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Sarkozy a tort de croire qu’il a tout son temps

En recevant à l’Elysée, pour le déjeuner, 350 députés UMP (Bravo, les économies sur les frais de bouche !), Sarkozy leur a annoncé un remaniement gouvernemental. Il a même précisé, selon un témoin, qu’il tirerait « sévèrement les conséquences du comportement des ministres ». Bravo.

Cela fait des semaines que tout le monde dit et répète que la situation n’est plus tenable. Non seulement le chef de l’Etat est, selon tous les sondages, rejeté par plus de deux tiers des Français, mais maintenant ce sont ses ministres qui, les uns après les autres, défraient la chronique avec, chaque jour, un nouveau scandale qui éclate et qui, naturellement, éclabousse toute la sarkozie.

Hier, nous étions tous d’accord, ici même, pour déclarer qu’une purge s’imposait au plus vite pour débarrasser le régime de tous ces personnages qui confondent allègrement argent public et argent privé, qui se gobergent sans pudeur aux frais de la République, qui ont des relations pour le moins compromettantes, qui usent et abusent de privilèges d’une autre époque et qu’on soupçonne, voire qu’on accuse des pires turpitudes et des pires malversations.

Ségolène Royal est peut-être allée un peu fort en parlant d’un « régime de corruption » et les mitterrandistes de la grande époque ne sont pas les mieux placés pour jouer les moralistes indignés, pour peu qu’on se souvienne de l’affaire Urba, du Crédit Lyonnais, des délits d’initiés, des écoutes téléphoniques, des Irlandais de Vincennes, du million de Bérégovoy, du Rainbow warrior, de la mort de Grossouvre ou même de la vie privée et compliquée de Mitterrand. Mais il est vrai que le sarkozisme d’aujourd’hui offre une image détestable.

Un grand coup de balai et un nouveau gouvernement s’imposent donc. Il y a urgence. Les Français l’exigent et on voit mal Sarkozy mener sa campagne pour 2012 (qui a déjà commencé) entouré de Woerth, Blanc, Estrosi, Fadela Amara, Bachelot, Joyandet et Rama Yade. Un concert de casseroles !

Seulement voilà, Sarkozy n’est pas pressé. Ce remaniement, a-t-il précisé, aura lieu en… octobre prochain. Pourquoi ? On ne comprend pas. Il y a le feu dans la baraque et il est évident que chaque jour, vacances ou pas, on va continuer à nous sortir des affaires, des scandales car il y en a, paraît-il, encore plein les tiroirs et même des placards entiers.

On peut d’ailleurs se demander qui sont ces informateurs qui soudain « balancent » à tours de bras. En fait, on assiste là à un grand classique de notre vie politique. Ce sont les rats qui quittent précipitamment le navire. Sentant que le rafiot fait eau de toutes parts, ils sautent à la mer en donnant quelques coups de pied de l’âne pour se dédouaner et se faire accepter à bord d’autres embarcations à l’avenir plus prometteur.

Le remaniement en octobre était déjà prévu, annoncé et inévitable. Pourquoi, vu les circonstances, Sarkozy ne le fait-il pas dès maintenant ? A l’Elysée, on répond qu’il faut en terminer avec la réforme des retraites et qu’il est impossible que Woerth ne conduise pas à son terme cette réforme qui sera, dit-on toujours à l’Elysée, « la grande œuvre » du quinquennat. Mais on oublie, d’abord, que cette réforme avait été confiée à Xavier Darcos et que Sarkozy ne s’est pas gêné pour le déboulonner sèchement au lendemain de la catastrophe des régionales et, ensuite, que ce malheureux Woerth est maintenant mort politiquement. Il ne pourra plus jamais mener des discussions avec les syndicalistes ni persuader l’opinion que quoi que ce soit.

Certains disent que Sarkozy cherchent des « volontaires » et qu’on ne se bouscule pas en ce moment pour monter dans sa galère. Même Juppé ne serait plus très chaud. Et Borloo non plus.

En fait, il semble bien que Sarkozy s’imagine qu’avec l’été, les choses vont se calmer, s’oublier. Il a tort. Il n’a pas entendu les trompes sonner l’hallali. Il est aux abois et ne s’en rend pas compte.

30 Juin 2010 Commentaires fermés sur Sarkozy a tort de croire qu’il a tout son temps

Woerth: coupable mais… pas responsable

Personne ne comprend les « errements » d’Eric Woerth mais lui-même ne semble pas comprendre qu’on puisse lui reprocher quoi que ce soit, ni d’avoir confondu les fonctions de ministre du Budget et de trésorier de l’UMP, ni d’avoir accepté que sa femme soit embauchée pour gérer la plus grosse fortune de France, ni d’avoir dîné avec l’héritier Peugeot, au lendemain d’une sombre affaire de lingots d’or.
Alors que tout l’accable et qu’il aurait déjà du être démissionné depuis longtemps, Eric Woerth plaide non-coupable… en toute bonne foi. Et c’est cette inconscience stupéfiante qui est, sans doute, l’élément le plus grave de l’affaire.

Nos hommes politiques (certains du moins) ignorent totalement que la prévarication (« action de celui qui manque aux obligations de sa charge ») et la concussion (« malversation commise dans l’exercice d’une fonction publique ») sont des choses formellement interdites à la fois par la morale la plus élémentaire et par la loi. Ils se croient tout permis dès lors qu’ils sont au pouvoir et, s’ils se font prendre la main dans le sac, estiment, en leur âme et conscience, qu’ils ne sont que les victimes d’une cabale (forcément odieuse) et d’une opération de déstabilisation (bien sûr, ignoble).

Comment expliquer cette inconscience ? Evidemment par ce qu’on pourrait appeler « l’exemplarité ». Comment un jeune ministre du Budget aurait-il pu imaginer qu’on lui reprocherait, un jour, d’avoir des liens un peu particuliers avec une vieille dame milliardaire alors qu’au soir du triomphe il avait vu, de ses yeux, le nouveau chef d’Etat entouré de toutes les plus grandes fortunes du pays ?

Comment aurait-il pu prévoir qu’on lui reprocherait d’avoir casé sa femme comme gestionnaire de la vieille dame alors que le ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, avait, lui, casé sa femme, Christine Okrent, à la tête de la chaîne internationale de télévision publique qui dépend directement du ministère des Affaires Etrangères ? Et qu’on avait casé le propre fils du président de la République au Conseil général des Hauts-de-Seine et même essayé de le placer à la présidence de l’EPAD ?

Il faut d’ailleurs dire que Woerth n’a pas eu de chance. Il a été formé et a fait toute sa carrière politique dans l’Oise. Or ce charmant département n’est pas celui qui se distingue le plus en matière d’éthique.

Pendant des décennies, les deux hommes forts de l’Oise furent Marcel Dassault et Robert Hersant. Deux fortes personnalités que leur fortune respective mettait, bien sûr, au dessus de tout soupçon. Ce n’étaient pas eux qui allaient taper dans la caisse, ils n’en avaient vraiment pas besoin. Mais ils avaient tout de même, et en raison même de leurs fortunes, des « mœurs » un peu particulières. L’un et l’autre « arrosaient » copieusement leurs électeurs, distribuaient des aides, faisaient entretenir à leurs frais des installations municipales (Marcel Dassault a fait restaurer toutes les églises gothiques du département sur ses fonds personnels).

N’ayant guère le temps de se rendre dans leurs circonscriptions, les deux hommes avaient, sur place, un homme de paille si ce n’est de main, un certain Jean-François Mancel. Et quand les deux milliardaires disparurent du département, c’est Mancel qui en devint l’homme fort, comme député mais aussi et surtout comme président du Conseil général.

Il n’avait, bien sûr, pas les moyens de ses deux anciens patrons mais il avait des goûts de luxe et la grande vie continua. Non plus aux frais de généreux donateurs mais désormais à ceux de la République.
Mancel fit construire un palais du département rappelant certains palais du Golfe persique, dépensa sans compter, se « sucra » sans pudeur et ne se fit finalement pincer que pour avoir fait payer par le Conseil général… les couches-culottes de ses enfants, ce qui lui valu un purgatoire de quelques années.

Or, Woerth est l’élève, l’enfant chéri, le fils politique de Mancel qui l’a installé à Chantilly et auquel il doit les débuts de sa carrière. On comprend alors mieux pourquoi son rapport à l’argent soit ambigu et son éthique pour le moins approximative.
Il a vu, pendant trop longtemps, ce qui se passait dans son département et il a fini par croire, en toute bonne foi, qu’il n’y avait vraiment pas de raison de se gêner.

Le tout est de ne pas se faire prendre.
Woerth est coupable mais… pas responsable.

30 Juin 2010 Commentaires fermés sur Woerth: coupable mais… pas responsable

Mais c’était une purge qu’il fallait faire

Sarkozy n’a rien compris.
Il a lu dans la presse que l’ambiance était devenue épouvantable et certains de ses collaborateurs les plus courageux le lui ont, peut-être, dit.
Non seulement il est, d’après tous les sondages, désormais rejeté par plus de 65% des Français qui ne supportent plus ni ses échecs à répétition, ni ses méthodes de gouvernance, ni son style personnel mais maintenant c’est, en plus, la moitié de son gouvernement que les Français rejettent. Car ce régime patauge dans les scandales.

Les Français ne pardonneront jamais à Eric Woerth d’avoir, en tant que ministre du Budget, fait embaucher sa femme par Liliane Bettencourt et d’avoir dîné avec l’héritier des Peugeot pour une histoire de lingots d’or, à Christian Blanc ses cigares, à Estrosi ses appartements de fonction, à Roselyne Bachelot la gestion de la grippe H1N1 et du Mondial, à Joyandet son permis (illégal) de construire, à Rama Yade son hôtel de (très) grand luxe en Afrique du sud, à Fadela Amara d’avoir prêté son appartement de fonction, à Christine Lagarde de toucher ses indemnités de conseillère de Paris et de ne jamais mettre les pieds à l’Hôtel de Ville, à Michèle Alliot-Marie de cumuler sa retraite de parlementaire et son salaire de ministre. On en oublie sans doute quelques uns. Sans parler de l’affaire des sous-marins pakistanais qui va, avant longtemps, faire des ravages considérables.
Cà fait beaucoup, beaucoup trop.

D’autant plus que tous ces scandales correspondent au même état d’esprit, à la même « philosophie », si on ose dire. C’est partout, toujours, le triomphe impudique, affiché, ostentatoire, du fric, des passe-droits, du copinage avec les plus grosses fortunes, de la concussion, de la prévarication. Tout çà a d’ailleurs commencé un soir, au Fouquet’s, et, le lendemain, sur le yacht d’un milliardaire nommé Bolloré.

Les Français n’en peuvent plus, la coupe est pleine, ils en ont la nausée. Et, pendant ce temps-là, on leur demande de faire des efforts, des sacrifices !
Tentant de réagir en face de ces tombereaux de boue, Sarkozy vient d’adresser une lettre officielle à François Fillon dans laquelle il mélange tout puisqu’il souligne à la fois « la nécessité de rechercher des économies pour redresser nos finances publiques » et « l’impératif moral qui s’impose », en précisant pour le cas où on n’aurait pas compris : « L’Etat doit plus que jamais faire preuve d’exemplarité et faire un usage irréprochable de l’argent public ».

Mais nos déficits et notre dette n’ont rien à voir avec ces scandales ! Ce ne sont pas ces crapuleries des barons du régime qui ont compromis nos finances publiques. Il ne faut pas tout confondre pour noyer le poisson. Les Français sont parfaitement conscients de la situation catastrophique de nos finances publiques mais ce qu’ils veulent aujourd’hui, avant tout, c’est un grand coup de balai pour qu’on les débarrasse, au plus tôt, de ces faisans et margoulins qui trônent autour de la table du Conseil des ministres.

Sarkozy annonce dans sa lettre à Fillon qu’il supprime la garden-party du 14 juillet, qu’il transforme les « chasses présidentielles » en… « battues de régulation », qu’en trois ans il faudra réduire le parc automobile de l’Etat de 10.000 véhicules et le parc immobilier de 7.000 logements dits « de fonction ». Autant de décisions qui auraient dû être prises depuis longtemps. Mais çà n’a rien à voir avec « l’exemplarité » et « l’impératif moral » que les Français exigent aujourd’hui.

Si Nicolas Sarkozy avait voulu répondre à l’écoeurement des Français et sans doute remonter un tant soit peu dans les sondages, il aurait annoncé, hier soir, un vaste remaniement ministériel. Dehors les Woerth, Blanc, Estrosi, Bachelot, Joyandet, Yade, Amara, Lagarde, Alliot-Marie…
Tous n’ont pas été déclarés coupables, dira-t-on, tous bénéficient de la présomption d’innocence. Mais tous sont soupçonnés, accusés, discrédités.

Cela suffit. « La femme de César ne soit pas être soupçonnée ». Ceux qui nous dirigent non plus. D’ailleurs, dès l’instant où ils sont soupçonnés, ils ne peuvent plus diriger personne. Eric Woerth aura bonne mine quand il va, demain, se retrouver face-à-face avec les dirigeants syndicalistes pour parler de la réforme des retraites. On entend déjà Bernard Thibault lui dire : « Bonjour, Monsieur le Ministre, et comment va Liliane ? »
Dans la charrette, Sarkozy aurait pu faire monter aussi Borloo et Morin puisque l’un et l’autre se disent prêts à être candidats à la présidentielle en 2012 et qu’ils n’ont donc plus rien à faire dans l’équipe de celui qui veut se représenter.

Seulement voilà, Sarkozy ne comprend pas pourquoi les Français reprochent à tous ses courtisans d’aimer l’argent, les copains et les coquins (pour reprendre une vieille formule), le parfum des cigares et le confort des palaces. Car lui aussi, il aime l’argent et les milliardaires…

29 Juin 2010 Commentaires fermés sur Mais c’était une purge qu’il fallait faire

Les préfets au pourboire!

On en apprend tous les jours de bien bonnes ! « Le Parisien » révèle ce matin que, depuis la fin de l’année dernière, les préfets et les sous-préfets touchent « en douce » des « primes aux résultats en fonction de critères édictés par le gouvernement en matière de sécurité publique, routière et d’aide à l’emploi ». Ces primes peuvent aller de 14.000 à 66.000 € par an.

Certains diront qu’il était nécessaire d’inciter nos fonctionnaires à travailler et que « le bâton » ne pouvant pas être utilisé contre nos ronds-de-cuir, en vertu du statut des fonctionnaires qui leur garantit la plus totale impunité, il ne restait que « la carotte » pour les pousser à remplir leur devoir.
Ces primes aux résultats posent tout de même un certain nombre de questions.

D’abord, cela signifie le plus officiellement du monde que le préfet ou le sous-préfet qui ne fait strictement rien, qui n’a aucun résultat, qui somnole confortablement dans son petit palais de la République a parfaitement le droit de toucher son salaire de base et que, puisqu’il renonce à ses primes, personne ne pourra jamais lui reprocher de ne faire aucun zèle.

Ensuite, évidemment, ces petites grattes, ces petites ristournes, ces petits backchiches (qui ne sont, d’ailleurs, pas si modestes que cela) vont inciter nos représentants de l’Etat à trafiquer un peu les statistiques qu’ils doivent communiquer à leur administration. On va minimiser les incidents, les accidents et faire sortir un certain nombre de chômeurs des catégories les plus décourageantes pour avoir droit à sa carotte et arrondir ses revenus. Les préfets deviennent des « chasseurs de primes », comme au Far West !

On peut naturellement aussi se demander si, au lendemain des scrutins électoraux, des primes substantielles ne seront pas accordées à certains préfets qui auront obtenu des « résultats » particulièrement satisfaisants pour le pouvoir.
Enfin –et c’est, bien sûr, le plus grave- cette nouvelle conception du service public va pourrir notre administration.

Jusqu’à présent les « commis de l’Etat », grands ou petits, avaient leur dignité : ils « servaient la République ». Maintenant ils sont… au pourboire, comme les loufiats d’autrefois.
En période d’austérité, de réduction du nombre des fonctionnaires, cette innovation scandaleuse est diablement révélatrice de toute la « philosophie » du sarkozisme. Le fric, le fric, le fric !

Autrefois, un bon préfet avait de l’avancement, éventuellement la Légion d’Honneur. Maintenant, il a un chèque. Comme un footballeur qui marque un but ou un cycliste qui ne s’est pas fait pincer au contrôle antidopage.

La régionalisation avait déjà privé les préfets de la plupart de leurs pouvoirs de contrôle et facilité bien des dérives (et le mot est faible). Mais maintenant qu’on les met au pourboire il va leur être difficile de se montrer intransigeants au nom des grands principes de la République.

28 Juin 2010 | Comment (1)

Le Monde: Sarkozy porte la poisse

Certains se demandent, avec une étonnante naïveté, pourquoi les journalistes du « Monde » ont choisi comme repreneurs, à une écrasante majorité, Bergé et ses amis plutôt que Perdriel et les siens.

Les deux offres étaient, à peu de choses près, équivalentes et il est incontestable que Perdriel a une compétence en matière journalistique autrement plus rassurante de Bergé.

Seulement voilà, Sarkozy avait osé convoquer le directeur du « Monde » pour lui faire savoir qu’il ne voulait pas de Bergé et de ses amis. C’était, naturellement, amplement suffisant pour que les journalistes du « Monde » choisissent, comme un seul homme, Bergé.

On dit que le président de la République n’a plus aucune prise sur les réalités. Ce n’est pas vrai. Il lui suffit de présenter une réforme sur les retraites pour que la France descende dans la rue, de soutenir son copain Eric Woerth pour l’enfoncer encore un peu plus, de faire dire par l’ineffable Roselyne Bachelot que le président de la Fédération Française de Football doit démissionner pour que les instances internationales de football crient à l’ingérence politique intolérable, de demander une taxe bancaire pour que les membres du G20 lui rient au nez, etc.

Sarkozy qui croyait avoir la baraka a maintenant la scoumoune et porte la poisse.

Il faut dire qu’il a perdu tout sens commun. Comment, en convoquant Fottorino (qui, en plus, n’a aucun pouvoir de décision pour le choix des repreneurs) et en lui faisant savoir qu’il ne voulait pas de Bergé, n’a-t-il pas compris que le dit Fottorino se ferait un plaisir (et un devoir) de raconter dans tout Paris l’intervention (inadmissible) du chef de l’Etat et que, du coup, les salariés du « Monde » rejetteraient immédiatement la candidature de Perdriel.

Maintenant, dès que le président de la République s’occupe de quelque chose (et il veut toujours s’occuper de tout) çà tourne à la catastrophe. Et quand il veut passer en force, on s’aperçoit qu’il n’est plus le plus fort.

Ca promet pour les quelques mois qui lui restent encore…

27 Juin 2010 Commentaires fermés sur Le Monde: Sarkozy porte la poisse

Des « machins » à un milliard de dollars

Du G8 et du G20 qui viennent de se dérouler au Canada, l’opinion mondiale ne retiendra qu’une seule chose : ils ont coûté la bagatelle… d’un milliard de dollars !

Avec un milliard de dollars, on pourrait éradiquer à tout jamais la lèpre de la planète, ou donner l’accès à l’eau à quelques centaines de milliers de pauvres gens qui en sont privés, ou construire un bon nombre d’écoles. Mais les Grands qui nous dirigent ont préféré s’offrir, pour trois jours, des installations de rêve, creuser un lac artificiel (dans le pays qui compte le plus grand nombre de lacs au km2) et s’entourer de mesures de sécurité exceptionnelles. Histoire, dans doute, de nous rappeler à quel point ils étaient coupés de réalités et se contrefoutaient de la misère du monde.

En principe, ces potentats se réunissaient ce week-end à Toronto pour voir ce qu’ils pourraient bien décider pour faire face à la crise économique mondiale qui ne fait que commencer et qui jette dans la misère des populations entières.
Mais, bien sûr, ce n’était qu’un jeu, qu’une pantalonnade, qu’une bouffonnerie.

Les G8, G20 et autres sommets planétaires ne sont que des « machins » à la mode, pour reprendre le terme du général de Gaulle, faits pour amuser la galerie et donner bonne conscience à des « responsables » inconscients et surtout irresponsables.

Il faudra, un jour, avoir l’impudence de faire le bilan du premier des « machins » : l’ONU. Cela fait des décennies que ce « machin » qui réunit tous les pays de la planète, a des moyens considérables, une administration pléthorique et même sa propre armée, est totalement incapable d’imposer la paix au Proche-Orient, de régler l’affaire de Chypre, celle du Cachemire ou même de calmer le bellicisme de pays comme la Corée du Nord ou l’Iran. Cela fait plus d’un demi-siècle que l’ONU, ses résolutions et ses casques bleus font rigoler tous les dictateurs et même bien des régimes plus ou moins démocratiques de la planète. On pense à Israël qui s’est toujours assis sur toutes les injonctions adoptées dans la grande maison de verre de New York.

Le G7 devenu G8 c’est pire encore dans l’inutilité. Au départ, le cynisme absolu. Les sept puis huit pays « les plus riches de la planète » allaient prendre les choses en main et décider de l’avenir du monde. C’était la ploutocratie à l’échelle planétaire ! Cà ne pouvait pas marcher. Non pas parce qu’il y a toute de même une morale (il n’y en a pas) mais, d’abord, parce qu’une bonne moitié de ces ploutocrates commençait à avoir de sérieux problèmes d’argent (ce qui n’est pas bon pour un ploutocrate) et qu’ensuite, et surtout, les membres de ce curieux club étaient tous concurrents, par définition, entre eux. Les riches ne font pas de cadeaux aux pauvres mais ils ne s’en font pas non plus entre eux. La loi de la jungle règne aussi chez eux.

Alors on est passé au G20. Les Huit allaient accueillir, dans une annexe de leur club, les… nouveaux riches. On disait pudiquement « les pays émergeants », sans se rendre compte du ridicule de l’expression. La Chine, l’Inde, le Mexique, le Brésil, des pays « émergeants » ? Mais cela fait des années que ces pays ont « émergé » ! Ils dominent déjà la planète, ils sont les vrais Grands du XXIème siècle, ce sont eux qui prêtent de l’argent aux autres, qui vendent leurs produits au monde entier, qui rachètent nos entreprises, qui imposent leurs lois économiques, commerciales, financières. Ils ne savent même pas où se trouve la vieille Europe et regardent l’Amérique comme un vieil empire à bout de souffle, démodé, qu’ils renflouent pour pouvoir continuer à lui leurs camelotes.

Comment s’étonner alors du flop de ce G8 et de ce G20 ?
Les Huit qui s’imaginent encore pouvoir faire la loi et même la paix à travers la planète se sont séparés en déclarant que « le blocus de Gaza n’était pas viable » et que « les forces afghanes devaient faire des progrès ». On imagine sans mal l’éclat de rire que cela a dû provoquer aussi bien chez les dirigeants israéliens que chez les Talibans.

Quant aux Vingt, çà a été pire encore. Les « émergeants » ont regardé les « anciens riches » s’étriper. La France et l’Allemagne voulaient imposer à la planète une taxe bancaire et l’austérité à grande échelle. Les Etats-Unis ne voulaient ni de l’une ni de l’autre. N’ayant pas encore perdu tout espoir de s’en sortir, ils préfèrent, sans doute à juste titre, la croissance à la rigueur. Les « nouveaux riches », tous maintenant adeptes du capitalisme le plus échevelé, leur ont, bien sûr, donné raison.

Bref, un milliard de perdu. Sarkozy a annoncé que le prochain G20 qu’il présidera et qui aura lieu à Nice l’an prochain coûterait beaucoup moins cher. 80 millions, a-t-il dit. Mais à quoi servira-t-il ?

Comment peut-on s’imaginer une seule seconde qu’on pourra jamais établir des règles de bienséance entre des dompteurs cacochymes et des tigres bien décidés à tout dévorer, entre des pays ruinés et déjà plus ou moins éliminés de la compétition et des pays qui ont une croissance à deux chiffres.

Quand Sarkozy demande poliment au Chinois de relever la valeur de sa monnaie, de freiner sa consommation de charbon et de limiter ses exportations, l’autre n’écoute même pas l’interprète.

27 Juin 2010 Commentaires fermés sur Des « machins » à un milliard de dollars

C’est la faute à la presse!

Comme toujours quand quelque chose ne va pas quelque part, les démagogues de tout poil s’en prennent à la presse.

Et il est vrai que, sans « Le Canard enchaîné », nous n’aurions jamais été au courant des cigares de Christian Blanc, du fromage de Christine Boutin, des appartements de fonction de Christian Estrosi ou de Fadela Amara, du permis de construire d’Alain Joyandet, des cumuls de salaires de Roselyne Bachelot et de Michèle Alliot-Marie pour ne parler que de ces derniers jours. Et, sans « Médiapart », nous n’aurions jamais su, ce qui aurait tout de même été très dommage, que l’épouse d’Eric Woerth gérait la fortune de Liliane Bettencourt depuis que son mari avait été nommé ministre du Budget.

Maudit « Canard » et maudit « Internet » qui vont, sans doute, un peu gâcher les vacances de tous ces braves gens et, peut-être –qui sait ?- imposer à Nicolas Sarkozy certains choix lors du remaniement annoncé pour la rentrée.
Et maintenant c’est à « L’Equipe » que nos démagogues s’en prennent. D’après eux, ce serait le quotidien sportif qui serait le seul responsable des malheurs de l’équipe de France de football en Afrique du sud.

Leur raisonnement est simple. Si « L’Equipe » n’avait pas mis à sa « une » les injures qu’Anelka avait lancées à Domenech dans les vestiaires, pendant la mi-temps du France-Mexique, personne n’en aurait rien su, les dirigeants de la Fédération française de football n’auraient donc pas été obligés de virer Anelka, les joueurs n’auraient donc pas eu à se solidariser avec lui en faisant la grève de l’entraînement et cette équipe de France aurait donc écrasé l’Afrique du sud, ce qui lui aurait, peut-être, permis de retrouver une toute petite chance de se qualifier pour les 8èmes de finale.

De là à dire que, sans « L’Equipe », nos vingt-trois sélectionnés étaient les meilleurs joueurs du Mondial, les mieux préparés physiquement et psychologiquement, que l’ambiance au sein de cette équipe était excellente et que tous les joueurs adoraient leur entraîneur, il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir.

Question : « L’Equipe » avait-elle le droit, « moralement », de mettre cette information en « une » ? Evidemment. La mettre en pages intérieures aurait été ce qu’on appelle une faute professionnelle. Avait-elle seulement le droit d’en faire état ? Evidemment. Dès lors que cette information était confirmée (et personne n’a contesté la réalité de la phrase d’Anelka) il était du devoir des journalistes de la rapporter. Elle reflétait d’ailleurs à merveille l’ambiance plus que détestable qui régnait dans cette équipe.

On va dire que « l’Equipe » a fait « du tort » à nos joueurs, tout comme « Le Canard » a fait « du tort » à Blanc, Boutin, Estrosi, Fadela Amara, Joyandet, Bachelot, Alliot-Marie et « Médiapart » à Woerth. C’est vrai.

Mais le rôle de la presse n’est-il pas d’informer les lecteurs (et les électeurs) et de dénoncer les scandales grands ou petits ? Dans une démocratie ce contre-pouvoir est indispensable. A moins d’être à PyongYang, Pékin, La Havane ou Tripoli, les journalistes n’ont pas à se contenter de publier les communiqués officiels et les comptes-rendus des conférences de presse du gouvernement. Ils n’ont pas à s’autocensurer, même s’ils savent qu’en disant la vérité, ils risquent de nuire à quelques puissants.

Le seul problème aujourd’hui c’est qu’il n’y a plus, pratiquement, que dans « Le Canard » et sur Internet (et occasionnellement dans « L’Equipe ») que les Français puissent apprendre certaines vérités. Il ne faut pas s’étonner alors que voir que les lecteurs désertent la presse.

25 Juin 2010 Commentaires fermés sur C’est la faute à la presse!

Sarkozy en moralisateur

Deux millions de manifestants furieux dans les rues, un chômage qui monte encore et qui atteint 4 millions toutes catégories confondues, des scandales qui éclatent un peu partout et qui décrédibilisent totalement le gouvernement, un président que se fait insulter au cours d’une promenade nocturne en banlieue, çà commence à faire beaucoup et sans parler des performances de notre équipe de football. On ne voit vraiment pas comment Sarkozy pourrait reprendre la main.

Sa grande réforme des retraites devait être sa planche de salut pour pouvoir se représenter aux présidentielles de 2010. A l’Elysée, on nous racontait que, si le bilan du quinquennat ne serait sans doute pas aussi éblouissant qu’on aurait pu l’espérer, Sarkozy allait, au moins, pouvoir mettre à son actif cette réforme essentielle que tous ses prédécesseurs avaient renoncé à aborder.

Malheureusement, pour l’instant et tel qu’est le projet, il ne semble pas que cette réforme puisse emporter l’adhésion des électeurs de 2010, même si chacun reconnaît qu’il faudrait bien faire quelque chose pour assurer, à terme, l’équilibre de notre système.

Pourquoi avoir annoncé brutalement un recul de l’âge légal de la retraite ? Au lieu de s’attaquer à ce symbole des 60 ans, il aurait été plus habile de se limiter à augmenter, progressivement et sensiblement, le nombre des années de cotisation nécessaires pour avoir une retraite à taux plein. Cela revenait pratiquement au même et on ne s’en prenait pas au « tabou ». Pourquoi avoir affirmé que la « pénibilité » ne serait prise en compte qu’avec un certificat médical attestant une « invalidité de plus de 20% » ? C’était évidemment nier le principe même de la pénibilité.
Autant de maladresses qui ne pouvaient qu’ouvrir un boulevard à l’opposition et aux syndicats

On peut d’ailleurs se demander si un président, à bout de souffle (sans avoir fait grand-chose, finalement) et rejeté par 65% de la population d’après tous les sondages, a la moindre chance de faire accepter par les Français une réforme douloureuse et qui les concerne tous. On a l’impression qu’aujourd’hui, même si Sarkozy annonçait une augmentation massive des salaires et une baisse généralisée des impôts, la France entière descendrait dans la rue pour crier son mécontentement.

Il faut dire qu’en plus Sarkozy n’a vraiment pas de chance. Il avait confié cette réforme à Xavier Darcos. Puis, il a viré Darcos en victime expiatoire de échec cuisant des régionales et il a refilé le bébé à Eric Woerth, son nouvel enfant chéri. Et voilà que Woerth est totalement discrédité par l’affaire Bettencourt qui devrait l’inciter à la démission mais qui lui interdit, en tous les cas, de faire face dignement à ses interlocuteurs qui ne semblent pas décidés à lui faire le moindre cadeau.

On nous, dit maintenant que, pour remonter sur son cheval, Sarkozy va sortir de son chapeau quelques idées fracassantes afin de « moraliser la vie politique ».
Sarkozy « moralisateur », l’image fait déjà rigoler les Français qui se souviennent du Fouquet’s, du yacht de Bolloré, de la Rolex, de l’augmentation considérable qu’il s’est lui-même accordée à peine arrivé à l’Elysée, de Jean Sarkozy candidat à l’EPAD, de l’affaire des sous-marins pakistanais (qui ne fait que commencer), etc.

Mais on pourrait le prendre au mot. Puisqu’il est visiblement inefficace de rappeler à nos dirigeants qu’ils doivent simplement « être honnêtes », un concept totalement obsolète de nos jours, il suffirait, par exemple, d’interdire toute activité privée rétribuée à nos élus (députés, sénateurs, députés européens, conseillers régionaux, maires de grandes villes). Il est totalement scandaleux que plusieurs parlementaires soient, aussi, des avocats dans des cabinets d’affaires (on pense, naturellement, au président du groupe UMP Jean-François Copé, mais il est loin d’être le seul dans ce cas). Les traitements que touchent nos élus devraient être entièrement suffisants pour subvenir à leurs besoins.

Ces traitements devraient d’ailleurs être plafonnés en cas de cumul de mandats. On pourrait décider qu’un élu ne peut pas toucher plus de 10.000 € par mois de la République, quels que soient ses mandats (parlementaire + maire + président de communauté de communes ou d’agglomération, etc.).
Pour ce qui est des logements de fonction, la révolution à faire est simple. Ils ne devraient être attribués qu’aux ministres (ou aux très hauts fonctionnaires) dont la présence est indispensable 24 heures sur 24 dans les locaux du ministère : premier ministre, ministre de l’Intérieur, des Affaires étrangères, de la Défense. A qui fera-t-on croire que le ministre de l’Agriculture, des Anciens combattants ou de la Culture a besoin d’être logé sur place ? Il y a toujours le téléphone en cas d’urgence.

Le scandale Woerth a soulevé le problème des conjoints encombrants. Il suffirait alors de décréter que personne ne peut prendre un poste ministériel si un de ses proches a une activité dans ce même domaine. Nul n’a jamais soupçonné Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat aux technologies nouvelles, de la moindre indélicatesse mais il est tout de même ennuyeux que son propre frère soit l’un des ténors de l’Internet.

Ces quelques mesures de simple bon sens –mais il y en a bien d’autres- feraient, sans aucun doute, plaisir à une opinion, excédée, écoeurée.
Il y a fort à parier qu’elles ne seront même pas évoquées.

25 Juin 2010 | Comment (1)

Du 14 juillet au 4 août

C’est une bonne idée –elles sont assez rares pour les saluer- que vient d’avoir Nicolas Sarkozy en supprimant la fameuse garden-party du 14 juillet dans les jardins de l’Elysée. Ca fera tout de même 732.826 € d’économie (ce qui n’est pas grand-chose à coté de nos 1.500 milliards de dettes) et çà ne fera jamais que 7.500 mécontents de plus, les invités qui ne recevront pas, cette année, leur précieux carton (mais le président, à 65% d’opinions défavorables, n’est plus à çà près).

C’est « un geste » et ces ripailles en robes de cocktail et au son de l’orchestre de la Garde Républicaine auraient, en effet, eu quelque chose d’un peu déplacé en cette période d’austérité.

En plus, il y aurait eu certainement quelques photos un brin compromettantes avec un Christian Blanc allumant un cigare, un Eric Woerth en compagnie de son épouse, un Joyandet évoquant ses prochaines vacances dans sa villa proche de Saint-Tropez, un Balladur croisant l’ambassadeur du Pakistan, une Roselyne Bachelot tournant ostensiblement le dos à Rama Yade et une Christine Lagarde cherchant dans la foule le gentil camarade qui a fait savoir à la presse qu’elle ne mettait jamais les pieds au Conseil municipal alors qu’elle touchait son salaire d’élue de Paris.

Autant se faire discret en cette période de turbulences. Quand on est au pouvoir, de nos jours, pour vivre heureux, mieux vaut vivre caché, en guettant, avec angoisse, la prochaine sortie du Canard enchaîné.

D’ailleurs, les Français n’attachent plus une grande importance au 14 juillet. Ils savent que les Bastilles du jour sont imprenables. Non, ce qu’ils attendent maintenant c’est le 4 août. Et pour être précis, la nuit du 4 au 5 août. Avec la fin des privilèges. Une seule nuit ne suffirait, sans doute, pas.
Sarkozy vient de nous promettre de mettre un terme à certains privilèges que se sont accordés bon nombre de ses meilleurs amis. Après trois ans de mandat, il est grand temps qu’il s’y mette. Petit Hercule veut nettoyer les écuries d’Augias. Bravo et bon courage.

Mais ce qui rend sceptiques les Français c’est qu’au cours du même Conseil des ministres où il a annoncé ses bonnes résolutions il a tenu à apporter son soutien « le plus complet » à Eric Woerth, précisément l’homme par qui le scandale (du jour) venait d’arriver.

24 Juin 2010 Commentaires fermés sur Du 14 juillet au 4 août

Le piège des bouffons

Jean-Luc Hess, le patron de Radio-France (nommé par Nicolas Sarkozy, il y a un an) et Philippe Val, son adjoint, ancien directeur de Charlie-Hebdo (et très grand copain de Carla Bruni) viennent de virer de France-Inter Stéphane Guillon et Didier Porte, les deux humoristes provocateurs dont les billets d’humeur (plus que d’humour), au petit matin, avaient, parait-il, fait remonter l’audience de la radio publique.

Tous ceux qui n’ont jamais entendu les deux lascars en question proférer au micro leurs injures, leurs insultes et leurs grossièretés vont naturellement, hurler à la censure, affirmer que le « tyran » a, une nouvelle fois, frappé et s’écrier qu’après l’intervention personnelle de Sarkozy dans les problèmes du Monde et dans ceux du Parisien, cette main mise du pouvoir sur la presse fait désormais peser une chape de plomb sur ce qui nous restait de liberté d’expression.
Ils auront raison sur le fond. On ne vire pas deux bouffons qu’on a engagés parce qu’ils déplaisent soudain au monarque. Et d’autant plus qu’ils semblaient plaire au « petit peuple ».

Cela dit, ceux qui entendaient parfois Guillon et Porte doivent bien reconnaître que les deux clowns de service poussaient souvent le bouchon un peu loin. Traiter, tous les matins, le président de la République, le premier ministre et tous les membres du gouvernement de tous les noms d’oiseau les plus orduriers n’est pas forcément d’une drôlerie irrésistible. On les sentait souvent à court d’idées et, pour « faire drôle », ils se contentaient de s’adonner à la pire des scatologies.

Sachant qu’ils commençaient à déplaire au « château », ils se mirent à en rajouter tant et plus, transformant leur studio en corps de garde. Ils se croyaient de plus en plus intouchables puisqu’ils servaient, chaque jour davantage, de caution « de gauche » à un Philippe Val qui, venu de Charlie-Hebdo, n’avait pas hésité à trahir ses idées et ses amis, pour se mettre au service de la propagande présidentielle. Ils étaient, « dans le poste », le symbole d’une ouverture prônée en haut lieu et qui, pensaient-ils, leur garantissait l’impunité. Ils avaient vu Sarkozy licencier sèchement les Darcos, Boutin, Laporte et autres Jégo mais garder les Kouchner, Besson et autres Bockel.

Les deux pitres n’avaient pas compris que les temps avaient changé. On est entré en précampagne et les bouffons sont devenus par trop encombrants au milieu du déluge de scandales qui s’abat sur le locataire de l’Elysée et ses comparses. Un coup de téléphone sur la ligne directe et les deux têtes des comiques sont tombées. Fermez le ban, fermez le poste.

Ce que Sarkozy n’avait pas compris c’est qu’en pratiquant ainsi l’ouverture on fait toujours entrer le loup dans la bergerie, que les loups sont une espèce protégée et qu’on ne peut pas les abattre si facilement.

Les bouffons avaient tendu un piège au pouvoir. Soit on les laissait continuer à déverser leurs flots d’injures et de grossièretés sur le monarque, soit, en les immolant au nom de la bienséance, on en faisait des martyrs.

24 Juin 2010 | Comment (1)

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