Et voilà qu’on nous raconte que Sarkozy a sauvé l’Europe ou du moins l’euro en menaçant Angela Merkel de faire sortir la France de la zone euro si elle s’entêtait à refuser le plan de sauvetage de la Grèce. C’est l’Espagnol Zapatero qui aurait raconté que le président français aurait tapé du poing sur la table et sans doute des pieds sous la dite table et que la chancelière allemande aurait fini par céder.

Mais si on veut bien croire que Sarkozy ait fait une telle colère, à qui fera-t-on croire qu’Angela Merkel ait pu être sensible à un tel argument. Elle a été la première à dire qu’il fallait faire sortir de la zone euro les pays « pourris » qui risquaient d’entraîner dans leur chute tous les autres. L’Allemagne qui a su, avant tous les autres, prendre les mesures d’austérité qui s’imposaient, qui est devenue la « vache à lait » de l’Europe et qui a vu sa monnaie dépréciée quand le mark s’est transformé en euro est pour le moins eurosceptique. Les dernières élections régionales l’ont bien prouvé en faisant perdre à Mme Merkel sa majorité à la Haute Assemblée.

En France, on parle continuellement de l’axe franco-allemand, « moteur de l’Europe ». De l’autre coté du Rhin, on est beaucoup moins convaincu du rôle primordial de Paris. Pour les Allemands, la France est un pays « Club Med » qui n’a jamais su gérer ses finances et qui a laissé péricliter et son industrie et son agriculture.

Mme Merkel a fini par accepter le fameux plan de sauvetage, non pas parce que Sarkozy faisait une colère mais parce que tout le monde a reconnu que les conditions draconiennes que la chancelière voulait imposer à la Grèce étaient, en effet, nécessaires pour que le prêt accordé à Athènes ne le soit pas totalement à fonds perdus. Ce n’est pas elle qui a cédé devant le chantage bien enfantin de Sarkozy, ce sont les autres qui ont cédé devant le réalisme allemand.
Sarkozy avait simplement été un peu ridicule.

D’ailleurs, en fin de journée et, sans doute après un coup de téléphone de Paris, l’entourage de Zapatero démentait timidement cette version des faits.

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