A l’occasion du 65 ème anniversaire de la victoire de 1945, Nicolas Sarkozy s’est rendu aujourd’hui à Colmar. L’idée était excellente. On a trop souvent oublié, dans toutes nos commémorations, la résistance alsacienne et mosellane qui fut d’autant plus héroïque que l’Alsace et la Moselle avaient été annexées par les nazis dès 1940, que les Alsaciens et les Mosellans étaient considérés comme des Allemands par l’occupant et que la répression contre la résistance aux nazis y fut sans doute plus cruelle encore qu’ailleurs. Il était donc grand temps de rappeler le courage de ces Alsaciens et de ces Mosellans et de leur hommage.

Hélas, ce matin, le président de la République a préféré rendre hommage aux… « Malgré nous », ces Alsaciens et ces Mosellans qui combattirent dans l’armée allemande et dont certains firent preuve d’un zèle relevant du peloton d’exécution puisque on sait que certains de ces « Malgré nous » firent partie de la division SS « Das Reich » qui commit, notamment, les atrocités d’Oradour sur Glane.

Ces « Malgré nous » ont toujours tenté de se faire « pardonner » leur trahison en nous racontant qu’ils avaient été enrôlés « de force » dans les troupes allemandes. L’argument ne tient pas. En effet, mis à part quelques volontaires, tous les soldats de toutes les armées qui ont participé à des guerres ont toujours été « enrôlés de force ».

Certes, le temps a passé, certes, les circonstances étaient particulières, mais ces 130.000 « Malgré nous » ont combattu souvent contre la France et toujours en uniforme allemand avec la croix gammée. C’est une triste histoire qu’on ferait mieux d’oublier.

En faire aujourd’hui des héros relève de la falsification la plus honteuse de l’Histoire et injurie la mémoire des nombreux Alsaciens ou Mosellans qui fuirent l’invasion allemande pour, parfois, rejoindre la France Libre.

Il est vrai que ce matin à Colmar, Sarkozy a beaucoup dérapé. Il a affirmé froidement que les Alsaciens avaient « une identité alsacienne, une fidélité française et un avenir européen ».

Le président de la République a donc déjà oublié qu’il a lancé –très maladroitement- une vaste enquête pour savoir ce que c’était que… « l’identité française ». Aujourd’hui, il estime non seulement que les « Malgré nous » sont des héros mais aussi que les Alsaciens n’ont pas « l’identité française ». Juste une « fidélité », une notion qui va être encore plus difficile à définir.

Bref, une fois encore, il aurait mieux fait de se taire.

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