« La République des Pyrénées », le grand quotidien de Pau et des Pyrénées-atlantiques qui appartient au groupe « Sud-Ouest » n’a pas la réputation d’être un journal satyrique ni même de pratiquer une opposition viscérale au gouvernement. Or, il publie une information à la fois rigolote et stupéfiante.

Le 22 juin prochain, le président de la République en personne doit inaugurer, en grandes pompes, la nouvelle usine de Turboméca de Bordes, dans les Pyrénées-atlantiques. Tout le monde s’y prépare, l’entreprise, la bourgade, les élus locaux, le ban et l’arrière-ban du département. Il faut que la fête soit réussie. Le ruban, la fanfare, les discours, le bain de foule. On n’inaugure pas tellement de nouvelles usines en ce moment.

Ce qui est rigolo (et stupéfiant) c’est que, d’après « La République des Pyrénées », l’Elysée aurait, par l’intermédiaire de la préfecture, demandé à la direction de Turboméca qu’aucun des ouvriers de l’usine présents lors de l’inauguration… ne dépasse 1,70 mètre. Une jeune femme, cadre de Turboméca mais mesurant 1,85 m., aurait déjà été priée de ne pas assister à la cérémonie. Nicolas Sarkozy ne veut plus être toisé de haut par les gens auxquels il doit serrer la main.

L’organisation des déplacements du chef de l’Etat devient donc de plus en plus difficile. On se souvient que le préfet de la Manche avait sauté parce que Sarkozy avait, à Saint-Lô, entendu des cris hostiles jaillir de la foule, qu’à Reims, les forces de l’ordre avaient fait évacuer, par précaution, tout le centre ville, qu’à Laon, pour assister au grand meeting populaire, il fallait montrer sa carte de militant de l’UMP. S’il faut maintenant avoir moins d’1,70 mètre pour avoir le droit d’acclamer le président de la République, les foules vont diminuer à vue d’œil.

La taille moyenne des Français est, aujourd’hui, d’1,76 mètre. Si l’on s’en tient aux chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé, Sarkozy ne devrait donc plus pouvoir aller prendre de bains de foule que chez les Mongols (1,65 m.), les Aïnous japonais (1,58 m.), les Esquimaux (1,57 m.), les Lapons (1,53 m.) et surtout les Pygmées (1,32 m.) aux yeux desquels il apparaîtrait, évidemment, comme un grand homme.

La préfecture des Pyrénées-atlantiques et la direction de Turboméca viennent de démentir l’information de « La République des Pyrénées ». Il n’y aurait eu aucune demande « formelle » de l’Elysée.

On verra bien, le 22 juin, si tout le personnel de Turboméca est atteint de nanisme ou pas.

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