Il est bien dommage qu’on ne fusille plus les traîtres dans notre pays. Nos pelotons d’exécution seraient, sans doute, débordés mais cela ferait tout de même diablement plaisir, de temps en temps.

Toute la journée, nous avons vu sur nos petits écrans un certain Pierre Siramy, de son vrai nom Maurice Duffresse, ancien sous-directeur de la DGSE (nos services secrets) nous affirmer que Clotilde Reiss était bel et bien une espionne, qu’elle était « immatriculée à la DGSE », qu’elle avait « pour mission de collecter des informations sur la politique intérieure iranienne et sur les installations nucléaires iraniennes » et qu’elle avait fait « du très bon travail ».

Autant dire que, d’après ce type, les autorités iraniennes avaient parfaitement raison quand elles accusaient la petite universitaire française de 23 ans d’être une espionne de haut vol.

On s’étonne même que Téhéran ait accepté d’échanger ce « cerveau du renseignement » contre un modeste ingénieur atomiste iranien poursuivi par la justice américaine et contre l’assassin de Chapour Bakhtiar. La « justice » des mollahs avait d’ailleurs fait preuve d’une bien grande clémence envers Clotilde Reiss puisque cette espionne redoutable avait, après deux mois passés à la prison d’Evin, été autorisée à attendre son jugement définitif en résidence surveillée à l’ambassade de France à Téhéran et qu’elle pouvait alors circuler librement dans la capitale iranienne.

Il y a cependant quelques points qu’il faut préciser, même si les journalistes qui ont présenté cette stupéfiante interview ont oublié de le faire
-Le bonhomme en question a quitté la DGSE plusieurs années avant l’arrivée de Clotilde Reiss en Iran. Il ignore donc tout de l’activité de nos « services » en Iran, même s’il doit lui arriver de fréquenter les quelques bistrots où se retrouvent nos anciennes barbouzes à la retraite.
-Il fait actuellement la promotion d’un livre qu’il a écrit sous le titre de « 25 ans dans les services secret ». Il est donc prêt à faire et à dire n’importe quoi pour avoir droit à trois minutes sous les lumières de la télévision.
-Jamais les services secrets ne recrutent officiellement, n’immatriculent des gamines de 23 ans.

Certes, Clotilde Reiss est la fille d’un fonctionnaire du Centre de l’Energie Atomique spécialiste des problèmes d’armement, certes, comme tous les Français séjournant longtemps dans un pays, universitaires, hommes d’affaires, journalistes, elle a eu des contacts avec des diplomates de notre ambassade et a dû échanger avec eux des informations, des impressions, des commentaires, certes, comme tous les étrangers alors en Iran, elle a joué les badauds dans les manifestations des opposants au régime de Ahmadinejad, Mais cela n’en fait pas un agent de la DGSE et les Iraniens n’y ont jamais cru eux mêmes.

Siramy est visiblement un mythomane. D’ailleurs, la plupart des anciens fonctionnaires de la DGSE qui se mettent à faire des révélations du fin fond de leur retraite ne sont que d’anciens gratte-papiers de la « piscine » que l’aigreur d’une vie de rond-de-cuir a fait basculer dans le délire inventif. Les « vrais » savent qu’ils sont, évidemment, tenus par le secret le plus absolu du métier, ne disent jamais rien ou, s’ils ont vraiment des problèmes d’argent, se contentent de publier des banalités. Cà s’est beaucoup vu ces derniers temps.

Siramy n’est qu’un mythomane doublé, bien sûr, d’un salaud.
Il est très dommage que des journalistes lui aient ainsi donné la parole. L’a-b-c du métier n’est pas la recherche d’un scoop même véreux mais celle de la vérité. On ne tend pas son micro à un traître, un mytho ou un poivrot.

Et on espère que le ministère de la Défense va ressortir son dossier pour voir jusqu’à quel point, après ce qu’il vient de faire, ce type à encore droit à son statut d’ancien de la DGSE. Il y a souvent des sanctions qui se perdent.

Sans avoir lu le livre de Siramy, je le déconseille très vivement.

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