Tous les jours on en apprend de belles sur ceux qui nous gouvernent et le mercredi est un jour particulièrement faste avec la parution du « Canard enchaîné »
Cette semaine, il nous révèle que Christian Blanc, le sous-ministre chargé d’imaginer ce que pourrait être le Grand Paris, s’est fait payer par l’Etat pour 12.000 € de… cigares, au cours des dix derniers mois. On veut croire qu’il s’agit de Havanes du meilleur cru.

C’est nouveau. On avait déjà eu celui qui s’offrait, aux frais de la République, des voyages dans des jets privés, celui qui voulait emménager dans un appartement (privé) de 600 m2, celui qui avait rempli sa cave de bouteilles d’un prix astronomique, celui qui se faisait payer les couches-culottes de ses enfants par son département, celle qui avait casé son rejeton dans un placard doré, ceux qui cumulaient sans pudeur salaires, retraites et émoluments divers, celle qui avait fait réserver une chambre dans un palace de luxe en Afrique du sud après avoir reproché aux footballeurs d’avoir fait la même chose (en moins cher), etc. Mais jusqu’à présent personne ne s’était encore fait payer ses cigares par l’Etat.

Christian Blanc vient de faire savoir qu’il a remboursé de sa poche 3.500 €, le 10 juin dernier (jour où il a appris, par une indiscrétion, que le Canard enquêtait sur ses cigares). Restent encore 8.500 € partis en fumée.

Blanc fait partie de ces « personnalités d’ouverture » chères à Nicolas Sarkozy. Rocardien de la première heure, il s’était fait connaître en Nouvelle-Calédonie aux cotés d’Edgard Pisani, de sinistre mémoire, puis comme président de la RATP et ensuite d’Air France. Elu des Yvelines (sous l’étiquette du Nouveau Centre), il était entré sur la pointe des pieds au gouvernement où il a fait preuve, jusqu’à présent, d’une discrétion à toute épreuve.

Mais il a commis une erreur : il a viré un peu sèchement un de ses collaborateurs. Comment pouvait-il ignorer que les membres des cabinets ministériels virés par leur ministre deviennent, ipso facto, des collaborateurs du « Canard enchaîné » ?

Le plus drôle c’est qu’au lieu de nous raconter qu’il s’agissait d’une erreur, d’un malentendu ou d’une distraction, Blanc a fait savoir qu’il diligentait une enquête pour apprendre qui était à l’origine de cette fuite.

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