Nous n’avons décidément pas de chance avec nos « dames », en ce moment. A peine avions-nous appris que Carla Bruni se lançait dans une nouvelle carrière de starlette en s’apprêtant à tourner, cet été, dans le prochain film de Woody Allen « Minuit à Paris » que la nouvelle était rendue publique : Bernadette Chirac entrait… au Conseil d’administration du groupe LVMH (Dior, Vuitton, Céline, etc.).

Avec Carla Bruni, on ne s’étonne plus de rien et on redoute toujours le pire. Mais, là, Bernadette nous surprend.
Pendant des années, avec ses allures revêches de bourgeoise d’autrefois, elle avait su incarner certaines « valeurs » très « vieille France » qui avaient séduit et rassuré une part non négligeable de l’électorat de son mari. Son rôle ou du moins sa présence avait eu, on s’en souvient, une certaine importance lors de la présidentielle de 1995.

On l’imaginait intransigeante sur les grands principes, hostile au bling-bling, lointaine du parisianisme frelaté, indifférente au « fric » et plutôt tournée vers les bonnes œuvres. C’était bien.

Et voilà que, pour un plat de lentilles substantiel (on parle d’un million d’euros par an), elle accepte, sans pudeur, de vendre son nom (en fait, celui de son mari) et son carnet d’adresses à l’un des deux grands groupes de luxe français. Hélène Carrère d’Encausse qui avait été sollicitée pour le même poste avant elle a eu plus de dignité en refusant.

Besoin d’argent ? On ne veut pas croire que les Chirac en soient réduits à ces extrémités. D’autant plus qu’ils n’ont toujours pas de loyer à payer étant toujours hébergés gratuitement, quai Voltaire, par la famille Hariri, ce qui est déjà « limite ».

On dira qu’il n’y a rien de honteux à se trouver un « petit job » pour mettre « un peu de beurre dans les épinards » et que, de Clinton à Gorbatchev en passant par Kohl, tous les « ex » font ce qu’on appelle des « ménages ». D’ailleurs Mme Chirac s’est toujours préoccupée de la promotion de la mode française, se trimballait bien souvent avec un sac Vuitton, à la plus grande joie des humoristes, et Bernard Arnault fait partie depuis bien longtemps du cercle des intimes, tout comme François Pinault, le patron de l’autre grand groupe de luxe français, PPR (Saint Laurent, Gucci, etc.) qui, lui, emploie à temps plein, comme directrice de sa communication, Claude Chirac depuis qu’elle a quitté cette même fonction qu’elle occupait à l’Elysée.

Eh bien, si ! C’est si ce n’est honteux du moins choquant. On a envie de dire « Même elle, maintenant ! » L’appât du « fric » n’épargne donc plus personne. Plus personne, dans le cercle du pouvoir, n’a plus la moindre pudeur, la moindre décence. C’est « Toujours plus ! », « Encore un peu ! », « Faut pas se gêner ! », « C’est toujours bon à prendre ! », « Miam-miam ! » Tous des gloutons insatiables !

Les pièces jaunes, c’était formidable. Les gros jetons de présence, c’est beaucoup moins bien.

Quel dommage ! Bernadette a eu tort. Mais il est vrai qu’« ils » ne se rendent plus compte de rien.

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