

L’erreur impardonnable c’est, bien sûr, d’avoir mélangé les problèmes de sécurité avec ceux de l’immigration. L’évidence c’est, bien sûr, d’avoir reconnu que notre politique d’immigration était catastrophique et ce depuis des décennies.
Personne ne conteste –même s’il est, en principe, interdit par la loi de le dire- que les immigrés ou les fils d’immigrés, voire les petits-fils d’immigrés sont plus souvent délinquants et criminels, que les Français « de souche ». Les immigrés sont surreprésentés dans les boxes de nos tribunaux, surreprésentés dans nos prisons.

Mais s’ils sont ainsi plus délinquants ou criminels que les autres ce n’est pas parce qu’ils sont basanés ou noirs de peau, musulmans ou animistes, originaires du Maghreb ou d’Afrique noire mais parce qu’ils sont aussi surreprésentés parmi les illettrés, les sans-formation, les chômeurs, les habitants des quartiers de non-droit, les exclus. Cela n’excuse en rien la délinquance ou la criminalité, mais cela l’explique, évidemment.

Qu’un chef d’Etat ait ainsi l’air d’affirmer que la délinquance augmente par la faute des immigrés, sans préciser dans quelles conditions vivent nos immigrés, est inadmissible. C’est tout simplement de la xénophobie, du racisme et stigmatiser de la sorte une partie de notre population est irresponsable.
On peut parler « des délinquants » et les dénoncer mais on ne peut pas parler de la même manière « des jeunes », « des Gens du voyage », « des étrangers », « des immigrés », en les mettant tous dans le même sac et en les désignant à la vindicte populaire. Même pour récupérer quelques voix du Font National qu’on avait su capter en 2007 et qui sont, de toute évidence, reparties depuis.

Cela dit, Sarkozy a tout à fait raison quand il dit que notre politique d’immigration est mauvaise depuis des décennies.
L’ennui c’est qu’il en est le responsable depuis huit ans, d’abord en tant que ministre de l’Intérieur, puis en tant que président de la République.
L’immigration est, sans aucun doute, l’un des grands thèmes de débat dans notre société et le sujet sur lequel nos dirigeants politiques, toutes étiquettes confondues, nous ont le plus menti.

Il est vrai qu’on confond tout. Les étrangers, les immigrés (qui peuvent être ou étrangers ou français), les immigrés de la deuxième ou de la troisième génération (ce qui est absurde puisque ce sont leurs pères ou leurs grands-pères qui ont immigré, pas eux).
Cela permet de jouer sur les chiffres et de nous raconter qu’il n’y a pas plus d’immigrés aujourd’hui en France qu’il y a trente ans. Mais, là, on ne nous parler que des immigrés étrangers. Or, comme nous naturalisons plus de 120.000 étrangers par an, cela veut dire que plus de 120.000 étrangers supplémentaires s’installent (officiellement) tous les ans en France. 1.200.000 en dix ans.

Et ces chiffres sont, bien sûr sous-évalués et ne tiennent, naturellement pas compte des 6 à 700.000 clandestins qu’on peut repérer par la présence de leurs enfants dans nos écoles ou leurs demandes de soins dans nos hôpitaux.
On nous dit que nous n’avons pas dépassé le « seuil de tolérance » que François Mitterrand avait lui même fixé à 10%. Ce « seuil de tolérance » (des seuls immigrés étrangers) calculé sur l’ensemble du territoire est évidemment absurde. Les habitants de la Lozère ou de la Creuse n’ont jamais vu de leurs yeux un immigré alors que les immigrés sont largement majoritaires dans certaines régions de la Seine-Saint-Denis ou des Bouches-du-Rhône où ils sont donc devenus… « intolérables ».

Les experts estiment que la France compte plus de 10 millions d’habitants « issus de l’immigration », devenus français ou toujours étrangers, de la première ou de la deuxième génération (et donc français pour ces derniers). C’est beaucoup.
Ce qui est grave et à l’origine de tous les problèmes d’aujourd’hui –Sarkozy a eu raison de le souligner- c’est que les « enfants de l’immigration », nés en France et donc français, n’ayant jamais mis les pieds ni au Maghreb ni en Afrique noire, « se sentent beaucoup moins français que ne se sentaient leurs parents ».

Pourquoi ? Tout simplement parce que, depuis vingt ou trente ans, nous avons radicalement changé de politique d’immigration.
Autrefois, nous accueillions des Polonais, des Belges, des Italiens, des Espagnols, des Portugais et nous les « assimilions » c’est-à-dire qu’en deux générations, grâce à l’école, au service militaire, aux syndicats, à l’Etat, nous en faisions des « Français à part entière ».
Aujourd’hui, au nom d’on ne sait trop quel « respect des différences », nous nous refusons à pratiquer l’« assimilation » (qui est devenue un mot maudit) et nous nous contentons de tenter de faire de l’« intégration », c’est-à-dire que nous créons des « Français à part ».

L’assimilation c’est prendre un individu et l’assimiler à la société française, l’intégration c’est accepter une communauté, avec ses particularités, ses différences, et l’intégrer au sein d’autres communautés qui composent la population française.
On nous dit qu’il était plus facile d’assimiler des Polonais ou des Italiens, de culture européenne, généralement chrétiens, que d’assimiler des Kabyles musulmans ou des Bambaras animistes. Sans aucun doute. Mais ce sont précisément ces différences de cultures, de religions, de modes de vie qui auraient du nous obliger à continuer à pratiquer l’assimilation.

Avec l’intégration, ce pseudo respect des différences, nous avons créé des communautés, des ghettos qui ne peuvent que conduire à l’affrontement, à la guerre civile et qui font que les enfants de la deuxième génération se sentent exclus, hors de notre société, rejetés et qu’ils sifflent La Marseillaise.
En même temps qu’ils faisaient (sans doute par « repentance ») cette erreur fondamentale en passant de l’assimilation à l’intégration, nos hommes politiques nous ont menti effrontément.

Les uns en nous racontant que l’immigration était « une chance pour la France » car elle nous enrichissait sur le plan culturel. Certes, le Maghreb et l’Afrique noire ont eu, jadis, des cultures intéressantes. Mais l’immigré est, par définition, un malheureux sans culture qui arrive, à la recherche d’une survie, avec son baluchon vide de tout trésor culturel.

Et d’ailleurs, même si les « Arts premiers » sont à la mode depuis quelques années, il faudra bien un jour avoir la lucidité de reconnaître que la culture occidentale qui a donné naissance à Descartes, Voltaire, Goethe, Shakespeare, Mozart, Dante, Beethoven, Pasteur ou Einstein (et à la démocratie) est infiniment plus riche que tous les trésors de l’art nègre.

Les autres en prônant une « immigration zéro ». Là encore, il s’agit d’une imposture. Le XXIème siècle sera, évidemment, celui des plus grandes translations de populations que notre planète n’a jamais connues. Le Sud va envahir le Nord, l’Est va déferler vers l’Ouest. Ils sont trop pauvres, nous sommes trop riches. Ils viendront à pied, à la nage, en s’accrochant aux roues de nos avions. Et quels que soient nos règlements, nos barrages, nos fils de fer barbelés.

L’immigration va donc être « le » grand problème de ce siècle qui commence, pour les pays comme le notre. Giscard a eu raison, il y a 35 ans, de parler d’« invasion ». Mais pour y faire face, il a eu l’idée… du « regroupement familial ». Une bien mauvaise idée.
Quelles bonnes idées pourrait avoir Sarkozy puisqu’il semble vouloir s’attaquer au problème ?
D’abord, reconnaître l’inévitable. L’invasion va continuer, s’amplifier.

Ensuite, ne pas se raconter d’histoire. L’« immigration choisie » qu’il prône est un enfantillage. On ne choisit pas ses envahisseurs. Ce ne sont pas les informaticiens, les médecins, les ingénieurs diplômés qui veulent émigrer en masse. Ceux-là, ils peuvent, éventuellement, trouver du travail chez eux et en tous les cas ils ne posent aucun problème. Ceux qui vont débarquer ce sont les paysans misérables auxquels le désert et la sécheresse ont volé la terre et les affamés de tous bidonvilles du Tiers-monde.

Alors ? Eh bien, pour être fidèles, de gré ou de force, à notre tradition de « terre d’accueil » et de « terre de toutes les libertés », il faut, sans aucun doute, en revenir à notre politique d’assimilation pour ceux qui veulent se fixer à jamais dans notre pays et instaurer un statut de « résidant temporaire » pour ceux qui ne veulent pas respecter nos lois, nos traditions, notre culture et qui, alors, bien sûr, ne pourront pas bénéficier de tous les avantages qu’offre notre système.

Il faut en finir avec la notion beaucoup trop floue d’immigré. On est français ou on est étranger. Les Français ont tous les droits. Pas les étrangers.
Et il est évident qu’on ne peut plus attribuer la nationalité française dans des pochettes surprises. Le « droit du sol » n’a plus aucun sens aujourd’hui, à l’heure de la mondialisation et des transports aériens de masse. La « naturalisation par mariage » est absurde quand plus de 50% des mariés divorcent.

Bref, il faudrait tout remettre à plat et imaginer une véritable politique d’immigration du XXIème siècle. C’est sans doute plus urgent encore que la réforme des retraites. Mais il y faudrait de la réflexion, de la concertation, du consensus et il faudrait surtout éviter toutes arrière-pensées électoralistes.
Autant dire qu’on imagine mal Sarkozy menant à bien une telle révolution.

31 Juil 2010 | Comments (5)

Sarkozy de Nagy-Bocsa a des problèmes avec la nationalité

Il devient fou ! Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, fils d’un immigré hongrois et mari d’une immigrée italienne naturalisée il y a deux ans, considère que les Français « de fraîche date » ne sont pas des Français comme les autres. Un comble !

En visite aujourd’hui à Grenoble pour y installer le nouveau préfet de l’Isère (encore un policier, à croire que le président de la République veut vraiment faire de son régime un « régime policier » et qu’il confond désormais « préfecture » et « préfecture de police ») Nicolas Sarkozy a déclaré textuellement : « Nous allons retirer la nationalité française à toute personne d’origine étrangère qui aura volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique » Et d’ajouter : « Je prends mes responsabilités ».

Ce n’est pas la première fois que Sarkozy évoque cette idée. Mais, cette fois, il persiste et signe. C’est totalement irresponsable.
D’abord, pourquoi épargner les assassins d’enfants, de vieilles dames ou les tueurs en série ? Ce n’est pas « bien » de tuer un policier mais ce n’est pas mieux de massacrer des gosses, des vieillards et d’être multirécidiviste.

Ensuite, pourquoi ne pas déchoir aussi de leur nationalité française tout français « de souche » ayant tué volontairement un policier ? Le crime étant le même, le châtiment devrait être le même.
Mais là n’est pas le problème.

Le problème de Sarkozy de Nagy-Bocsa est son rapport avec la nationalité française. On l’avait bien vu lorsqu’il avait lancé, avec son complice Besson, l’idiote opération « Nationalité française », comme s’il ne savait pas lui-même ce que c’était que d’être français et qu’il lui fallait organiser ainsi une enquête à travers le pays pour le découvrir.
Il nous dit aujourd’hui qu’« il faut être digne d’être français pour être français ». C’est absurde. Combien de Français « de souche » sont-ils vraiment « dignes d’être français » ?

Etre français ce n’est pas une dignité. C’est sans doute une chance, peut-être un hasard, en tous les cas un état civil.
En voulant retirer la nationalité française à certains, même s’il s’agit de criminels, Sarkozy modifie radicalement le principe même de la naturalisation en faisant de ces Français « d’origine étrangère » des Français « à l’essai », en CDD, pouvant perdre cette nationalité. Comment imaginer alors leur intégration, leur assimilation puisqu’il leur « suffira » de tuer un policier pour ne plus être français.

On ne joue pas avec le principe de la nationalité. Pétain (qui lui aussi avait remplacé les préfets par des policiers et s’en était pris aux Gens du voyage) l’avait fait, il n’a pas laissé une bonne image.

Sarkozy est depuis huit ans « l’homme de la sécurité » puisqu’il s’est fait connaître et a conquis son électorat en tant que ministre de l’Intérieur. Aujourd’hui, il est bien obligé de reconnaître son échec devant la recrudescence des crimes et des délits. Alors pour préparer 2012, il force le trait. Sus aux jeunes des banlieues ! Sus aux Gens du voyage ! Sus aux étrangers ! A quand les Juifs, les Francs-maçons, les homosexuels ?

On veut espérer que cette dérive scandaleuse ne lui permettra pas de regagner quelques points dans les sondages.

30 Juil 2010 | Comments (8)

Les Savoyards en ont marre

Ce n’est qu’un sondage comme il y en a beaucoup d’autres mais qui, lui, est diablement révélateur. 48% des habitants de la Savoie et de la Haute-Savoie seraient ravis de ne plus être français et de devenir suisses.

A l’origine de cette enquête d’opinion il y a la proposition d’un député suisse, Dominique Baettig, membre de l’Union démocratique du centre, le parti populiste majoritaire au parlement de Berne. Baettig rêve d’une « Grande Suisse » qui regrouperait dans la Confédération helvétique le Vorarlberg autrichien, le Bade-Wurtemberg allemand, Côme-Varèse italien et les deux départements de Savoie français.

A Berne, tout le monde a souri de l’idée farfelue de Baettig mais des sondages ont tout de même été faits dans les régions qu’il souhaiterait « annexer » et 52% des Autrichiens du Vorarlberg et des Italiens de Côme-Varèse et 48% des Allemands du Bade-Wurtemberg et des Français des deux Savoie se sont prononcés en faveur d’un rattachement de leur région à la Suisse. Il n’y a donc pas que les milliardaires qui rêvent d’aller s’installer en Suisse.

Les raisons invoquées par les Savoyards sont particulièrement intéressantes à observer et d’autant plus que les deux Savoie sont parmi les départements les plus heureux ou du moins les moins malheureux de France si l’on s’en tient aux chiffres du chômage, à la moyenne des revenus, aux infrastructures ou au nombre des établissements scolaires ou hospitaliers.

Si, comme les autres frontaliers interrogés, ils notent que la Suisse n’a pas de dette, très peu de chômage et que tout y fonctionne bien, les Savoyards insistent surtout sur le fait que « La Suisse est une vraie démocratie où l’Etat ne persécute pas les citoyens ».
Certains vont jusqu’à dire : « Nous en avons marre de ce personnel politique qui se croit tout permis et nous méprise et de cette administration pléthorique, incapable et tatillonne ».

Que 48% des Savoyards -qui ne sont français que depuis 1860 et qui, jadis, faisaient partie du même duché que Genève- rêvent de ne plus être français et de devenir citoyens de la Confédération helvétique est révélateur de ce qu’on appelle « le malaise français ».

Mais on peut aussi se demander quel est le pourcentage de Français qui, dans tous les autres départements, rêvent à un autre personnel politique et à un autre Etat. Ils ne pensent pas à devenir suisses mais ils se réfugient dans l’abstention et sont tentés par tous les extrémistes. Au lieu de s’occuper des Gens du voyage, Nicolas Sarkozy ferait mieux de se préoccuper de ces Français-là.

30 Juil 2010 | Comments (5)

Les Sarkozy n’ont pas de talent

Tout le monde avait été choqué quand on avait appris que Carla Bruni-Sarkozy, après avoir été top model et chanteuse sans voix, allait se lancer dans une carrière cinématographique et jouer un (petit) rôle dans le nouveau film de Woody Allen, « Midnight in Paris ».
Aux yeux des Français, ce n’était pas là la place d’une « première dame de France » et il était évident que l’épouse du président de la République, totalement inconsciente de la fonction qu’elle se doit de remplir, était tombée dans un piège que lui avait cruellement tendu Woody Allen.

Le tournage a commencé hier. La première scène de Carla Bruni était facile. C’était une scène muette. La « star » devait simplement acheter une baguette de pain dans une épicerie d’une petite rue du 5ème arrondissement. La rue avait naturellement été coupée à la circulation et les gardes du corps étaient nombreux.
Nicolas Sarkozy avait trouvé le temps d’être présent sur les lieux du tournage. Entre une réunion sur le terrorisme islamiste du Sahel au cours de laquelle on avait décidé des représailles à prendre contre les assassins de Michel Germaneau et une réunion au cours de laquelle on allait prendre des mesures contre les Gens du voyage rappelant les pires heures de l’occupation, le chef de l’Etat voulait encourager sa femme dans ses débuts cinématographiques.

Hélas, il a fallu refaire la scène… 35 fois ! La première dame de France était mauvaise comme un pou. Malgré les directives de Woody Allen et les conseils de Sarkozy, elle n’arrivait pas à acheter sa baguette de pain et surtout à ne pas regarder la caméra qui semblait la fasciner. Woody Allen rigolait de sa bonne blague et du visage déconfit de Sarkozy, Sarkozy qui trouvait sa femme excellente se désolait de l’intransigeance de Woody Allen.

La presse anglaise en fait, aujourd’hui, ses gorges chaudes et certains se demandent s’il n’y a pas maintenant une sorte de malédiction contre ce couple qui n’arrive pas à quitter la caméra des yeux et à faire croire en son rôle.

Depuis trois ans, Nicolas Sarkozy tente de jouer le rôle (difficile) d’un président de la République et répète inlassablement les mêmes répliques sur les bienfaits du travail, la lutte contre le chômage, la sortie de crise, son combat contre la délinquance, ses réformes. Mais personne n’y croit. Il faut indéfiniment recommencer les prises de vue.

Certains en sont arrivés à se demander s’il n’allait pas falloir appeler quelqu’un d’autre pour interpréter le rôle-titre de ce film « Présidence à Paris ». Woody Allen, lui, va sans doute couper les scènes où devait apparaître Carla.

29 Juil 2010 | Comments (4)

Le mari de Carla fait, lui aussi, du cinéma

Carla Bruni-Sarkozy a commencé à tourner le petit rôle que Woody Allen lui a accordé dans son nouveau film. Et son mari qui est accessoirement président de la République continue, lui, à faire du cinéma.

Aujourd’hui, à l’Elysée, il y avait à l’affiche : les Gens du voyage et les Islamistes du Sahel. Beau programme, varié et haut en couleurs !
On se demande, naturellement, quelle mouche a bien pu piquer Sarkozy pour qu’il décide d’ouvrir brutalement le dossier de ces Gens du voyage.
Un petit délinquant a forcé un barrage routier de la gendarmerie, il a été abattu par les gendarmes, ses amis ont saccagé plusieurs communes de environs. Une histoire de violences comme nous en connaissons beaucoup en ce moment. Mais comme le petit délinquant appartenait à la communauté des Gens du voyage, Sarkozy a décidé de frapper un grand coup. Il allait régler son compte à cette communauté de 4 à 500.000 personnes.

Personne ne conteste que ces Gens du voyage posent un problème d’intégration dans notre société. Ce sont des marginaux. En principe, même s’ils sont français, ils habitent des roulottes, ils n’ont pas de revenus bien précis, on les soupçonne de tous les larcins, on ne sait pas très bien d’où ils viennent. Roms, Romanichels, Tziganes, Gitans, on mélange tout.

Le petit délinquant à l’origine de ces événements habitait une maison « en dur », dans un petit village du Loir-et-Cher où sa famille est installée depuis deux générations et possède même une tombe dans le cimetière local. Des Gens du voyage qui ne voyageaient plus depuis longtemps. Mais qu’importe.
Sarkozy sait que les Gens du voyage ne sont pas populaires. Il a donc sauté sur l’occasion pour tenter de faire croire à l’opinion qu’il était toujours le grand spécialiste de la sécurité et de la protection des personnes et des biens et qu’il n’hésitait jamais, lui, à prendre les décisions « courageuses » qui s’imposaient.

L’avocat qu’il fut jadis a totalement oublié qu’en France et dans tout Etat de droit, « la peine ne peut être qu’individuelle ». Pas collective. Il veut sanctionner tous les Gens du voyage parce qu’un des leurs a forcé un barrage et qu’une poignée de ses amis ont vandalisé la région. Le même week-end, à Grenoble, c’était un truand arabe qui avait attaqué un casino et sa mort qui avait provoqué des violences. Va-t-il organiser aussi à l’Elysée une réunion pour prendre des mesures contre le comportement de certains Arabes et l’ensemble de cette communauté qui, elle aussi et à une toute autre échelle, pose des problèmes comme l’avait remarqué le ministre de l’Intérieur « Un, çà va, c’est quand ils sont plusieurs que çà pose des problèmes » (sic).
Ce qui est dérisoire dans l’attitude du chef de l’Etat c’est que chacun sait –lui le premier- que quelles que soient les décisions prises, elles n’auront évidemment aucun effet.

La police va faire évacuer quelques campements illégaux, on va demander aux communes de plus de 5.000 habitants de respecter la loi et donc d’aménager des espaces pour accueillir les Gens du voyage. Les « évacués » vont s’installer quelques centaines de mètres plus loin, et les communes vont rappeler qu’elles n’ont pas les moyens financiers d’aménager ces lieux d’accueil. Ajoutons que, pour la plupart, ces 4 ou 500.000 Gens du voyage sont français et que les autres sont des ressortissants de pays européens et ont donc le droit de circuler librement en France.

A moins d’imaginer une loi faisant obligation à chacun de se sédentariser, ce qui serait une atteinte à la liberté que condamnerait immédiatement le Conseil Constitutionnel, on ne voit pas comment on pourrait régler le problème des Gens du voyage.
Mais Sarkozy aura « fait son cinéma ».

Autre scène élyséenne du jour : les Islamistes du Sahel et les suites à donner à l’assassinat de Michel Germaneau.
La première des préoccupations est évidemment de tout faire pour que les Français n’accusent pas Sarkozy d’avoir provoqué la mort de notre otage en lançant son opération de commando ratée contre les rebelles.

L’Elysée s’est aperçu qu’il était absurde de continuer à raconter que Germaneau était « peut-être mort depuis plusieurs semaines ». Alors on s’entête à répéter que « les rebelles refusaient toute négociation » et qu’« ils n’avaient même pas fait connaître leurs exigences ». C’est tout aussi absurde. Il est évident que tous les preneurs d’otages veulent toujours obtenir quelque chose et qu’ils le font toujours savoir.

Il aurait été plus simple de reconnaître que les hommes de l’Aqmi exigeaient la libération d’un certain nombre de leurs amis détenus dans plusieurs prisons des pays de la région et que ces pays refusaient de libérer ces criminels qui avaient commis des assassinats chez eux.
Sarkozy veut maintenant châtier les assassins de Germaneau. « Ce crime ne restera pas impuni ». Il réunit donc les militaires et nos meilleurs spécialistes de nos services secrets. Pour faire quoi ? Pour attraper quelques dizaines de fanatiques islamistes qui, depuis des années, se baladent en toute impunité à travers des déserts plus immenses que l’Europe toute entière.

Certes, notre aviation pourra détruire quelques campements de nomades perdus dans les dunes en Mauritanie, au Mali, au Niger. Mais on ne saura jamais si les morts de ces raids aériens étaient des militants de l’Aqmi responsables de la mort de Germaneau et nous ouvririons ainsi une « mini guerre » dont les expatriés français (et les intérêts français) dans ces différents pays seraient les premières victimes.

Pendant des années, l’aviation française a pilonné, en vain, au nord du Tchad, les bandes de rebelles dirigés par Hissein Habré (qui avait, lui aussi, pris des otages français et en avait fusillé un) et finalement Habré est devenu président du Tchad et a été reçu avec tous les honneurs dus à un chef d’Etat à Paris.
Les « gesticulations » de Sarkozy sont ridicules, irresponsables.

Stigmatiser toute une communauté (contre laquelle on ne peut rien faire), annoncer des opérations de châtiment (contre des rebelles introuvables), ce sont des coups de menton qu’on peut faire devant une caméra pour un film de série B, mais pas quand on est chef d’Etat.

28 Juil 2010 | Comments (4)

Pourquoi nous racontent-ils n’importe quoi?

Il n’est sûrement pas facile d’expliquer l’échec d’une opération militaire et la mort d’un otage français tombé entre les mains d’une poignée de rebelles au fin fond du désert.
Et d’autant plus que -même si ces fanatiques de l’Amiq (Al Qaïda Maghreb Islamique) qui avaient déjà assassiné un otage britannique l’année dernière avaient menacé d’exécuter Michel Germaneau ce lundi- l’opinion française est maintenant convaincue que le malheureux Germaneau a été assassiné samedi par ses ravisseurs, précisément parce que Paris avait lancé contre eux, jeudi, cette opération de commando qui a échoué.

Sarkozy et Fillon nous disent, aujourd’hui, qu’ils ont décidé cette opération « de la dernier chance » pour libérer Germaneau, parce qu’ils pensaient que Germaneau était… « déjà mort depuis plusieurs semaines ». L’argument ne tient évidemment pas, tant il est absurde. D’ailleurs qu’est ce qui permettait à Sarkozy de penser que Germaneau était déjà mort puisqu’il nous affirme qu’il n’avait aucun contact avec les ravisseurs et que l’échec de l’opération de jeudi a démontré qu’il n’avait pas non plus le moindre renseignement sur les rebelles ?

On nous raconte n’importe quoi.

Pourquoi ne pas avouer que, convaincu que Germaneau allait être assassiné lundi, l’Elysée a décidé de tenter cette opération à grands risques et qui a malheureusement échoué.
Il faudrait d’ailleurs analyser les causes de cet échec. La raison essentielle est que les hommes de notre commando n’avaient pas les bons renseignements. Germaneau n’était pas avec le petit groupe qu’ils ont attaqué.

Autrefois, nous connaissions parfaitement toute cette région du Sahel. Nous avions d’anciens militaires qui avaient passé des années dans des postes perdus de ce désert, des missionnaires qui avaient, autour d’un point d’eau, créé de modestes dispensaires et qui y avaient vécu pendant des décennies. Les uns et les autres parlaient les langues locales, connaissaient les tribus, leurs rivalités, leurs chefs. Ils pouvaient trouver les bons interlocuteurs, les intermédiaires et savaient négocier. Ces militaires et ces missionnaires ont disparu. On a tenté de les remplacer par les satellites qui survolent la région. Les satellites peuvent repérer trois chameaux mais ne peuvent pas en dire plus. Le Sahel est redevenu un immense mystère.

Sarkozy nous a dit : « Ce crime ne restera pas impuni ». Fillon nous a dit : « La France ne pratique pas la vengeance ». Ils auraient du se mettre d’accord. Va-t-on, oui ou non, punir les assassins de Germaneau pour le venger ?
Là encore, on nous raconte n’importe quoi.

L’aviation française peut, évidemment, envoyer trois avions qui pilonneront, en toute illégalité, quelques campements à l’est de la Mauritanie ou au nord du Mali et du Niger. M ais on ne saura jamais si ces campements étaient des bases de l’AQMI.
Au lendemain de l’attentat du Drakkar, à Beyrouth, qui avait fait 58 morts parmi nos parachutistes, l’aviation française du Clemenceau avait bombardé des camps aux environs de Baalbeck. Mais les renseignements étaient mauvais, il s’agissait de camps de réfugiés totalement désarmés.

La grande force des terroristes, même en plein désert, est qu’ils se confondent avec la population. Et que, « frapper dans le tas », c’est généralement frapper des civils totalement innocents et, bien sûr, provoquer un sentiment de haine.

Sarkozy a envoyé Kouchner à Nouakchott, Bamako et Niamey pour voir ce que la France pourrait faire « en matière de coopération militaire contre le terrorisme islamiste » avec les gouvernements mauritanien, malien et nigérien. Or, cela fait des années que ces gouvernements n’ont plus aucun contrôle sur leur pays en dehors de quelques grandes villes et que leurs maigres troupes, mal équipées, mal entraînées ont pour seule mission de protéger, dans la capitale, le président et son régime.

Comment imaginer sérieusement la moindre coopération militaire avec ces pays pour s’attaquer à un terrorisme islamiste qui, grâce à des solidarités de tribus et à une opposition larvée aux régimes en place, circule « comme un poisson dans l’eau » à travers cet immense désert ?
Pourquoi nous raconte-t-on autant de balivernes sur un sujet aussi grave ?

27 Juil 2010 | Comments (3)

Sarkozy et l’obsession de « faire des coups »

Les terroristes d’Al Qaïda Maghreb ont annoncé, ce dimanche soir, qu’ils venaient d’« exécuter » –« assassiner » aurait été plus exact- Michel Germaneau, l’otage français de 78 ans qu’ils avaient enlevé au Niger le 19 avril dernier. Et ils ont précisé que c’était « pour venger la mort de leurs six camarades tués au cours de l’opération lancée par l’armée française et l’armée mauritanienne, jeudi dernier ».

Ces terroristes qui avaient déjà assassiné un otage britannique, Edwin Dyer, l’année dernière, menaçaient, depuis plusieurs jours, d’exécuter Germaneau, ce lundi, si Paris n’obtenait pas la libération immédiate d’un certain nombre de membres d’Al Qaïda détenus dans des prisons de plusieurs pays de la région. On pouvait donc redouter le pire.

Cela dit, il ne fait aucun doute que l’opération absurde menée, la semaine dernière, par des éléments de notre service « Action » et des soldats mauritaniens n’a fait que précipiter le drame.

Samedi nous écrivions ici même : « Jamais, nulle part, aucun commando n’a réussi à libérer un otage perdu dans le désert ou dans la jungle et détenu par des rebelles fanatiques (…). Comment l’Etat-major français a-t-il pu accepter de monter une telle opération vouée évidemment à l’échec et qui (…) ne pouvait se terminer que par la mort de Germaneau ? (…) Quand il y va de la vie d’un homme, il est totalement irresponsable de jouer ainsi les Zorro »

Sarkozy porte une lourde responsabilité dans ce tragique dénouement. Son obsession de « faire des coups », son ignorance des dossiers, son refus d’écouter les vrais spécialistes l’ont poussé à donner l’ordre de lancer cette opération qui ne pouvait avoir que ces conséquences catastrophiques.
Les affaires de prise d’otage sont toujours particulièrement délicates. Il faut d’abord tenter de comprendre qui sont vraiment les preneurs d’otages, puis entrer en contact avec eux, écouter leurs revendications, discuter interminablement et, finalement et toujours, céder « a minima » pour récupérer le ou les otages.

Les opérations militaires ne peuvent se concevoir que si les preneurs d’otages et leurs prisonniers sont regroupés dans un endroit bien précis, que toutes les négociations ont échoué et qu’on peut redouter que les terroristes ne mettent leurs menaces à exécution dans les heures prochaines. C’est ce qui s’est passé à Entebbe ou dans la grotte d’Ouvéa.

Quand il s’agit d’un ou deux otages prisonniers de terroristes qui circulent en permanence dans le désert ou dans la jungle, l’opération de commando n’a aucune chance de réussir.
Un grand spécialiste de ce genre d’affaires avait l’habitude de dire : « Il faut, d’abord et avant tout, ne penser qu’à une chose : récupérer l’otage sain et sauf. Alors, il faut négocier, faire traîner les choses en longueur, puis céder, capituler, payer. Ce n’est qu’une fois qu’on a récupéré l’otage qu’on peut (et même qu’on doit) régler les comptes ». Et il ajoutait : « C’est toujours ce que nous avons fait, çà a toujours fonctionné. Mis à part le commandant Galopin au Tibesti en 1975, nous n’avons jamais eu un seul otage exécuté depuis plus de cinquante ans ».

Ici, tous les spécialistes savaient parfaitement que les terroristes qui s’étaient emparé de Michel Germaneau étaient des fanatiques d’Al Qaïda, fous furieux, prêts à tout (ils avaient déjà assassiné un otage), ayant déclaré la guerre à l’Occident chrétien et connaissant parfaitement leur immense désert. On ne pouvait donc que tenter de négocier avec eux.
A peine la mort de Germaneau était-elle annoncée, dimanche soir, que « les milieux proches de l’Elysée » commençaient déjà à nous raconter n’importe quoi.

Que Germaneau était « mort depuis plusieurs semaines ». Pourquoi alors avoir tenté une opération de commando, jeudi dernier ?
Que cette opération de jeudi avait été « une opération purement mauritanienne » à laquelle Paris s’était contenté d’« apporter un appui logistique ». A qui fera-t-on croire que c’est Nouakchott qui a voulu lancer une telle opération pour récupérer un otage français et que ce ne sont pas les Français qui ont tout dirigé ?

Que Paris n’a « jamais reçu la moindre revendication précise de la part de ceux qui détenaient Michel Germaneau ». Or, on nous disait encore, la semaine dernière, qu’Al Qaïda Maghreb exigeait la libération d’un certain nombre de leurs militants détenus dans des prisons de la région pour libérer Germaneau.

Cet otage inconnu, oublié, a été assassiné au fin fond du désert parce que les autorités françaises l’ont ignoré pendant des semaines et parce que le chef d’Etat a, en effet, soudain voulu faire « un coup ».

26 Juil 2010 | Comment (1)

Il est irresponsable de jouer les Zorro

La France a, depuis plus de trois mois, un « otage oublié », prisonnier quelque part dans le Sahel : Michel Germaneau, 78 ans, cardiaque, qui travaillait pour une organisation caritative au fin fond du Niger. On peut, naturellement, se demander ce que ce brave homme faisait, à son âge et dans son état physique, dans cette région du monde réputée particulièrement dangereuse. Mais la question n’est plus là.
On a très peu parlé de Germaneau jusqu’au jour où le président de la République lui-même a, lors de sa dernière interview sur France 2, évoqué son sort et les inquiétudes « brûlantes » qu’on pouvait avoir pour lui.
Michel Germaneau a été enlevé en avril dernier par l’AQMI, la branche maghrébine d’Al Qaïda dirigée par un Algérien, un certain Abdelhamdi Abou Zeïd qui opère au sud de l’Algérie, au Niger, au Mali et en Mauritanie.
En juin 2009, Abou Zeïd avait fait exécuter un Britannique, Edwin Dyer, qu’il détenait en otage depuis six mois et pour lequel il exigeait la libération d’un certain nombre de ses amis d’Al Qaïda Maghreb détenus dans plusieurs pays de la région.
Aujourd’hui, Abou Zeïd demande la libération de ces mêmes prisonniers en échange de la vie de Germaneau et de deux otages espagnols dont il s’est emparé. Et il menace d’exécuter Germaneau lundi prochain.
Jeudi dernier, l’armée mauritanienne et l’armée française ont lancé un raid, dans une région totalement désertique du Mali, sur un petit groupe de combattants d’Al Qaïda Maghreb qui, selon certains renseignements, détenait Germaneau. Le raid s’est soldé par la mort de sept hommes d’Al Qaïda Maghreb, mais Germaneau n’était pas là.
Il se trouve que les hasards de ma profession m’ont amené à vivre en première ligne une histoire parfaitement comparable. En 1975, j’étais en reportage au Tibesti à la recherche de Françoise Claustre qui avait été prise en otage un an plus tôt par des rebelles tchadiens dirigés alors par Hissein Habré (futur chef d’Etat éphémère du Tchad). A mon retour à Paris, après plusieurs semaines passées « en compagnie » d’Habré et de ses hommes, j’avais été reçu par « les plus hautes autorités de l’Etat » qui voulaient en savoir plus sur ces rebelles et nos otages, Françoise Claustre, Marc Combe et le commandant Galopin (un négociateur que Paris avait très imprudemment envoyé à Habré et qui avait été fusillé, ce que Paris faisait mine d’ignorer).
Giscard qui était alors président et Pierre Abelin, médiocre ministre de la Coopération chargé du dossier, voulaient lancer un commando (du 1er RPIMa de Bayonne) en plein Tibesti pour libérer Françoise Claustre et Marc Combe. Les militaires leur firent remarquer : 1) qu’il était très difficile de repérer un groupe d’une quinzaine d’hommes, particulièrement mobiles, en plein désert, 2) de jouer sur l’effet de surprise puisque le commando arriverait en hélicoptères, 3) qu’il était évident que, dès le début du combat, les rebelles exécuteraient Françoise Claustre et Marc Combe. Je leur donnais pleinement raison en leur rappelant le paysage du Tibesti, la détermination des rebelles et qu’Habré n’avait pas hésité à faire fusiller Galopin.
Giscard hésita longuement et eut finalement la sagesse d’annuler, au dernier moment, l’opération. (Françoise Claustre fut finalement libérée, de longs mois plus tard, grâce à une négociation avec Kadhafi. Marc Combe avait, lui, réussi à s’évader entre temps).
Jamais, nulle part, aucun commando n’a réussi à libérer un otage perdu dans le désert ou dans la jungle et détenu par des rebelles fanatiques. Ingrid Betancourt a été libérée par la ruse, grâce à une opération particulièrement audacieuse montée par les services secrets colombiens, pas par une opération militaire.
Comment l’Etat-major français a-t-il pu accepter de monter -qui plus est avec des troupes mauritaniennes- une telle opération vouée évidemment à l’échec et qui, si les renseignements recueillis par les Mauritaniens avaient été exacts, ne pouvait se terminer que par la mort de Germaneau ?
Depuis qu’il s’est attribué la libération des infirmières bulgares (libérées grâce à une négociation menée par Bruxelles) et d’Ingrid Betancourt (libérée par les hommes du président colombien) et qu’il a réussi à récupérer les charlots de l’Arche de Zoé et notre petite étudiante de Téhéran, Sarkozy aime à jouer les libérateurs d’otages. C’est son coté Zorro !
Mais quand il y va de la vie d’un homme, il est totalement irresponsable de jouer ainsi les Zorro.

24 Juil 2010 | Comment (1)

Eliminer les tristes guignols!

Les commentateurs de tout poil ont eu évidemment tort, lors du Mondial de football, de nous affirmer que les 23 joueurs sélectionnés de l’équipe de France représentaient, symbolisaient la société française telle qu’elle serait aujourd’hui.

Ces 23 joueurs professionnels, surpayés, évadés fiscaux, enfants gâtés d’un système devenu fou et généralement totalement incultes n’ont rien à voir avec les 65 millions de Français confrontés au chômage, à la baisse de leur revenu, à l’avenir plus qu’incertain et à une crise de confiance et de conscience probablement sans précédent.

Qu’ils aient été nuls sur le terrain, qu’ils se soient entredéchirés dans les vestiaires et qu’ils aient eu une attitude scandaleuse lors de leur entraînement ne concerne finalement que leur petit milieu faisandé et la Fédération Française de Football, même si quelques millions de Français ont sans doute été désolés et scandalisés par le spectacle de ces héros déchus du stade.

Cela dit, la décision du nouvel entraîneur d’éliminer ces 23 tristes guignols pour le prochain match est une merveilleuse nouvelle, un souffle nouveau. Enfin un type qui n’hésite pas à donner un grand coup de balai, à virer les mauvais, à mettre hors jeu ceux qui ont abusé de tout et de tous au-delà du tolérable. Cà fait plaisir à voir !

Et, bien sûr, on se remet à faire des comparaisons. Equipe de Domenech, équipe de Sarkozy.
Nos ministres, eux aussi, sont nuls sur le terrain (les résultats le prouvent), se croient tout permis (les « scandales» le démontrent), s’imaginent que leurs fonctions leur revient de droit et se conduisent, bien souvent, comme des pignoufs (de Christian Blanc à Woerth en passant par Estrosi et les autres).

Le chômage ne fait qu’augmenter, l’insécurité aussi, la société se lézarde de plus en plus, nos banlieues sont au bord de l’explosion, l’hôpital est en crise, l’école aussi, la rigueur va jeter dans la précarité des pans entiers de nos classes moyennes. La « rupture » se fait non pas avec les mauvaises habitudes du passé mais avec un système de protection sociale qui nous était plus indispensable que jamais pour faire face à la mondialisation devant laquelle nos responsables n’ont pas su nous préparer.

Bref, l’équipe de Sarkozy où l’incompétence le dispute à l’arrogance est, elle aussi, à balayer. Tous dans le même sac et le sac par-dessus bord !
Sarkozy aura-t-il le courage si ce n’est l’intelligence de le faire lors du remaniement d’octobre ? Pas sûr.
Mais les footballeurs ont aussi viré l’entraîneur…

24 Juil 2010 | Comment (1)

La République « exemplaire » est nauséabonde

Liliane Bettencourt ne sera donc pas mise sous tutelle. La justice (ou du moins le procureur Courroye) en a décidé ainsi, n’ayant pas reçu les certificats médicaux nécessaires pour une telle décision. Il est heureux –notons-le au passage- que les mises sous tutelles soient strictement encadrées. Trop d’héritiers, surtout de grosses fortunes, ont, paraît-il, tendance à vouloir faire « accélérer les choses ».

Il faut aussi reconnaître que, quand on a vu Liliane Bettencourt, lors des deux interviews qu’elle a accordées à la télévision, on n’a pas eu l’impression que cette dame de 87 ans avait totalement perdu la tête. Cela dit, qu’elle ait tout de même donné un milliard d’euros à ce désormais fameux François-Marie Banier, personnage sulfureux s’il en est, laisse un peu rêveur.

La justice ayant décidé que Liliane Bettencourt n’était pas « gâteuse », sa fille, Françoise Bettencourt-Meyers ne peut plus poursuivre François-Marie Banier pour « abus de faiblesse ». Il n’a pas abusé du grand âge de la vieille dame, il a simplement bénéficié de sa générosité qui est à la hauteur de sa fortune. Quand on possède (au moins) 17 milliards d’euros, on peut parfaitement offrir un milliard à un amuseur.
Du coup, il n’y a plus d’« affaire Banier-Bettencourt », même si l’on peut supposer que l’ambiance familiale ne retrouvera pas toute sa sérénité entre la mère et la fille.

Mais que va-t-il advenir de ce qu’on pourrait appeler les « dommages collatéraux » que cette affaire familiale a provoqués ? « L’affaire Woerth» et même « l’affaire Sarkozy ».

Les écoutes téléphoniques enregistrées, pour le compte de Françoise Bettencourt-Meyers, par le majordome de Liliane Bettencourt, Pascal Bonnefoy, entre la vieille dame et son gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre, nous ont révélé que le gestionnaire en question avait embauché Florence Woerth, épouse du ministre du Budget, à la demande de son mari et que, du coup, il se faisait fort d’obtenir certaines facilité du ministre du Budget.
Elles nous ont aussi révélé que Liliane Bettencourt (ou son gestionnaire) pratiquait l’évasion fiscale.

Dans un Etat de droit, la justice ne devrait pas pouvoir se servir de ces écoutes téléphoniques « volées » et devrait se contenter de poursuivre le majordome indélicat et ceux qui, dans l’entourage de Françoise Bettencourt-Meyers, ont diffusé ces enregistrements pour « violation de la vie privée ».
De plus, un rapport de l’Inspection Générale des Finances, contesté et contestable, nous a affirmé qu’Eric Woerth n’avait accordé aucune facilité à Liliane Bettencourt.

Du coup, il n’y a plus d’« affaire Woerth ». D’ailleurs Florence Woerth a démissionné de ses fonctions de gestionnaire de la fortune Bettencourt et Eric Woerth a, lui, poussé le zèle jusqu’à démissionner de ses fonctions de trésorier de l’UMP.

Enfin, les déclarations de Claire Thibout, l’ancienne comptable des Bettencourt qui a affirmé que le couple de milliardaires arrosait copieusement le personnel politique, à commencer par Nicolas Sarkozy et Eric Woerth, sont, elles, sujettes à caution. Claire Thibout a touché beaucoup trop d’argent, et de Liliane Bettencourt et de Françoise Bettencourt-Meyers, pour que ses témoignages soient au dessus de tout soupçon. Elle reconnaît d’ailleurs n’avoir jamais assisté personnellement à la moindre remise d’enveloppe.
Il n’y a donc plus d’« affaire Sarkozy ».
On a fait beaucoup de bruit pour rien…

Voilà, en tous les cas, ce qu’on raconte (et se raconte) aujourd’hui, à l’Elysée, en faisant mine de pousser un grand soupir de soulagement.
Il est très vraisemblable que l’« affaire Banier-Bettencourt », l’« affaire Woerth » et, a fortiori, l’« affaire Sarkozy » vont être maintenant étouffées par la justice et que le juge Courroye aura encore de l’avancement. Seule l’administration fiscale poursuivra, sans doute, Liliane Bettencourt qui pourra alors, juste retour des choses, plaider de sa faiblesse et de son grand âge.

Mais là n’est pas l’important. Ce qui compte, dans une démocratie, c’est l’opinion. Et là, il n’y aura ni non-lieu, ni acquittement, ni amnistie. Et le verdict est déjà épouvantable.

Quoiqu’on puisse désormais leur raconter, les Français ont compris que les ministres étaient « en cheville » avec les grosses fortunes, prêts à camoufler toutes les magouilles et à rendre tous les services, en échange de quelques pourboires et que le financement des partis politiques continuait à être l’occasion de tous les tripotages. Sarkozy leur avait promis une « République exemplaire », elle est nauséabonde.

Dès que l’opinion a appris que Florence Woerth avait été embauchée pour gérer la fortune de Liliane Bettencourt et que les Français ont réalisé qu’Eric Woerth avait cumulé les fonctions de trésorier de l’UMP et de ministre du Budget, Sarkozy aurait, évidemment du le licencier. En se solidarisant totalement avec lui, il confirmait, une fois de plus, l’image détestable qu’il a donnée de lui-même et de son régime depuis le soir même de son élection.

23 Juil 2010 | Comments (2)

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