La vidéo a fait le tour du monde et partout on en a fait des gorges chaudes. Même dans la prestigieuse université d’Harvard où le grand spécialiste de la politique français, Arthur Goldhammer, a mis les images et le son sur son site internet.
C’est épouvantable. Pire que la défaite devant le Mexique, pire que les injures d’Anelka, pire que l’affaire Woerth-Bettancourt (qui ne fait que commencer).
Cà s’est passé à Londres, pendant la commémoration du 70ème anniversaire de l’appel du 18 juin. Sarkozy prononce un discours devant la foule de toutes les personnalités britanniques et françaises. Le discours n’est pas mal. Ca sent son Guaino. « En juin 40, c’est la civilisation européenne qui a failli périr à jamais (…) Sans le 18 juin 40, il n’y aurait pu eu la France Libre, sans le 18 juin 40, la France n’aurait pas été parmi les vainqueurs le jour de la capitulation allemande, sans le 18 juin, la France n’aurait pas été lavée du déshonneur de la collaboration ». Sarkozy lit gentiment son texte.
Mais, soudain, il croit le connaître assez pour lever les yeux et regarder la foule. Et, là, c’est la catastrophe. « Quelles qu’aient pu être, avant la guerre leurs opinions, ils se batturent tous pour la même idée de la liberté, de la civilisation ». Et oui. Sarkozy a bien dit qu’ils se « batturent ». On peut écouter et réécouter l’enregistrement, il n’y a aucun doute.
Se batturent du verbe se battoir.
On dira qu’il était fatigué, qu’il n’a jamais été un littéraire, on dira ce qu’on voudra mais il n’est pas admissible qu’un président de la République française fasse de telles fautes de français.
Il nous avait habitués à ses fautes de goût, à ses fautes politiques mais maltraiter ainsi la langue française est encore pire.
En tentant, hier à Londres, de récupérer le gaullisme, Sarkozy injuriait déjà l’Histoire. Il en a profité pour injurier le français.
Cet analphabète va-t-il vouloir se représentir et sera-t-il réélé ? Autrefois, au certificat d’études primaires, ce genre de barbarismes était éliminatoire.

Mots-clefs :