C’est une bonne idée –elles sont assez rares pour les saluer- que vient d’avoir Nicolas Sarkozy en supprimant la fameuse garden-party du 14 juillet dans les jardins de l’Elysée. Ca fera tout de même 732.826 € d’économie (ce qui n’est pas grand-chose à coté de nos 1.500 milliards de dettes) et çà ne fera jamais que 7.500 mécontents de plus, les invités qui ne recevront pas, cette année, leur précieux carton (mais le président, à 65% d’opinions défavorables, n’est plus à çà près).

C’est « un geste » et ces ripailles en robes de cocktail et au son de l’orchestre de la Garde Républicaine auraient, en effet, eu quelque chose d’un peu déplacé en cette période d’austérité.

En plus, il y aurait eu certainement quelques photos un brin compromettantes avec un Christian Blanc allumant un cigare, un Eric Woerth en compagnie de son épouse, un Joyandet évoquant ses prochaines vacances dans sa villa proche de Saint-Tropez, un Balladur croisant l’ambassadeur du Pakistan, une Roselyne Bachelot tournant ostensiblement le dos à Rama Yade et une Christine Lagarde cherchant dans la foule le gentil camarade qui a fait savoir à la presse qu’elle ne mettait jamais les pieds au Conseil municipal alors qu’elle touchait son salaire d’élue de Paris.

Autant se faire discret en cette période de turbulences. Quand on est au pouvoir, de nos jours, pour vivre heureux, mieux vaut vivre caché, en guettant, avec angoisse, la prochaine sortie du Canard enchaîné.

D’ailleurs, les Français n’attachent plus une grande importance au 14 juillet. Ils savent que les Bastilles du jour sont imprenables. Non, ce qu’ils attendent maintenant c’est le 4 août. Et pour être précis, la nuit du 4 au 5 août. Avec la fin des privilèges. Une seule nuit ne suffirait, sans doute, pas.
Sarkozy vient de nous promettre de mettre un terme à certains privilèges que se sont accordés bon nombre de ses meilleurs amis. Après trois ans de mandat, il est grand temps qu’il s’y mette. Petit Hercule veut nettoyer les écuries d’Augias. Bravo et bon courage.

Mais ce qui rend sceptiques les Français c’est qu’au cours du même Conseil des ministres où il a annoncé ses bonnes résolutions il a tenu à apporter son soutien « le plus complet » à Eric Woerth, précisément l’homme par qui le scandale (du jour) venait d’arriver.

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