Archives par moisavril 2010



Israël: un appel à la raison

Un certain nombre de personnalités européennes et juives viennent de publier un texte important. Parmi les Français, on relève les noms de Pierre Nora, Alain Finkielkraut, Georges Kiejman, Bernard-Henry Lévy. Les éternels signataires de pétition ? Peut-être. Mais, pour une fois, le texte sort de la banalité. Son titre suffit à tout faire comprendre : « Appel à la raison ». La phrase importante est explicite : « L’avenir d’Israël passe nécessairement par l’établissement d’une paix avec le peuple palestinien selon le principe : deux peuples, deux Etats »

Ces Juifs ne peuvent pas être accusés d’antisémitisme ni même d’antisionisme. Ils rappellent très clairement que « le lien à l’Etat d’Israël fait partie de (leur) identité ». Et c’est parce que « l’avenir et la sécurité de cet Etat auquel (ils sont) indéfectiblement attachés (les) préoccupent » qu’ils ont décidé de lancer cet appel.

Les négociations au Proche-Orient sont dans l’impasse la plus totale depuis des mois. Les affrontements violents s’étant calmés pour un temps, aussi bien à Gaza qu’à Jérusalem ou qu’en CisJordanie, le monde a oublié ce baril de poudre-là.
Du coup, le gouvernement de Benyamin Netanyahou en profite pour intensifier la colonisation à Jérusalem et dans les territoires occupés, en violant ouvertement toutes les promesses et tous les accords plus ou moins signés. Coté palestinien, c’est, évidemment, la capitulation de ceux qui prônaient les discussions et, de déceptions en désespoirs, le triomphe des extrémistes.

Il ne faut jamais oublier que ce sont des années d’échecs dans les négociations qui ont amené (à l’issue d’élections parfaitement démocratiques) les fanatiques du Hamas au pouvoir à Gaza. Netanyahou pense grignoter du terrain en perdant du temps. Mais ce sont les extrémistes palestiniens qui gagnent du terrain, plus le temps passe.

Cela fait maintenant un demi-siècle que tous les observateurs savent que la région ne connaîtra pas la paix tant qu’on n’aura pas trouvé une terre, une nation, un Etat pour les Palestiniens. Le sionisme s’était créé sur une idée fausse : « donner une terre sans peuple à un peuple sans terre ». Hélas, il y avait déjà un peuple sur cette terre : les Palestiniens. Tant que ces millions de réfugiés seront exilés dans des camps ou aux quatre coins du monde arabe –et on en est maintenant à la troisième, voire la quatrième génération- Israël ne pourra pas vivre « dans des frontières sûres et reconnues ».

Depuis le voyage historique de Sadate à Jérusalem en novembre 1977, il y a plus de trente ans, il est clair que le monde arabe accepte (ou finira par accepter) l’existence d’Israël. Il faut simplement trouver une solution pour les Palestiniens.
D’innombrables discussions ont eu lieu et des pas importants ont été déjà franchis. Les Palestiniens n’exigent plus –depuis longtemps- la destruction de l’Etat d’Israël. Les Israéliens ont accepté, même à contrecœur, la création d’une « autorité palestinienne ». Ne reste plus à faire qu’un pas supplémentaire, considérable, il est vrai : la création, en bonne et due forme, d’un Etat palestinien, avec son gouvernement et son territoire, ce qui supposerait, bien sûr, d’avoir réglé deux problèmes « insurmontables » : le statut de Jérusalem et le retour des réfugiés ou, du moins, d’une partie d’entre eux.

Certains Israéliens, et notamment ceux qui sont actuellement au pouvoir, ne veulent à aucun prix de cet « Etat » palestinien, même s’ils affirment parfois le contraire en face de la communauté internationale et surtout en face des Américains. Ils sont convaincus que cet Etat « terroriste » serait une menace permanente pour la survie d’Israël.

D’autres pensent, au contraire, que cet Etat palestinien avec lequel d’innombrables liens économiques seraient immédiatement tissés (ils existent déjà entre Israël et les territoires occupés) serait la meilleure garantie pour la survie d’Israël entouré de pays arabes. Ils ont, évidemment, raison.
Pendant longtemps, tout était simple. L’URSS soutenait à bout de bras les pays arabes et les Etats-Unis en faisaient autant avec l’Etat juif. Le Proche-Orient était l’un des points les plus chauds de la guerre froide. Mais tout a changé. L’URSS a disparu, l’Egypte est passée du coté de l’Occident, l’Irak n’existe plus.

La Syrie voudrait bien revenir au sein des pays fréquentables. Israël n’est plus « le porte-avions de l’Occident » au cœur d’un monde colonisé par l’URSS.
Le gouvernement israélien devrait comprendre que c’est le moment de faire vraiment la paix en accordant aux Palestiniens -avant que tous ne basculent dans l’extrémisme du Hamas- un petit bout de pays.

Et d’autant plus qu’à Washington aussi les choses ont changé. Obama n’a visiblement pas pour Israël la sympathie qu’avaient ses prédécesseurs. Il sait que l’affaire palestinienne fait partie du « fonds de commerce » des islamistes, d’al Qaïda, des Talibans et des Iraniens et que, malgré tous ses discours au Caire ou ailleurs, les Etats-Unis ne pourront jamais trouver la place qu’il souhaite dans le monde arabo-islamique tant qu’ils apparaîtront comme le soutien inconditionnel des Israéliens contre les Palestiniens.

« L’appel à la raison » de nos intellectuels a-t-il une chance d’être entendu par le gouvernement israélien ? Aucune.
Les gouvernements israéliens n’ont jamais attaché la moindre attention à l’Europe. Pour eux, seuls les Etats-Unis comptent et Benyamin Netanyahou est aujourd’hui encore convaincu que le lobby sioniste américain incarné par la superpuissante Aipac (la fédération des organisations juives américaines) est assez puissant (notamment au Sénat américain) pour contraindre Obama à changer d’attitude.

Mais cet appel pourra, peut-être, encourager les Israéliens favorables à la création d’un Etat palestiniens et -qui sait ?- leur permettre de gagner les prochaines élections en reprenant leurs fameux slogans « La paix maintenant » ou « La paix contre les territoires ».

30 Avr 2010 | Comment (1)

De quoi Pasqua est-il coupable?

Le procureur de la Cour de Justice de la République a requis quatre ans de prison (dont deux fermes) contre Charles Pasqua. Il accuse le vieux sénateur des Hauts-de-Seine de corruption dans trois affaires qu’il a eu à traiter alors qu’il était ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur du gouvernement Balladur, entre 1993 et 1995.

Une histoire de casino et deux histoires de ventes d’armes et de matériel. Pots de vin qui auraient permis à Pasqua de financer la campagne pour les élections européennes de 1999 qu’il menait avec Philippe de Villiers (liste « Rassemblement pour la France et l’indépendance de l’Europe »). On l’a oublié mais le curieux tandem Pasqua-Villiers avait obtenu 13,05% des voix, nettement devant la liste RPR menée par Sarkozy en personne et qui n’avait recueilli que 12,82% des suffrages.

Pour sa défense, Pasqua affirme qu’il n’était au courant de rien, que ce sont certains de ses collaborateurs qui se sont occupés de ces dossiers, qu’ils se sont, sans doute, servis de son nom et qu’ils l’ont, sûrement, trahi.

C’est un peu léger comme défense. Les casinos et les ventes d’armes sont, évidemment, des dossiers sensibles et Pasqua n’a jamais eu la réputation d’abandonner à d’autres les affaires délicates.

Le casino d’Annemasse ne porte, d’ailleurs, pas chance à ceux qui s’en sont occupés. Bien avant que Pasqua n’entre place Beauvau, la maffia italienne avait déjà voulu ouvrir un casino à Annemasse. Le grand homme de la région, Joseph Fontanet, démocrate-chrétien parfaitement intègre, s’y était farouchement opposé. Dans la nuit du 1er au 2 février 1980, Fontanet –dont la maison avait déjà été incendiée et dont la voiture avait déjà été sabotée- était assassiné dans la rue, en pleine XVIème arrondissement. Après une longue enquête, la police a conclu qu’il s’agissait d’un crime gratuit commis par des petits voyous qui, du fond de leur prison, avaient fini par s’accuser eux-mêmes du crime (sans convaincre personne).

Pasqua a finalement autorisé l’ouverture de ce casino maudit et si on ne retrouve aucun membre de la maffia italienne parmi les bénéficiaires de cette autorisation, on voit apparaître des personnages (souvent corses) tout aussi douteux de « l’empire du jeu africain », un continent que Pasqua avait l’habitude de parcourir.

Quant aux affaires de ventes d’armes, tout le monde sait –à commencer par Edouard Balladur qui semble l’apprendre aujourd’hui à ses dépens- qu’elles se traitent avec des individus louches, des commissions et des rétro-commissions en billets de grosses coupures.

Personne ne croit en l’innocence de Pasqua. Il est trop sulfureux et il a trop aimé se présenter ainsi pendant des décennies. Son accent corse qu’il force dès qu’il est devant un micro, son élégance un peu méditerranéenne, son passé de vendeur de pastis, ses activités à la tête du SAC, ses magouilles pour donner à Chirac la présidence du mouvement gaulliste, son goût pour les services plus ou moins secrets, voire parallèles (qui ont permis la libération de nos otages du Liban) ne font pas de lui un personnage au dessus de tout soupçon.

Et il est évident que, pas plus que la plupart des autres candidats à toutes nos élections présidentielles, il ne pourra jamais expliquer en détail l’origine des fonds qui lui ont permis de mener sa campagne.

Il est curieux de remarquer que la plupart des témoins qui l’avaient accablé lors de l’enquête menée (visiblement à charge) par le juge Courroye se sont rétractés au cours des audiences. Eux aussi ont maintenant des trous de mémoire. Pasqua avait, voici quelques mois, menacé de « tout dire ». Jusqu’à présent, il n’a rien dit. Mais la menace a sans doute fait réfléchir certains de ses accusateurs qui affirment désormais que Courroye leur a fait subir des pressions et a même déformé leurs témoignages.

L’ennui avec cette Cour de justice de la République c’est que toutes les affaires qu’elle traite deviennent ipso facto des procès politiques. Charles Pasqua va être jugé par douze parlementaires et lui qui s’est fait beaucoup d’ennemis tout au cours de sa longue carrière de militant de choc ne compte aucun « ami » parmi ceux qui vont le juger.

On peut donc se demander si ce « jury », tout de même bien particulier, s’en tiendra aux faits, s’il jugera « en son âme et conscience » des affaires bien précises ou s’il règlera de vieux comptes avec un personnage qui les a souvent, jadis, fait trembler.

Si le verdict est clément, on dira que « la solidarité entre politicards » a joué à plein et qu’« ils se tiennent tous par la barbichette », si la condamnation est lourde on dira qu’on fait payer au « vieux lion » un demi siècle d’incartades.

De quoi Pasqua est-il coupable ? D’avoir détourné des fonds publics ou d’avoir souvent joué « les gros bras » dans un monde feutré ?

29 Avr 2010 Commentaires fermés sur De quoi Pasqua est-il coupable?

L’Europe, la Chine et… la burqa

L’Europe est en train d’exploser, Sarkozy fait du tourisme en Chine et, à Paris, on ne se préoccupe que de la burqa et du mari polygame de la femme voilée.

Maintenant tous les experts l’affirment, la faillite de la Grèce va entraîner dans l’abîme un certain nombre d’autres pays européens. On ne sait pas s’il faut parler de « l’effet domino » ou du « château de cartes ». Après Athènes qui, devant les réticences de l’Allemagne, ne trouve pas les 9 milliards qu’il lui faut absolument avant le 18 mais, c’est au tour de Lisbonne d’être pris dans la tourmente et de se voir déclasser au rang de pays « pourris ». Et on parle déjà de l’Espagne, de l’Italie, de l’Irlande, voire, demain, de la Grande-Bretagne et, qui sait, de la France. C’est la spirale infernale, la descente aux enfers pour tout le monde.

Le bel édifice bruxellois s’effondre, l’euro qui devait nous permettre de faire face aux Etats-Unis et à la Chine et nous protéger de tout -notamment du chômage !- explose et l’on se rend compte, un peu tard, qu’il était absurde, parce que contre-nature, de mettre dans le même sac des pays aux économies et aux mœurs si différentes. Et, quand on ira regarder d’un peu plus près du coté des nouveaux entrés de l’Est, on s’apercevra de l’irresponsabilité de ceux qui ont voulu cette Europe à 27, « en sautant, comme des cabris, sur leurs tabourets et en criant « L’Europe ! L’Europe ! », pour reprendre une formule célèbre.

On se souvient des déclarations triomphantes de Nicolas Sarkozy qui, l’année dernière, nous affirmait le plus sérieusement du monde qu’il avait sauvé l’Europe au cours de sa présidence de l’Union et grâce à son mini traité de Lisbonne.

En fait, ses six mois de présidence ne lui ont permis que de laisser la Russie annexer deux provinces géorgiennes et que de porter, en grande pompe, sur les fonds baptismaux, un mort-né, l’Union pour la Méditerranée. Pour le reste, il a dû, évidemment, s’incliner devant les volontés d’Angela Merkel, une eurosceptique de fer qui méprise souverainement ses partenaires dès qu’ils lui demandent de les aider à boucler leurs fins de mois.

On nous avait raconté que l’union (européenne) ferait notre force. Nous nous apercevons qu’en nous étant tous embarqués dans la même galère nous risquons bien de couler tous ensemble. Qui aurait pu croire qu’un jour la situation économique de la Grèce entraînerait la chute de la bourse de Paris ?

Et pendant ce temps, alors que la maison brûle, le président de la République et sa femme font, bras dessus bras dessous, du tourisme en Chine. Certes, on ne reprochera pas au chef de l’Etat d’essayer de rattraper sur le plan international le terrain qu’il a perdu sur le plan national. Mais on peut tout de même se demander ce qu’il va faire là-bas.

On nous dit qu’il va officialiser « les grandes retrouvailles » avec Pékin. Cette fois, une fois n’est pas coutume, il n’y aura pas, à l’issue de la visite, d’annonces de contrats mirifiques (on se demande encore comment se sont concrétisés les contrats précédents, en Chine, en Inde, au Brésil…).

Sarkozy ne va pas vendre d’Airbus, de Rafale, de TGV ou de centrales atomiques. Il va juste, pieds nus et la corde au cou, demander pardon aux Chinois pour trois ans d’incohérences de la diplomatie française dans ses relations avec Pékin, avec déclarations d’amour, volte-face, provocations, soumissions, défis et « déculottades ».

On se souvient des épisodes. L’Elysée annonce que Sarkozy va recevoir le Dalaï-lama, qu’il ne le recevra pas, que le président de la République française est seul maître de ses rendez-vous, qu’il va boycotter l’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, que Carla a aperçu le Dalaï-lama en province, qu’il ira à Pékin, qu’il a croisé le Dalaï-lama en Pologne, qu’il est à Pékin, etc.

Ces tergiversations (est le mot est faible) entre défense des Droits de l’Homme et réalisme économique nous ont coûté cher car elles nous ont ridiculisés, c’est-à-dire fait « perdre la face » ce qui est, pour les Chinois, la pire des choses. Depuis, les Chinois méprisent Sarkozy et le sourire de Carla n’y changera rien. D’ailleurs, on peut se demander quel regard peut bien avoir le chef d’un Etat d’un milliard et demi d’habitants et dont la croissance est de 12% sur le président d’un pays de 62 millions d’habitants à la croissance insignifiante.

Mais tout çà n’a aucune importance. Sarkozy veut que la loi interdisant le port de la burqa dans tous les lieux publics passe « en urgence » au Parlement. Il n’y a rien de plus important, de plus nécessaire pour le peuple français. Pris dans la tourmente de la surenchère, le monde politique français se divise sur le sujet, on ne parle que de çà à Paris et on nous dit maintenant que le mari polygame de la femme voilée de Nantes était à la tête d’un réseau de prostitution…

Un milliard et demi de Chinois qui deviennent les maîtres du monde, 300 millions d’Européens au bord de la faillite et… 2.000 femmes voilées dans les quartiers de non-droit. Chacun a ses priorités, ses urgences.

28 Avr 2010 | Comment (1)

Hortefeux est-il irresponsable ou incompétent?

Jusqu’où ce pauvre Brice Hortefeux va-t-il se ridiculiser ? On comprend que « Le Monde » ait demandé, hier, sa « déchéance ministérielle ».

Trottinant derrière un Sarkozy qui tente désespérément de récupérer l’électorat du Front National qui lui a claqué dans les mains lors des dernières régionales, voilà notre ministre de l’Intérieur empêtré dans l’absurde histoire de l’« identité nationale » si mal gérée par son collègue Eric Besson, multipliant, comme par hasard, les opérations coups de poing contre des groupuscules plus ou moins terroristes, et totalement pris au piège dans l’affaire de la burqa.

Avec une bêtise confondante, Hortefeux a cru pouvoir se servir de la « connerie » de deux flics nantais qui avaient verbalisé (à tort) une femme portant au volant la burqa pour nous jouer le grand jeu.

Ne pouvant pas grand-chose contre la bonne femme voilée, il a cru malin de s’en prendre au mari et, chaque jour, depuis bientôt une semaine, il a chargé la barque. D’abord, il nous a fait savoir que cet Algérien avait pu devenir français par mariage (sans doute un mariage de complaisance).

Ensuite, qu’il était visiblement polygame (avec quatre femmes). Ensuite, qu’il était sûrement coupable d’escroqueries (aux allocations familiales, avec ses douze enfants). Ensuite encore, qu’il avait fait de nombreux voyages au Pakistan (sous-entendu dans des camps d’entraînement d’el Qaïda). Et maintenant, on nous apprend qu’il aurait porté des coups à l’une de ses femmes. Demain, on découvrira vraisemblablement des ossements humains au fond de son jardin !

Il n’est pas impossible que Liès Hebbadj soit coupable de bien des choses. Les naturalisations par mariage se comptent par dizaines de milliers chaque année (et les maires qui tentent de s’y opposer sont toujours désavoués par les tribunaux), on estime à plus de 20.000 le nombre des familles polygames actuellement sur le territoire (ce qui représente 180.000 personnes), les escroqueries aux allocations familiales et autres prestations sont innombrables et creusent encore davantage les déficits publics, les fanatiques islamistes se rendant au Pakistan sont nombreux et les femmes battues aussi puisqu’on nous dit qu’une femme meurt chaque jour en France sous les coups de son conjoint.

On ne connaît pas les délits exacts qu’a pu commettre Liès Hebbadj et il est donc scandaleux que le ministre de l’Intérieur ait proféré de telles accusations contre lui avant que la police n’ait enquêté et que la justice ne se soit prononcée. Il est vrai que Sarkozy lui-même, pourtant avocat de formation, confond les « coupables » et les « présumés innocents ».

Ce qui est vrai c’est que Liès Hebbadj est, en tous les cas, coupable de ce que les flics appellent « le délit de sa gueule ». Hélas pour Hortefeux, ce délit-là n’est pas condamnable par la loi.

Mais notre ministre de l’Intérieur n’a pas compris qu’en accusant ainsi, sans preuves, le type de tous les crimes, il a surtout, aux yeux de l’opinion, souligné à quel point ses services et ceux de l’Etat, en général, étaient totalement incapables de faire leur métier et d’assumer leurs fonctions.

D’après ce qu’on nous dit maintenant, tout le monde, à Rezé-les-Nantes et à Nantes même, était parfaitement au courant, depuis des années, de la situation familiale du patron de la boucherie et de son militantisme d’extrémiste islamiste.

Comment se fait-il alors que le ministre de l’Intérieur des années 2002-2007 (Nicolas Sarkozy) et ses successeurs (François Baroin, Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux lui-même) qui, tous, ont multiplié les déclarations nous affirmant qu’ils menaient une politique sans pitié contre les terroristes, contre les dérives des mouvements intégristes, contre tous ceux qui ne respectaient pas les lois de la République, n’aient jamais rien fait contre celui qu’on nous présente aujourd’hui comme de la graine de terroriste ?

De deux choses l’une : ou Liès Hebbadj est innocent et il est scandaleux que le ministre de l’Intérieur nous le présente ainsi pour faire passer une contravention à 22 €, ou il est vraiment coupable et il est stupéfiant qu’on le laisse en liberté depuis si longtemps.

De deux choses l’une : Hortefeux est soit un irresponsable, soit un incompétent.

28 Avr 2010 Commentaires fermés sur Hortefeux est-il irresponsable ou incompétent?

La casserole de Balladur

Depuis des années, quinze ans en fait, certains se demandent comment Edouard Balladur a bien pu financer sa campagne des présidentielles de 1995. Certes, les comptes ont été étudiés et approuvés par le Conseil constitutionnel mais personne n’a jamais été tout à fait convaincu par les déclarations de l’ancien premier ministre et de son trésorier de l’époque, Galy-Dejean, au sujet de la provenance exacte des fonds.

Il y a dix millions de francs en espèces -et notamment en coupures de cinq cents 500 francs- qui posent problèmes. Officiellement et d’après les affirmations de Balladur et de Galy-Dejean, toute la campagne a été financée « par des emprunts, par des contributions de certains partis politiques et par le concours financier des militants ». Or ni les emprunts ni les contributions des partis politiques ne se font en espèces. Reste le concours financier des militants.

Traditionnellement, lors des campagnes électorales, les candidats lancent des appels à leurs sympathisants et des « quêtes » sont organisées au cours de tous les meetings qui permettent à ceux qui souhaitent soutenir le candidat de verser leur obole. Oui… mais, très rares sont les militants qui vont jusqu’à déposer des billets de cinq cents francs dans le panier de la « quête » en question. Et il faudrait imaginer vingt mille (très) généreux bienfaiteurs pour arriver aux dix millions de francs mystérieux. Cà ne tient donc pas.

Certains ont alors monté un scénario digne des meilleurs romans d’espionnage.

En 1994 (Balladur étant premier ministre et Sarkozy ministre du Budget) la France a vendu des sous-marins au Pakistan. Des annexes (secrètes, bien sûr) du contrat entre Paris et Islamabad prévoyaient des commissions pour certains officiels pakistanais et, sans doute, des « rétro-commissions » pour certains Français. Ce sont des choses qui se font, paraît-il, pour toutes les ventes d’armes.

En 1996, Chirac étant président de la République, la France a annulé purement et simplement, au nom de la morale et de la transparence, les commissions prévues dans le contrat. Cette annulation officielle prouvait d’ailleurs a posteriori que des commissions étaient bel et bien prévues dans le contrat. Mais certaines de ces commissions et, sans doute, de ces rétro-commissions avaient, bien sûr, déjà été versées.

A l’époque, des rumeurs avaient circulé dans Paris selon lesquelles cette annulation décidée par Chirac (et qui déplaisait, bien sûr, à Islamabad) visait, en fait et surtout, certains proches de Balladur qui auraient été bénéficiaires des rétro-commissions. On était, à l’époque, en pleine guéguerre entre Chiraquiens triomphants et rancuniers et Balladuriens à terre.

On en serait resté là, entre flou et rumeurs, si, en 2002, un attentat à Karachi n’avait pas tué onze fonctionnaires français de la Direction des Constructions Navales, la DCN qui avait précisément vendu les sous-marins huit ans plus tôt.
Aussitôt, certains affirmèrent que cet attentat que rien d’autre n’expliquait était une vengeance d’officiels pakistanais contre la France qu’ils accusaient d’avoir trahi les closes secrètes du contrat des sous marins. Cette hypothèse n’avait rien d’invraisemblable pour qui connaissait un peu les mœurs de la région.

C’est l’enquête sur la mort de ces onze français qui a relancé toutes les spéculations sur les commissions et les rétrocommissions. On ne saura, bien sûr, jamais quels sont les ministres et les généraux pakistanais qui ont touché les commissions. Mais il sera plus facile de trouver à Paris ceux qui ont perçu les rétrocommissions et de remonter ainsi, peut-être, grâce à eux jusqu’à ceux qui ont fomenté à Karachi l’attentat contre les Français de la DCN.

Balladur qui n’a, en effet, pas l’air d’un marchand de canons, jure ses grands dieux qu’il n’a joué aucun rôle dans la vente des sous-marins (les négociations avaient commencé avant qu’il n’entre à Matignon) et qu’il ignore donc totalement tout de ces histoires de commissions et de rétrocommissions.

Mais alors d’où viennent les dix millions en grosses coupures ? « Demandez à mon trésorier », dit en substance Balladur mais Galy-Dejean, lui, ne se souvient plus de rien, tout en reconnaissant que dix millions en coupures de cinq cents francs, çà aurait dû le frapper. En effet.

Le plus étonnant dans tout cela c’est que les derniers amis fidèles de Balladur avancent désormais un argument qui leur permet, à leurs yeux, de laver tous les soupçons qui pourraient peser sur leur ancien grand homme. « Jamais, disent-ils, Balladur n’auraient touché de rétrocommissions douteuses venant de l’étranger. En tant que premier ministre, il avait à sa disposition les fonds secrets dans lesquels il pouvait taper autant qu’il le voulait ».

L’argument est, en effet, presque convaincant. Il n’innocente cependant pas totalement Balladur. En clair, ses amis nous disent froidement : « Le premier ministre n’avait pas besoin de dessous de table pakistanais, il pouvait directement piquer dans la caisse ».
Balladur n’a pas fini de traîner cette casserole. Triste fin.

Mais ceux qui ressortent aujourd’hui l’affaire pensent sans doute davantage à celui qui était alors son ministre du Budget et qui est aujourd’hui… à l’Elysée. Une contre-attaque dans l’affaire Clearstream ? On ne veut pas le croire.

26 Avr 2010 Commentaires fermés sur La casserole de Balladur

La femme voilée, le mari polygame et le ministre qui perd les pédales

L’affaire de la femme voilée et du mari polygame est bien mal partie et prend des proportions totalement invraisemblables.

Une fois de plus, on a droit à toutes les dérives du sarkozysme en action.
Au début, un incident parfaitement dérisoire : une femme, française « de souche », portant la burqa au volant de sa voiture et écopant d’une amende de 22 € sous prétexte que cette fameuse burqa l’aurait empêchée d’avoir une maîtrise totale de son véhicule. Cà valait cinq lignes dans un quotidien local de la région nantaise.

Mais le fait divers tombe merveilleusement bien, en plein débat, justement, sur l’interdiction de la burqa dans l’espace public. A l’Elysée, on se dit aussitôt que c’est là une occasion merveilleuse de faire monter la sauce. Immédiatement, donc, branle le bas de combat général.
L’affaire devient une affaire d’Etat. On ne parle plus que de çà et d’autant plus qu’un sondage révèle que 66% des Français sont… contre l’interdiction du voile intégral dans l’espace public.

Si on analyse d’un peu près ce sondage, on s’aperçoit qu’en fait les Français ont d’autres soucis en tête, à commencer par le chômage, qu’ils se « foutent » complètement des 2.000 femmes qui portent la burqa en France et qu’ils en ont assez qu’on interdise tout et n’importe quoi dans le pays de « toutes les libertés ».

Les conseillers juridiques d’Hortefeux font alors remarquer à leur ministre que, la bonne femme ne voulant pas payer son amende et faisant des conférences de presse, l’histoire est très mal emmanchée. La loi n’est pas encore passée et donc le port de la burqa est toujours parfaitement toléré en France.
Mais Hortefeux ne veut pas s’avouer vaincu. Les Renseignements Généraux lui ont fait savoir que le mari de la brave dame, algérien d’origine, devenu français par mariage avec une Française en 1999 et militant dans une organisation islamiste extrémiste du Pakistan, pourrait bien être polygame, avec quatre femmes lui ayant donné douze enfants.

Le ministre de l’Intérieur, toujours zélé, donne alors des instructions au préfet de Loire-Atlantique, écrit à son homologue de l’Immigration, multiplie les déclarations. Il pense qu’il va réussir à sauver la face. Il ne pourra rien contre la femme mais il s’imagine qu’il va avoir le droit de « déchoir de sa nationalité française » le mari. Le ministre ignore tout du droit français ! Zélé mais bêta, Hortefeux.

D’abord, la déchéance de la nationalité française n’est possible –et heureusement- que pour des cas particulièrement graves : trahison, terrorisme ou crimes jugés. La polygamie ou l’escroquerie aux allocations familiales n’entrent pas dans ces cas là.

Ensuite et surtout, la polygamie, interdite par nos lois, est l’une des choses les plus difficiles à prouver, précisément parce que le Code civil ne permet pas à un homme d’épouser plusieurs femmes. Mais rien n’interdit à un homme de vivre « en compagnie » de plusieurs femmes, voire même d’héberger chez lui « quelques amies » sans domicile. Lesquelles, puisqu’elles ne sont ni mariées, ni pacsées, ni concubines officielles peuvent parfaitement bénéficier de l’allocation « parent isolé ». C’est sans doute absurde, mais c’est comme çà.

Brice Hortefeux et Eric Besson (visiblement gêné par les déclarations intempestives de son collègue) ne vont pouvoir ni déchoir Liès Hebbadj de sa nationalité ni le poursuivre pour polygamie ni même faire supprimer les allocations que touchent ses quatre « maîtresses ».

Besson dit maintenant qu’il faudrait « sans doute faire quelques adaptations législatives » pour régler le cas de Liès Hebbadj. Ce ministre est fou. Depuis quand fait-on, dans un Etat de droit, des « adaptations » aux lois en fonction d’un seul et unique individu, des lois « à la gueule du client » ?

Si l’on voulait régler ce genre de problèmes, il faudrait : 1) Supprimer l’obtention de la nationalité française « par mariage » (ce qui ne serait peut-être pas une mauvaise idée), mais la loi n’étant pas rétroactive, Liès Hebbadj resterait français, 2) Considérer que l’hébergement chez un homme de plusieurs femmes équivaut à la polygamie, 3) Décréter que la polygamie est un crime grave susceptible d’entraîner une déchéance de la nationalité française, 4) Affirmer qu’une mère de famille vivant « dans l’entourage » d’un homme n’est pas un « parent isolé ».

D’autres questions se poseraient d’ailleurs aussitôt. Est-il normal qu’un Français naturalisé soit « moins français » qu’un Français « de souche » ? C’est pourtant le cas puisque le Français « de souche » ne peut pas être déchu de sa nationalité. En banalisant la déchéance, nous ferions de tous les naturalisés des « Français temporaires ».

Et que fera-t-on, d’ailleurs, des Français « de souche », convertis à l’Islam (ou non) qui pratiquent la polygamie en ayant plusieurs maîtresses à leur domicile ? Les condamnera-t-on à… l’indignité nationale ?

Se saisir d’un fait divers, organiser du battage médiatique tout autour, annoncer, dans la précipitation, des décisions contraires à la loi, en se vantant de faire ainsi preuve de « volonté », voire de « courage politique », puis déclarer sans pudeur qu’on va sortir de nouveaux textes, c’est ce qu’on appelle, en effet, « le sarkozysme en action ».

La fable pourrait s’intituler « La femme voilée, le mari polygame et le ministre qui perd les pédales ». Quelle en serait la morale ?
Mais, pendant ce temps-là, on oublie le chômage, le problème des retraites, les déficits publics, l’insécurité… Sarkozy arrivera-t-il à tenir avec de tels gadgets pendant encore deux ans ?

26 Avr 2010 | Comment (1)

Bernadette a eu tort

Nous n’avons décidément pas de chance avec nos « dames », en ce moment. A peine avions-nous appris que Carla Bruni se lançait dans une nouvelle carrière de starlette en s’apprêtant à tourner, cet été, dans le prochain film de Woody Allen « Minuit à Paris » que la nouvelle était rendue publique : Bernadette Chirac entrait… au Conseil d’administration du groupe LVMH (Dior, Vuitton, Céline, etc.).

Avec Carla Bruni, on ne s’étonne plus de rien et on redoute toujours le pire. Mais, là, Bernadette nous surprend.
Pendant des années, avec ses allures revêches de bourgeoise d’autrefois, elle avait su incarner certaines « valeurs » très « vieille France » qui avaient séduit et rassuré une part non négligeable de l’électorat de son mari. Son rôle ou du moins sa présence avait eu, on s’en souvient, une certaine importance lors de la présidentielle de 1995.

On l’imaginait intransigeante sur les grands principes, hostile au bling-bling, lointaine du parisianisme frelaté, indifférente au « fric » et plutôt tournée vers les bonnes œuvres. C’était bien.

Et voilà que, pour un plat de lentilles substantiel (on parle d’un million d’euros par an), elle accepte, sans pudeur, de vendre son nom (en fait, celui de son mari) et son carnet d’adresses à l’un des deux grands groupes de luxe français. Hélène Carrère d’Encausse qui avait été sollicitée pour le même poste avant elle a eu plus de dignité en refusant.

Besoin d’argent ? On ne veut pas croire que les Chirac en soient réduits à ces extrémités. D’autant plus qu’ils n’ont toujours pas de loyer à payer étant toujours hébergés gratuitement, quai Voltaire, par la famille Hariri, ce qui est déjà « limite ».

On dira qu’il n’y a rien de honteux à se trouver un « petit job » pour mettre « un peu de beurre dans les épinards » et que, de Clinton à Gorbatchev en passant par Kohl, tous les « ex » font ce qu’on appelle des « ménages ». D’ailleurs Mme Chirac s’est toujours préoccupée de la promotion de la mode française, se trimballait bien souvent avec un sac Vuitton, à la plus grande joie des humoristes, et Bernard Arnault fait partie depuis bien longtemps du cercle des intimes, tout comme François Pinault, le patron de l’autre grand groupe de luxe français, PPR (Saint Laurent, Gucci, etc.) qui, lui, emploie à temps plein, comme directrice de sa communication, Claude Chirac depuis qu’elle a quitté cette même fonction qu’elle occupait à l’Elysée.

Eh bien, si ! C’est si ce n’est honteux du moins choquant. On a envie de dire « Même elle, maintenant ! » L’appât du « fric » n’épargne donc plus personne. Plus personne, dans le cercle du pouvoir, n’a plus la moindre pudeur, la moindre décence. C’est « Toujours plus ! », « Encore un peu ! », « Faut pas se gêner ! », « C’est toujours bon à prendre ! », « Miam-miam ! » Tous des gloutons insatiables !

Les pièces jaunes, c’était formidable. Les gros jetons de présence, c’est beaucoup moins bien.

Quel dommage ! Bernadette a eu tort. Mais il est vrai qu’« ils » ne se rendent plus compte de rien.

25 Avr 2010 | Comment (1)

La Grèce, la Belgique et l’Europe

La Grèce est au bord du gouffre et la Belgique sur le point d’exploser. Les deux affaires n’ont, bien sûr, rien à voir si ce n’est qu’elles remettent tout de même en cause certains principes chers aux plus farouches partisans de l’Europe et, du coup, apportent de l’eau au moulin des « eurosceptiques », voire des « europhobes ».

La Grèce a fait faillite. Les gouvernements successifs d’Athènes ont géré en dépit du bon sens les finances publiques, ne faisant rien (quand ils n’en profitaient pas sans pudeur) pour lutter contre la corruption généralisée qui est devenue, depuis longtemps, l’un des sports les plus pratiqués dans le pays qui vit naître les Jeux Olympiques.

La Grèce a fait partie, avec l’Irlande et le Portugal, des trois pays que l’Europe a sans doute, à une époque, les plus aidés. Or, si on a rapidement pu voir l’Irlande et le Portugal rattraper une grande partie des retards considérables qu’ils avaient par rapport au reste de l’Union, en, Grèce, on n’a rien vu. Les fonds européens ont disparu mystérieusement et, fidèle à sa mythologie, la Grèce est devenue pour l’Europe un tonneau des Danaïdes.

Aujourd’hui, on nous dit que, pour l’euro, pour l’Europe, il faut sauver la Grèce. Bruxelles a décidé –malgré l’évidente mauvaise volonté de l’Allemagne- d’accorder un prêt de 30 milliards d’euros sur trois ans à la Grèce (auquel le FMI ajoutera 15 milliards). « Une rustine pour boucher une fissure au milieu de la catastrophe », disent les spécialistes. Tous les experts sont unanimes pour déclarer que la Grèce aurait, en fait, besoin d’au moins 90 milliards pour se rétablir tant bien que mal.

Mais les choses pressent. Athènes dont le déficit est de 13,6% du PIB et qui ne peut plus emprunter aujourd’hui qu’au taux usuraire de 9% doit faire face, le 18 mai, à une échéance de 8,5 milliards d’euros.

La France (Sarkozy) a décidé d’accorder un prêt de 3,9 milliards d’euros, à 5%. Naturellement, comme Paris n’a pas le sou, Paris va emprunter pour pouvoir prêter à la Grèce. Notre « trou » à nous va donc se creuser davantage encore. Mais, à Bercy, on nous explique que nous pouvons emprunter à moins de 2%. C’est tout juste si on ne nous explique pas que nous allons faire là une bonne affaire !

En fait, les malheurs de la Grèce posent une vraie question. Que signifie la « solidarité européenne » ? S’il était parfaitement souhaitable d’aider certains pays européens à la traîne à se mettre, plus ou moins, au niveau moyen de l’ensemble européen, est-il normal de renflouer des pays qui ont fait n’importe quoi, sans tenir aucun compte ni des règles les plus élémentaires ni des avertissements qui lui avaient été donnés.

On comprend parfaitement la mauvaise volonté de Mme Merkel qui en a assez de voir traiter son pays comme la « vache à lait » de l’Europe. Et certains Français comprennent mal que, dans les difficultés que nous connaissons nous-mêmes en ce moment, on aille aider, à « fonds perdus d’avance » une Grèce corrompue jusqu’à la moelle et qui n’a pas la moindre volonté de faire le moindre effort.

Mme Merkel estime que l’Europe pourrait parfaitement « expulser » tel ou tel pays (elle pense évidemment à la Grèce) qui ne jouerait pas le jeu. Un député UMP, Jacques Myard, vient de reprendre cette idée d’expulsion de la Grèce, si ce n’est de l’Europe du moins de la zone euro, en déclarant : « La monnaie unique est structurellement inadaptée à la Grèce. Lui prêter fait baisser la fièvre, mais la fièvre remontera immédiatement. Les prêts épongent les conséquences, ils seront sans effets sur les causes. Persister dans cette voie c’est s’engager à prêter ad vitam aeternam à Athènes. La Grèce sortira de l’euro tôt ou tard, le plus tôt serait le mieux ».

L’affaire belge pose une tout autre question. Sans doute plus fondamentale encore.

Sans qu’on s’en soit toujours bien rendu compte ni surtout que personne ne nous ait jamais demandé notre avis, nous sommes, au fil des années, passés d’une « Europe des Nations », telle que l’avaient rêvée ses créateurs au lendemain de la guerre, à une « Europe fédérale » qui entend décider de tout, où les frontières ont disparu, avec une monnaie unique, un parlement qui impose ses lois, un pseudo gouvernement, des tribunaux qui ont, par définition, le dernier mot et une horde de fonctionnaires qui gèrent, qui dictent leurs volontés, qui imaginent comme ils l’entendent notre avenir.

Cette Europe de la technocratie détruit, chaque jour davantage, la notion même de « nation » à une époque où pourtant la mondialisation, les transferts de population, la disparition des idéologies, la perte de tous les repaires poussent tous les peuples à tenter de retrouver leur authenticité, leur originalité, leurs racines. Autant dire leur nation.

On l’a bien vu en Europe de l’Est où la chute du bloc soviétique a provoqué une renaissance de tous les nationalismes (les Tchèques se sont séparés des Slovaques) tout comme la mort de Tito a provoqué l’éclatement de la Yougoslavie et la renaissance d’une kyrielle de nations et d’Etats indépendants (la Croatie, la Serbie, le Monténégro, etc.).

On peut d’ailleurs remarquer que les rares fois où on a consulté les peuples européens sur cette évolution accélérée vers une Europe fédérale, ils se sont montrés pour le moins réticents, que ce soit à propos du Traité de Maastricht ou de la Constitution européenne. Contrairement à ce que pensent les technocrates bruxellois, les peuples européens sont encore et plus que jamais attachés à leurs nations

La Belgique est un Etat fragile en raison de son histoire récente et surtout de l’antagonisme qui a toujours opposé les Wallons (autrefois riches et dominants) aux Flamands (jadis méprisés et aujourd’hui maîtres de l’économie du pays).

Cœur de l’Europe avec, en plus, pour capitale Bruxelles, la capitale européenne, il était évident de l’éclatement programmé des nations européennes allait porter un coup fatale à la fragile « nation belge » en réveillant, par là même, une « nation flamande » revancharde.
L’idée de transformer le royaume en fédération pour tenter de calmer les choses en donnant aux Flamands une certaine autonomie n’a sûrement pas été la bonne. Dans ces cas-là, l’autonomie conduit toujours à revendiquer l’indépendance.

Personne ne sait « quand », mais tout le monde a compris maintenant que la Belgique éclatera un jour où l’autre et dans des conditions sans doute difficiles puisqu’il faudra décider du sort de Bruxelles, en « zone » flamande mais à très grande majorité wallonne.

Bref, cette semaine, on en est venu à se demander, à la fois, si une Europe à 27, avec des pays « incontrôlables » et présentant d’innombrables disparités, était viable à long terme et s’il était déjà temps d’oublier que les peuples avaient besoin du cadre des nations.

Une bien mauvaise semaine pour l’Europe !

24 Avr 2010 Commentaires fermés sur La Grèce, la Belgique et l’Europe

Burqa: les premiers ennuis d’Hortefeux

Cà n’a pas tardé ! A peine Sarkozy avait-il annoncé qu’il voulait une loi interdisant la burqa dans tous les lieux publics que les policiers se sont mis à faire du zèle et que Brice Hortefeux s’est pris les pieds dans le tapis.

C’est à Nantes que çà s’est passé. Une femme portant la burqa était au volant de sa voiture. Comme depuis plusieurs années. Elle n’avait commis aucune faute de conduite mais des policiers l’ont aperçue, l’ont arrêtée et lui ont mis une contravention de 22 € sous prétexte que sa burqa ne lui permettait pas de pouvoir maîtriser son véhicule en toute sécurité.

L’argument ne tient pas, évidemment. On peut reprocher beaucoup de choses à la burqa mais pas de rendre aveugle celle qui le porte puisque, précisément, seuls les yeux sont à découvert. Au volant, elle n’est pas plus dangereuse que le port de la barbe, du chapeau et même sans doute moins dangereuse que le port de lunettes de soleil ou celui du casque intégral pour les motards.

Mais les flics nantais voulaient sans doute entrer dans l’Histoire en étant les premiers à pincer une femme en burqa.

La loi n’étant pas encore passée, Hortefeux a compris que l’affaire risquait de faire mauvaise impression. Il a donc demandé au préfet de Loire Atlantique de faire une enquête pour savoir si, comme il le supposait, le mari de la dame voilée était bien polygame, avec quatre épouses, et n’abusait pas des allocations familiales avec ses 12 enfants. Et si c’était le cas, il demandait au préfet de le déchoir de sa nationalité française.

Lancer la chasse aux polygames (plusieurs dizaines de milliers sur le territoire), à ceux et celles qui pratiquent l’excision des gamines, aux pères qui marient de force à des vieillards restés au pays leurs fillettes de douze ans, à ceux qui égorgent leurs moutons dans la cour de leur immeuble serait, en effet, une bonne idée qu’on aurait dû avoir depuis bien longtemps.

Mais s’attaquer soudain à un polygame parce que l’une de ses quatre femmes (on imagine que c’est la même chose pour les trois autres) porte une burqa ce qui, aujourd’hui, n’est toujours pas interdit en France est évidemment maladroit. Cela démontre clairement que le gouvernement s’en prend à la burqa non pas pour protéger la dignité de la femme mais parce qu’il a décidé de s’attaquer à toutes les traditions de l’Islam le plus rigoureux. Il aurait mieux valu l’annoncer officiellement.

C’est le début des ennuis de Brice Hortefeux avec cette histoire idiote de burqa. Quand on pense que le chômage continue à augmenter et que le gouvernement veut faire passer cette loi sur l’interdiction de la burqa « en urgence » ! Comme si ces 2.000 bonnes femmes qui la portent représentaient aujourd’hui le plus grave danger qui menace les Français.

Si jamais cette loi passait, malgré le Conseil d’Etat et malgré le Conseil constitutionnel, Sarkozy pourrait alors entrer dans l’Histoire comme « le président qui a interdit la burqa ». Petit bilan.

Mitterrand a supprimé la peine de mort, Sarkozy a interdit la burqa…

24 Avr 2010 | Comment (1)

Carla Bruni starlette de Woody Allen

« C’est une occasion qui ne se refuse pas ». Voilà tout ce que la « Première dame de France » a trouvé pour expliquer pourquoi elle allait, très prochainement, jouer les starlettes dans un film de Woody Allen.

Mme Carla Bruni-Sarkozy ne refuse jamais les « occasions » qui se présentent. Elle ne sait pas dire « non ». D’ailleurs, un soir, au cours d’un dîner faussement mondain, un type lui a proposé de l’épouser et elle n’a, là encore, là déjà, pas su « refuser l’occasion ». Du coup, le top modèle qui poussait la chansonnette est devenu l’épouse d’un chef d’Etat. Cà ne se refuse pas, en effet. Cà ne s’invente pas non plus !
Ici, pareil ! Woody Allen, sans doute pour rigoler, lui a proposé un petit rôle et elle n’a pas su dire « non ». Ne sentant pas l’incongruité de la proposition, elle a même sauté sur l’occasion.

Woody Allen est, évidemment un génie, non seulement de la clarinette mais aussi du cinéma. Il a réalisé quelques petits chefs-d’œuvre d’intelligence en faisant entrer, par la grande porte, dans le 7ème art le fameux « humour juif new-yorkais ».

L’un de ses jeux préférés est de ridiculiser les petites bourgeoises « friquées » qui se prennent pour des intellectuelles et sont en analyse chez leur psychanalyste. On comprend donc qu’il ait été séduit par la femme du président de la République. Et on lui fait confiance, il va lui créer un rôle sur mesure.

On peut presque l’imaginer, ce rôle. La fille milliardaire et « gaucho », aux amants innombrables et sulfureux, à la recherche de son père biologique et qui a fini par se caser, par goût de la provocation, avec un type de droite qu’elle vomissait. Un vrai personnage à la Woody Allen.

Ce qu’on comprend moins bien c’est que personne, dans l’entourage élyséen, n’ait eu le courage de dire à Mme Sarkozy que la chose était parfaitement inconcevable et qu’en se rendant ainsi elle même grotesque, elle allait, évidemment, porter un nouveau coup au prestige déjà chancelant de son mari.

On se souvient du flop retentissant du dernier disque de Mme Sarkozy pourtant accueilli avec une honteuse flagornerie par la presse bienveillante qui s’était extasiée devant ses minauderies vocales susurrées. On avait espéré qu’il s’agissait là des adieux de la dame au monde du show-business.

Mais, ne doutant de rien, en tous les cas ni de son talent ni surtout du pouvoir que lui offre le job actuel de son mari actuel, elle se lance maintenant dans une nouvelle carrière. Après avoir maladroitement singé Barbara, la voilà qui veut singer Mia Farrow ou Diane Keaton.

On ne connaît encore ni le scénario ni le titre dans lequel elle va apparaître. La filmographie de Woody Allen permet d’imaginer que çà pourrait être quelque chose entre « Prends l’oseille et tire-toi », « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe » ou même « Escrocs, mais pas trop ».

Comment Carla Bruni qui a accepté d’avoir désormais une place de choix dans la République n’a-t-elle pas compris que ce nouveau rôle lui interdisait d’en chercher d’autres devant la caméra ?

Cela dit, ce n’est tout de même pas très gentil de la part de Woody Allen qui aime tant la France de nous faire çà…

23 Avr 2010 Commentaires fermés sur Carla Bruni starlette de Woody Allen

Page suivante »